VIEUX LUTTEURS
■ ’est une sale baraque. Quelque chose d’ignoble, de louche, de honteux — quelque chose qui donne l’attristante impression d’un de ces entre-sort jadis célèbres ou Trône où fameux à Belleville, qu’on rencontre de loin en loin, carcasses de gloires lacérées par la guigne et désolées par les intempéries, sur les terrains vagues, après les for tifs.
Que lait-on là-dedans ? Que se passe-t-il là-dedans? On ne sait pas. On ne sait plus...
Un coup de vent fait craquer la charpente, déchiqueté la toile, dont les lambeaux s'envolent. Alors, par les trous, on aperçoit des choses affreuses. Dans un coin, là-bas, les instruments de travail de jadis : le trapèze national, la corde à nœuds démocratiques, les cerceaux de papier confectionnés avec de vieux programmes et crevés à y faire passer un Floquet à cheval sur un Spuller. des plumes de paon — vraies — et des poids — faux.
Dans un autre coin, ça remue. Ça bouge, plutôt — ça bouge méridionalement. — Ça hoquète. Des êtres sont là, étendus, qui digèrent Des bas de laine, retournés, leur font un matelas; il y a, par terre, des saucissons à demi rongés ; et des potsde-vin, renversés, agrandissent d’ignobles flaques. Sous les pieds boueux des gavés qui ruminent, il semble qu’on distingue quelque chose — quelque chose de blanc, taché de rouge. — Tiens, c’est drôle! On dirait le cadavre d’une jeune lille qui tient encore à la main une bx-anche de mai...
Et l’on se sauve, atterré, écœuré.
Mais une voix vous rappelle. Une sale gueule, balayée d’une barbe infâme, hurle derrière vous :
— Entrez ! entrez ! venez voir les exercices de la célèbre Marianne, toujours jeune et toujours jolie !... Entrez ! C’est nous qui sommes les Vieux Lutteurs !... Les Vieux Lutteurs !...
Oh ! Dieu de Dieu ! C’est pour le coup, que l’on n ’a pas envie de se retourner et qu’on court plus vite! Car l’on a compris, rien qu’à la voix, que la sale geule n’a pas menti — et que c’est bien là — oui, là ! — la baraque des Vieux Lutteurs...
Ah! mon empereur, quelle dèche !...
o—oe— o
La baraqué, pourtant, eut ses jours de gloire. On s’écrasait chez les Vieux Lutteurs — qui pro-. mettaient de n’écraser personne.
C’était le bon temps. La baraque était neuve. Antonin Proust, lui-même, avait fait peindre les toiles. Jules Simon, qui prévoyait la Macarona et qui voulait être à même, un jour, de donner des conseils à son tils quand il aurait vingt ans, avait rédigé l’enseigne pour avoir ses entrées. Spuller. de Bade, badinait agréablement en des boniments ingénieux, tandis que Cliallemel-Lacour faisait taire le tour de l’honorable société au chapeau célèbre avec lequel il était entré à Notre-Dame, un Vendredi-Saint.
D’autres célébrités, encore, s’alignaient devant ]a baraque, à l’heure de la parade. Il y avait des Schœlcher, dit Chocolat Ier. desMéline et des Cluseret, des Lepère qui fumaient sans trêve et des Lockroy qui faisaient cracher.
Vacquerie disait la bonne aventure, aidé d’Anatole de la Forge, ce drôle de pistolet qui mit Sj
longtemps à partir. Madier Montjau, élu gardien, mangeait courageusement des artichauts crus — au lapin idem — en songeant aux artichauts de fer dont il devait orner le Palais-Bourbon. Il se chargeait aussi de l’orchestre, tandis qu’Antonin Dubost, de mœurs douces, se consacrait plus spécialement au perfectionnement des rossignols. Ferry, éléphant blafard, jouait de la trompe et montait à 1 échelle. Du Floquet? Il n’y avait qu’à se baisser — très bas — pour en prendre. Citrouillette Lamber. l’éternelle ingénue, esquissait des ballons — déjà. — Ranc. la première savate de France, et garçon très fort, exécutait le coup de pied bas — il n’en donne jamais d’autres — avec dçs souliers trop étroits pour ses pieds plats...
