‹ L'Érythème noueux tuberculeuxChapitre 14 sur 39 · RAS · texte numérisé non relu

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ou quelques semaines avant l'apparition de la maladie devenait positive au cours de l’érythème noueux. Les observations d'Érnberg, de Sergent, d’Aronson, de Comby et plus récemment celle de L. Bernard et Paraf sont à ce point de vue du plus haut intérêt. Nous avons de même constaté chez un de nos malades (obs. II) une réaction phlycténulaire au début de l'érythème noueux alors que nous l'avions trouvée névative 6 mois auparavant. Ces faits sont évidemment en faveur de l'apparition de cette maladie chez des enfants récemment contaminés. ;

D'autre part, Troisier et Monnerot-Dumaine ont noté que la cuti est plus souvent marquée au niveau d’un placard d’érythème noueux récemment guéri que dans une zone primitivement saine Ils admettent que la peau de la région atteinte a une aptitude réactionnelle plus spécifique que celle des autres régions du corps.

Il est à noter en outre, que si l’on refait cette cuti dans les mois qui suivent, l’intensité de la réaction diminue beaucoup.

Si les cas où la cuti-réaction s'est montrée négative restent exceptionnels on ne peut cependant les passer soussilence, comme il ressort des statistiques de Moro (4 sur 30), Comby (6 sur 42), Pollak (1 sur If) et nous-mêmes ({ sur 17). Ces faits demandent une critique sévère, et leur interprétation est délicate. Certains ne se rapportent peut-être pas à un érythème noueux authentique ; les autres peuvent

être expliqués soit par une non tuberculisation de

RDS Deus

l'organisme (érythème noueux non tuberculeux chez un malade non tuberculisé), soit par un état d’anergie, bien que cette interprétation. soit difficile à admettre pour l’érythème noueux qui crée au con: traire dans l'immense mæjorité des cas une hyper sensibilité à la tuberculine comme le prouvent la fréquence et l'intensité des réactions positives. :

20 INTRA-DERMO-RÉACTIONS.

Pratiquée avec de la tuberculine au 41/1000, l'intra-dermo-réaction est fortement positive, au moins dans tous les cas où la cuti l’est elle-même, cette dernière étant moins sensible.

Par contre, dans notre observation, où la cuti était négative, l’intra-dermo avec de la tuberculine à 1 % et avec le filtrat de bacilles tuberculeux est restée négative,

Mais l’intra-dermo a donné lieu en outre à des constatations particulières. MM. Chauffard et Troisier reproduisirent chez un de leurs malades un nodule d’érythème noueux analogue aux éléments dont ce malade était atteint. Ils répétèrent leurs expériences sur 41 adultes et obtinrent 11 nodules typiques. Chez tous ces malades ils font en même temps un témoin avec de l’eau salée, qui ne donne aucun résultat. |

MM. Barbier et Lian reprennent ces travaux après que Thibierge et Gastinel eurent objecté qu'une irritation cutanée quelconque au cours d'un exan-

M. Gibert 5

thème aigu tend à reproduire letype de celui-ci ils font à une fillette atteinte d’érythème noueux des intra-dermo avec divers sérums (antidiphtérique et antiméningococcique) qui restent négatives, alors que chez la même malade 3 injections de tuberculine donnent des résultats positifs. |

Cependant, il est à noter que seule l'infection proche des nodules préexistants, reproduit les caractères de ces nodules. C’est ainsi que M. Carnot obtint chez un enfant de 14 ans des réactions positives dans les régions envahies par l’érythème noueux, et négatives dans les autres.

30 [NFECTIONS SOUS-GUTANÉES DE TUBERCULINE.

Une observation de Chauffard, Gérard et Gougerot en 1919 indique comment ils ont pu réactiver l'ensemble du processus morbide qui caractérise l’érythème noueux en injectant par voie sous-cutanée une solution de tuberculine au 1/1000, les nodules anciens ressortaient nettement alors que de nouvelles nouures apparaissaient.

