‹ L'Ersatz d'amourChapitre 6 sur 18 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

dont le siège se trouve à Berlin et qui se subdivise en sections nombreuses, richement peuplées.

La maison-mère et les filiales organisent pour leurs adhérents des bals costumés, soirées « bariolées » d'un « pikant » exquis auxquelles nulle dame n'est admise ; des conférences littéraires, artistiques, scientifiques même, où de persuasifs orateurs prêchent des convertis qui sont des invertis ; et aussi des excursions champêtres : parcourir la Forêt Noire en compagnie d'un jeune ami qui partage le jour, vos admirations et, la nuit, votre lit à l'auberge, quelle douceur !

Sur le fondateur de ce Freundschaftverband, l'extraordinaire arriviste Docteur Magnus Hirschfeld « animateur de mouvement pédérastophile ! », médecin, auteur d'un copieux volume sur l'Homosexualité et d'un film crânement intitulé « Autrement que les autres », journaliste, légiste, orateur, ennemi personnel de l'article 175 du Code pénal qui punit de prison le vice de ces messieurs, notre confrère Ambroise Got fournit d'étonnants détails :

Comme conférencier, le Dr. Hirschfeld s'est montré inlassable, apportant « la bonne parole » dans toutes les villes d'Allemagne, récoltant des coups aussi souvent que des lauriers, sinon plus souvent. Il a été l'objet, à Munich (en 1920), de sévices tels que le bruit de sa mort fut répandu. Ce n'était, heureusement pour les homosexuels, qu'une fausse alarme, et aprés avoir été ‘alité quelques semaines, le Dr. Hirschfeld a repris son poste de combat.

Il est malaisé de discerner ici les divers ressorts qui l'ont poussé à engager sa propagande. Sans doute est-il convaincu de l'iniquité du paragraphe 175 qui réprime la pédérastie : sans doute sympathiset-il avec les anormaux, peut-être est-il lui-même anormal ; en tout cas, son idéalisme se conjugue parfaitement avec une certaine cupidité que trahit sa réclame tapageuse, qu'il s'agisse de son Institut où il donne et fait des consultations, de son périodique ou de son film.

1. Ce mot pouvant prêter, vu son étymologie, à une interprétation trop restreinte, quelques adeptes lui préfèrent le terme « Homoérotes ».

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