Et Œil de Plomb, le célèbre Œil de Plomb, dit Gambetta, rempart de Cahors et d’autres lieux, hurlait, à pleins poumons, la Marseillaise — à l’ail.
D'autres, encore? Peut-être. Est-ce qu’on sait? La mort a fichu un coup de balai dans la baraque. Les frères Lionnet, ces vieux lutteurs d’après la bière, ont eu du mal ces temps derniers.
U entre-sort se vide.
Pas assez vite.
De jeunes lutteurs — jeunesse moisissante. — qui ne figuraient pas dans la première troupe, ont été engagés depuis. Citerons-nous Raynal ? A quoi bon? Il nous faudrait nommer Rouvier. Et, quand nous aurions nommé Rouvier, il nous faudrait citer Reinach.
Il nous faudrait parler, aussi, des ràclures de la Commune, qu’on employa comme bouche-trous : des Bauer, des Humbert, des Peyrouton... Combien sont-ils ?
Maquart fera le compte.
Passons vile.
Les Vieux Lutteurs veulent qu’on les honore. Le respect leur est dû ; ils requièrent la considération ; ils exigent une déférence admirative. Ils ont le droit de le faire, disent-ils. Et la raison qu’ils en donnent, la voici : ce sont de Vieux Lutteurs.
Pendant dix ans, pendant vingt ans, ils ont répété tous les jours : « Ah ! si nous avions la République! » Ils n’ont pas dit ça, remarquez-le, comme d’autres gens pourraient dire :« Ah ! si nous avions cent mille livres de rentes ! » Ils l’ont dit avec conviction.
Ils luttaient.
Pendant que le peuple travaillait, pensait, souffrait. produisait. Croyez-vous qu’ils restaient inactifs ? Non.
Ils luttaient.
Quand on s’est battu en France, en Tunisie, au Tonkin. ailleurs, que pensez-vous qu’ils faisaient, par hasard ?
Ils luttaient.
Et, même lorsqu’ils ont mis, ces voleurs de pauvres, la main sur les épargnes des déshérités — vous me croirez si vous voulez — ils luttaient.
Oui. ils luttaient. Ils luttaient pour la République, la leur, celle qu’ils ont voulue, — celle qu’ils ont. — Et c’est pour la République — la Rép. de tous les canivets et de toutes les hontes — que Floquet l’infâme, tenant son chapeau par les ailes, allait quêter les gros sous des pauvres chez les flibustiers du Panama, qui les avaient raflés...
De l’estime? du respect ? de l’admiration?
On vous en fichera.
D’abord, vous n’en avez pas besoin pour vous faire enterrer.
ECHOS
es malheureux, par le temps qui court, doivent être bien heureux. Tout le monde ligdM-ji ; s’occupe de leur sort. Administration, WWV presse, assistance publique, sociétés pri- Lwü&M1] vàcs- chacun s’en mele ! Aussi, c'est à peine
si l'on compte, par jour, une dizaine de
décès en pleine rue, causés par le froid, et cinq ou six suicides déterminés par la misère. Encore, faut-il avouer que les entêtés qui trépassent de cette façon peu recommandable font preuve de la plus insigne mauvaise volonté.
Les portes ne manquent pas, où ils pouvaient aller frapper; et des guichets nombreux leur étaient ouverts, En taisant la queue, pendant seulement une dizaine de jours, — durant lesquels on leur aurait répondu de revenir le lendemain — devant des grillages hospitaliers, ils auraient certainement fini par obtenir un résultat; on leur aurait donne l'assurance, pour un délai relativement bref, de la promesse d’un bon de quelque chose. Ils seraient partis, gais et contents, le cœur à l'aise. Et nous aurions pu les voir, comme leurs confrères, dans les rues — ces soi-disant malheureux tiennent à étaler leur bonheur — tremblants de joie et paies d’émotion, un sourire reconnaissant — que des peu avisés prennent pour une contraction douloureuse — errant sur la face, et une bénédiction au coin des lèvres.
