XX NOTICE
La dédicace à Madame ne se trouve pas dans tous les exemplaires de l'édition princeps. Ceuxci portent les noms des différents libraires que G. de Luyne avait Êiit participer à son privilège. « Cette édition originale est très-importante, non-seulement parce que la gravure représente le portrait de Molière, mais encore parce que la ponctuation et l'accentuation du texte nous indiquent la manière dont Molière débitait ses rôles S »
Nous avons reproduit fidèlement, d'après l'édition originale, la gravure dont celle-ci est ornée et qui contient de précieux renseignements iconographiques.
Il n'existe dans les premières éditions de Molière qu'un très-petit nombre d'estampes de ce genre*. La nôtre est devenue historique pour avoir été désignée par Montfleury fils dans sa pièce satirique contre V École des Femmes, intitulée : Impromptu de l'hôtel de Condé. La scène se passe entre Alis et le marquis :
Le Marquis, regardant le premier feuillet de VÉcole des Femmes, où Molière est dépeint.
N^est'Ce pas là Molière?
1. Paul Lacroix, Bibliographie Molih^esque, Turin, Gay, 1872, p. 4.
2. Voir celle qui se trouve en tête de notre édition de V Amour médecin y dans cette collection, et représentant Molière sous la figure de Tomes pendant la consultation des docteurs.
NOTICB. XX]
Alxs.
Oui.
Le Marquis.
Oui, c'est son portrait,., Pîusje le vois et plus je le trouve parfait.
Ma foi, je ris encore quand je vois ce portrait,
La pointe ironique que renferment ces trois vers n'a pas échappé à M. Paul Lacroix, toutefois il n*hésite pas à les citer comme prouvant que la gravure offre un bon portrait de Molière dans le rôle d*Ârnolphe^
M. H. Lavoix, qui attache également une certaine valeur à cette gravure, la décrit en ces termes : «Molière, dit-il, est assis, coiffé du large chapeau à forme haute; il a les cheveux courts, la moustache noire; l'impériale est légèrement indiquée; il tient un livre de sa main gauche et montre de sa main droite son front à Agnès, à laquelle il fait la leçon*. »
Il existe un autre portrait de Molière dans le rôle d'Arnolphe, c'est celui qui se trouve sur le tableau représentant les « farceurs françois et italiens depuis soixante ans et plus, peints en 1670. u On ne connaît pas l'original de cette
I . Iconographie Molièresque, avec notes et commentaires, par le bibliophile Jacob. Nice, J. Gay et fils, 1872, in-i2.