Il s’agit là d’un fait observé au cours de toutes les tuberculides, l'injection de tuberculine déterminant des réactions locales, focales et générales.

Cette pratique reste peu employée, certains auteurs la considérant comme dangereuse et pouvant donner des réactions très intenses chez des

tuberculéux, voir même une poussée évolutive.

IIT. — Les aspects radiologiques.

Kobert, le premier, a indiqué l’existence d’une ombre pathologique au niveau du hile pulmonaire dans certains cas d’érythème noueux. Par la suite Ernberg a soumis au contrôle systématique de la radiologie tous les malades atteints de cette aflection. Dans 39 cas qu'il rapporte, il y avait des modifications de l’image thoracique normale. Carlborg à son tour, et surtout Wallgren soit seul, soit en collaboration avec Nils Lévin, établirent la fréquence et les caractères de l'infiltration médiastinale au cours de l’érythème noueux. Enfin Robert Grégoire, dans sa thèse faite en 1931 dans le service de M. Debré sur les signes radiologiques de l’érythème noueux de l’enfant,montre que dans tous les cas, les enfants sont porteurs de lésions pulmonaires, dont l’étiologie tuberculeuse ne semble pas discutable. La constance de ces faits s'oppose à la rareté des signes cliniques fournis par l’examen du thorax de ces mêmes enfants, qui est en règle toujours négatif.

En quoi consiste l’image radiologique ? Elle se présente en général comme une large tache obscurcissant quelquefois un lobe entier, l'ombre est

ÉPRDOUR UE

homogène, peu opaque et laisse apercevoir les ombres vasculaires. Ses limites sont floues; son siège est spécialement hilaire, le plus souvent unilatéral, aflectant plus volontiers le côté droit, peutêtre simplement du fait que l'ombre hilaire droite est plus aisément visible. L'apparition de cette ombre est souvent rapide, semblant coïncider avec l'apparition de l’éruption. Par contre sa disparition est lente et progressive : de quelques mois à 2 ans. Dans l’ensemble, ces images sont les mêmes et évoluent de la même façon que celles rencontrées dans la typho-bacillose de l'enfant. Les lésions qui provoquent ces ombres ne sont pas bien connues. On les considère comme liées à une zone de congestion ou d’œdème périganglionnaire, ou à un foyer de spléno-pneumonie autour de quelques nodules tuberculeux.

Telle est l’image radiologique observée dans la majorité des cas par tous les auteurs qui se sont occupé de la question {Léon Bernard et Paraf, Debré, Dufourt) et aussi celle que nous avons pu observer chez les malades examinés dans le service de M. Paisseau (observation 1 où nous avons suivi l'enfant pendant un an et où nous avons vu l’image de spléno-pneumonie droite s’atténuer peu à peu jusqu’à disparition complète. Images rapportées dans les observations II, III, IV, VII, VII, IX, X).

Cependant dans quelques cas plus rares il existe parallèlement à l’éruption, des images radiologiques

d'un ordre différent : on peut trouver une image de

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cortico-pleurite, de réaction pleurale siégeant soit au niveau de la grande cavité, soit au niveau d’une scissure où persistera ultérieurement le trait cicatriciel de symphyse scissurale. Dans quelques cas très rares on voit l'ombre ovalaire du ganglion latéro-trachéo-bronchique droit (Robert Debré et G:Petôt, fist et Levêque); c’est peut-être ces derniers cas qui évoluent ultérieurement vers les méningites tuberculeuses terminales, dans une période plus ou moins rapprochée de l’éruption, ainsi que plusieurs observations en sont rapportées. Chez l'adulte et l’adolescent, les choses se passent peut-être avec moins de régularité, itout en étant relativement fréquentes.

En résumé, l'examen radiologique du thorax chez un malade atteint d’érythème noueux nous apporte presque toujours la preuve d’une lésion pulmonaire parfaitement latente, ne provoquant pas le moindre trouble fonctionnel et ne se trahissant par aucun signe stéthacoustique.

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