Us nous auraient fait voir, comme leurs confrères encore, ces haillons quelque peu sordides — c'est pour le pittoresque — mai& chauds et douillets tout de meme, qu’un déshérité, seul, sait porter avec l'aisance indispensable. Ils nous auraient aidés à comprendre, dans son vrai sens, cette parole de l’Evangile : « 11 y aura toujours des pauvres parmi vous. »
Us ont mieux aimé nous quitter. C’est une faute de goû*- — rare, il faut l'avouer, chez les gens peu fortunés. — Généralement, le pauvre préfère attendre.
Ne leur en veuillons pas: que ces défections inexplicables, au contraire, nous incitent à redoubler d’attentions pour les quelques malheureux qui nous restent.
Vallons pas trop loin, pourtant! Ainsi que nous le faisait remarquer justement un des hauts fonctionnaires de cette Assistance publique dont les bienfaits ne se comptent plus, la société a des tendances fâcheuses à traiter, de plus en plus, les miséreux en enfants gâtés. Et les conséquences d'un pareil état d’esprit pourraient être des plus fâcheuses.
Ce fonctionnaire-philanthrope nous citait deux exemples : d’abord, la société — ou compagnie, on ne sait jamais au juste — d’Assistance par le Travail est dans une situation très précaire: les infortunés sur iesquels elle comptait — pourquoi? — lui manquent absolument.
Puis, la Ville de Paris ne peut plus trouver de balayeurs. L’édilité, malgré son grand désir de faire nettoyer les rues une fois au moins tous les six mois, se voit dans l’impossibilité de recruter des gens disposés à se livrer à des travaux de voirie, cependant largement rétribués. Le conseil municipal, qui a pourtant déjà escompté l’apparition du choléra pour le printemps en votant une augmentation des taxes d’inhumation, est profondément désolé. Il lui faudrait, au moins, un personnel suffisant pour désséchcr ce marécage qui s’appelait autrefois Place de l’Hôtel-de-Ville. Et le dernier balayeur est mort hier...
M. Alphonse Humbert, paraît-il, a suivi son convoi, la larme â l’œil et ganté de noir — avec sa peau.
Un de nos confrères a reçu de bien intéressants détails sur les procédés qu’emploie Behanzin pour échapper à la poursuite de nos soldats.
Ces procédés, disons-le tout de suite, ont quelque chose de honteux.
« Il faut bien se rendre à l’évidence, dit ce confrère ; à moins que Behanzin ne vienne lui-même faire sa soumission, il nous sera à peu près impossible de nous emparer d’un adversaire qui refuse le ^ombat et fuit sans cesse devant nous. »
Impossible!... D'abord, voilà un mot qui n’est pas français. Et puis, pourquoi?... Oui, pourquoi? Ce n est pas à nous qu’il faut raconter des choses pareilles. Nous avons entrepris la guerre du Dahomey pour prendre Behanzin, n’est-ce pas? Eh! bien, il faut le prendre, voilà tout.
Et, quand nous l’aurons fait prisonnier, il faudra le relâcher — pour faire voir que nous pouvons nous en emparer encore une fois. — ôn verra bien qui aura raison, à la fin.
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La dernière chasse présidentielle a été d’un triste... M. Carnot s’ennuyait ferme; et' M. Brugè're, qui vient d’hériter d’un commandement, a eu de la chance de ne pas se trouver là. Il aurait pu, encore une fois, se faire mettre du plomb sous la fesse.
On n’a pas inscrit plus d’une centaine de pièces au tableau. Et encore, le soir, on a reconnu que vingt-cinq d’entre elles étaient fausses.
M. Ravnal était invité.
L’administration des finances vient de publier le rendement des impôts et revenus indirects, ainsi que des monopoles de l'Etat, pendant le mois de décembre 1893.
Les résultats accusent une moins-value de 1 million 827,400 francs par rapport aux évaluations budgétaires, et une diminution de 9,732,000 francs par rapport à la période correspondante de 1892.
Quelle prospérité!
Ah! comme M. Ranc a donc raison de se réjouir du succès des républicains aux élections sénatoriales ! Comme il a raison... de se hâter...
Billoir, ancien militaire, pour avoir eu l’imprudence, un jour, de faire deux tronçons de sa maîtresse, la fille Le Manach — forfait qu’il dissimula, d’ailleurs, avec le plus grand soin — fut condamné à mort, et décapité.
