THÉ-1T%ES
Comédie - Française. — Antigone, tragéd’c de Sophocle, mise à la scene française par MM. Paul Meurice et Auguste Vacquerie.
Il y a cinquante ans, deux hommes, jeunes encore, récrivirent une tragédie : . \nligone,
Il y a deux ans, deux hommes, vieux encore, récrivirent une tragédie : Antigone.
11 y a deux mille ans, un nommé Sophocle écrivit une tragédie : Antigone
lit hier, la Comédie-Française a repris l'œuvre de ces cinq personnages.
Les quatre premiers, MM. Meurice et Vacquerie, ont obtenu un succès qui, d'ailleurs, n'a pas complètement fait oublier celui du cinquième...
Mlle Bartet s'est montrée ce qu'elle est toujours, une grande tragédienne qui sait allier la force à la grâce. Mounet-Sully a su interpréter admirablement, dans le rôle de Crôon, le douloureux orgueil humain Quant a M. Paul Mounet — le devin Térèsias — et â M. Silvain — un envoyé — ils méritent les éloges les plus sincères. La mise en scène, réglée par M. Claretie lui-même, est admirable de tout point. Tous nos compliments â l'intelligent administrateur.
Nouveautés. — Mon prince, vaudeville-opérette en trois actes et quatre tableaux, de MM. Svhane et Ch. Clairville, musique d'Ed. Audran.
Le théâtre des Nouveautés joue de veine. Après avoir t'ait faire plus d'un an de service à l'hilarant Champignol. il vient de s'assurer une centaine, au moins, de représentations avec Mon prince.
Les situations, comme dans toutes les pièces analogues ont déjà été \ues, mais elles sont intelligemment présentées. La jolie musique d'Audran fait oublier les petites faiblesses de l'intrigue en remplaçant la vraisemblance par une romance ou un duo bien sentis.
L'interprétation est très bonne. Germain a un comique parfois un peu gros, mais Tarride est excellent dans le rôle de San Domar. C'est un comédien de haute valeur. Mlle Pierny est absolument chai mante.
Gymnase. — Flagrant délit, comédie en un acte de MM. Guérin et Ginisty.
Un très bon petit acte, qui s'éloigne de !a tradition hébète des levers de rideau. Bonne interprétation. Succès amplement mérité.
Folies-Dramattqüés. — Reprise des Petits Mousquetaires.
Cette pièce a retrouvé son succès dos plus beaux jours. MM. Vaulhier, Guyon fils, Riga, Guv, Lamy : .Mmes Thuillier Leloir, Virginie lîouit, de Bér’10, Tusini, se partagent les applaudissements.
A l'Eden-Tüéatke. — La Société des Grands Concerts \ ient d'inaugurer ses soirées.
Audition de Marie-Magdeleine, de Jules Massenet. Le succès de l'entreprise dépasse toutes les espérances.
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BIBLIOGRAPHIE
Chez Charpentier ht Fasquelle : Petits poèmes russes de Catulle Mendès.
M. Mendès prend une phrase, souvent d’une brutale réalité, dans un poète slave, puis il la traduit en une page de ces vers délicieux dont il a le secret. Il renouvelle cet exercice une trentaine de fois.
Et il nous présente, dans des steppes grandes comme la place de la Concorde, des moujicks parfumés à l’Ylang-Ylang conduisant des traîneaux en bois de rose jusqu’à l’hôtel de Jo. Lo et Zo.
La forme est impeccable : M. Mendès a certainement le meilleur dictionnaire de rimes paru jusqu’à ce jour.
Chez E. Flammarion : Le Prince, roman par Mme Hector Malot.
Poètes, amants, jeunesse, ceci est pour vous — dit cette dame dans la dédiçace.
Les deux premières catégories de lecteurs lui manqueront sûrement — et la jeunesse n’a pas le temps de lire.
Même librairie : Histoire des ducs de France, par Ch. Mangin.
Son ouvrage très documenté, est d’une lecture beaucoup moins aride que celle des lourds bouquins racontant l’histoire.
L’auteur, après un examen critique des diverses opinions émises sur l’origine de Robert le Fort, entre dans la narration des faits et met en lumière le véritable rôle des ducs de France vis-à-vis des Carlovingiens.
Cette œuvre éclaire d’un jour nouveau cette phase restée obscure de nos Annales nationales. Aussi, tous ceux qui ont le' goût de l’histoire voudront la consulter.
Chez E. Kolb. Leur beau physique, par Henri Lavedan.
L’ironie parfois amère de l’auteur flagelle, cette fois-ci, les ridicules bourgeois infatués de leur beau physique jusqu’à l’imbécillité.
Et la volée de bois vert qu’il leur inflige est donnée de main de maître.