SCÈNE XIV BELGRAND, M"^^ BELGRAND
BELGRANU
Ça y est !
MADAME BELGRAND
L'as-tu assez bien chambré ! . . . Je t'écoutais, je t'écoutais, tu parlais d'abondance, quelle verve !
BELGRAND
Quand tu es arrivée, il y avait déjà une heure que ça durait ! Toi, tu n'as dit qu'un mot, mais un mot qui a décidé de tout... Ah ! quand j'ai vu comme tu es forte, ça m'a fait un effet !... un effet inouï... J'ai eu un pincement au cœur, et puis un désir brusque. J'aurais voulu te prendre, là, sous
M. TAUUini: ET M""" SUZANNIi I) E S K R IC S
(rhotogr;i|iliie Nadar).
ses yeux, insolemment ! J'ai eu envie de toi, comme les soldats doivent avoir envie d'une femme sur le champ de bataille. C'est que je t'aime, tu sais !
MADAME BELGRAND
Et moi donc !
BELGRAND
Je t'attrape, parfois.
MADAME BELGRAND
Avec ça c|ue je m'en prive ! Mais c'est quand il n'y a pas de foin au râtelier.
BELGRAND, La tenant par hi taillo.
Te rappelles-tu, là-bas, à Brenz, tu me comparais à ces héros de romans naturalistes qui révent de conquérir Paris. Ça y est! Rastignac au Pére-Lachaise. {Avec un grand geste ccrs la fenêtre.) A nous deux!