M. Marcel Prévost, romancier qui, récemment, et avec préméditation, coupa des vierges en deux, et osa se vanter de son crime en de cyniques affiches apposées sur tous les murs, vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Nous n’aimons pas abuser de l’antithèse. Mais quel est !e Français — le vrai Français — qui constatera, sans rougir de honte, l’inégalité choquante des traitements infligés à ces deux hommes, aussi coupables l’un que l’autre, mais dont l’un fut moins militaire encore que M. Mirman, tandis que l’autre appartint à l'armée?
L’élément civil?. . Ah! nous savons bien! Mais pourquoi prétendre que les distinctions de classes n'existent plus?
Dans une de ses dernières chroniques, M. Emile Bergerat fait assister le duc d’Aumale au siège d'Alger, en
Le duc d’Aumale portait donc l’épaulette à huit ans?
Nous l’ignorions.
Connaissez-vous l'histoire de la grammaire de M. Da Costa, grammairien?
La voici.
'M. Da Costa avait obtenu, en 1888, la propriété exclusive de fournir de grammaires les écoles de la Ville de Paris. Mais, à la suite d’un décret de 1890 qui accordait ce dernier privilège aux inspecteurs d’Académie, la Ville dénonça le traité qu’elje avait conclu avec M. Da Costa. L’all’airc vient d’êlre arrangée à la satisfaction générale; la Ville versera 3.s,ooo fr. à M. Da Costa.
Cette solution, à dire vrai, nous enchante. D’abord la grammaire de M. Da Costa avait été choisie au concours. Et vous savez comme c’est sérieux un concours. Surtout à l’Hôtel de Ville, antre des incorruptibles. Donc, la grammaire était excellente.
Ensuite, depuis cinq ans, toutes les écoles en avaient été bondées: il était devenu impossible d’en placer une de plus.
En dernier lieu, il était absolument nécessaire de donner à M. Da Costa les moyens de mettre au jour un nouveau livre, que l’enfance studieuse attend avec impatience. Nous vous apprendrons seulement que ce nouveau volume est une Géographie élémentaire, écrite par M. Da Costa en collaboration avec M. Alphonse Humbert, son intime ami. Ce dernier, que des goûts particuliers — question de peau — rapprochent des fils de Cham, s’est chargé de la description de l’Afrique. Il en est, présentement, au mot Congo — « pays un peu chaud, dit-il, mais charmant. Remarquable pour son savon qui, paraît-il, est excellent. »
Monsieur Canivet, qui comptait recevoir, pour ses étrennes, la rosette d’officier de la Légion d’honneur, ne l’aura pas encore cette fois-ci Tous nos compliments — à la rosette.
Il est une chose que les Français négligent de faire, en quoi ils ont grand tort; ils négligent de lire la Justice.
Ils ignorent, ainsi, que M. Clémenceau — trois colonnes pour un sou — est en train de devenir, non seulement général (ce qui n’est qu’étonnant) ; non seule-
ment amiral (ce qui n’aurait rien que de naturel): mais homme d’Etat, ce qui, positivement, est extraordinaire.
M. Clémenceau, quoi qu’en ait pu dire, dans le Var, M. Jourdan Serre-Tète, a vraiment l’étoffe d’un député.
Dans un récent article, il recherche les raisons qui pourraient empêcher l’Europe de procéder au désarmement général. El il trouve ceci : « L’obstacle au désarmement, ce n’est pas nous; c’est ceux qui, ayant arraché des hommes à leur patrie, ne veulent pas qufils y fassent retour.»
Entendu. L’obstacle au désarmement, c est 1 Allemagne, qui nous a pris l’Alsace-Lorraine. Les arguments de M. Clémenceau ne brillent point par la nouveauté; ils sont peut-être justes, tout de même.
Relativement, bien entendu.
Car on pourrait soutenir, n’est-ce pas T que la folie d’armements qui s’est emparée de l'Europe est due, tout simplement, à la profonde imbécillité du régime qui pèse sur la France depuis vingt-trois ans.
On pourrait affirmer, aussi, que, si la France est lasse de se ruiner en achats de lusils de canons et en construction de forteresses, les hommes qui ont dirigé, de près ou de loin, la politique extérieure de la Troisième République n’ont jamais eu à se plaindre d’un état de cnoses désastreux pour la nation. Ça n’a pas enrichi que les arsenaux, le système d’armements à outrance....
On pourrait soutenir, encore, qu’un gouvernement propre, s’il existait en France, trouverait facilement à s’entendre avec les puissances étrangères pour la diminution — sinon totale, au moins notable — des forces militaires.
On pourrait insinuer, même, que, dans ce cas, le gouvernement en question devrait être, non seulement présentable, mais intelligent. Car, à cette heure où la surproduction jette journellement sur le pavé des nuées de misérables dont quatre-vingt-dix mille meurent de faim, tous les ans, dans notre beau pays — il serait nécessaire de donner du travail aux milliers d’hommes, dans la force de l’âge, qu’un désarmement partiel rendrait à la vie civile. Et il serait nécessaire, aussi, pour trouver du travail, d’inspirer d’abord un certain respect — et une certaine confiance.
C’est pourquoi M. Clémenceau, lorsqu'il assure que, si l’Allemagne nous rendait nos deux provinces, « chaque caserne se viderait, chaque soldat, dépouillant l’uniforme, retournerait aux champs et rentrerait à l'atelier », nous semble absolument digne de rentrer au Parlement dans le plus bref délai.
C. Q. F. D., si vous voulez — bien que ça n’en valût guère la peine.
L’autre jour, visite patriotico-sentimentale aux Jardies, à Ville-d’Avray, où Gambetta-le-Grand tourna de l’œil. (L'expression était faite pour lui.)
Neige tondue, siebeckers, pompiers, spullers, photographes, rancs, et tout le tra-la-la.
M. Ernest Calvan, de Believille, fit signe qu’il avait à parler: et M. Siebecker discourut. Quant à M. Carjat, dont l’âme, semble-t-il, est couleur d’omelette aux champignons de cimetière — comme ses cheveux — il lut une pièce de vers dans lesquels il affirmait qu’il suivait encore
Le cercueil
Emportant i.’ame de la France !
Il faut faire la part de l’exagération de l’objectif particulier aux poètes — et avouer qu’au départ, tout le monde était ému.
« Emu d’avoir tant vieilli, dit un confrère; ému sur soi »
Le confrère manque de savoir-vivre. Il aurait dû prendre garde à la présence de M. Spuller et, par politesse tout au moins, sinon par souci de la vérité, écrire : « ému sous soi. »
Un chevalier d’industrie, prétendant se nommer le colonel Humbert, vient de soulager de la forte somme une concierge de la rue Cambon.
Faut-il que le nom précité, lorsqu'il est porté par des civils, inspire peu de confiance, pour que les escrocs qui s’en servent éprouvent le besoin de déclarer appartenir au monde militairel
Monsieur Joseph Reinach a lu et fait approuver par la commission spéciale son rapport sur la suppression de la publicité des exécutions capitales.
Dans une interminable interview publiée par un de nos confrères — qui n'a rien d’électrique dans sa vente, — M. Joseph Reinach a exposé ses vues sur la peine de mort. La chose est, naturellement, d’un intérêt plus que médiocre. Mais — particularité curieuse à signaler — le mot lunette revient toutes les -deux lignes.
L’habitude, voyez-vous! Chassez le marchand de lorgnettes, il revient au galop...
Mot de la fin (extrait des grands quotidiens).
Au dernier conseil des ministres, M. le ministre des Affaires étrangères, toujours au courant des moindres complications diplomatiques, annonça à ses collègues que M. Cleveland, président des Etats-Unis d’Amerique, est le plus gros et le plus lourd des chefs d’Etat contemporains. , , , , ,
— Il atteint, dit-il, le poids respectable de deux cent trente-cinq livres.
— Unevraiebibliothèque.murmuraM. Spuller, distrait.
— On croirait, mon cher collègue, répondit en souriant M. Burdeau, ministre des finances, que vous avez oublié votre système décimal. Il s’agit de livres tournois.