XXXVI INTRODUCTION
L'auteur de YEscoiifle avait probablement, comme son héros Guillaume, beaucoup couru le monde. Il ne le dit pas, mais on le devine à la lecture de son poème. Il avait sans doute vu Toul, dont les prairies verdoyantes et les vignobles paraissent lui avoir laissé un agréable souvenir \ Il n'est pas nécessaire de supposer qu'il avait fait le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, ni même celui de Saint-Gilles, où il fait séjourner Guillaume. C'étaient des lieux célèbres dont on pouvait parler par ouï-dire ; mais la complaisance avec laquelle il parle de Montpellier (bien qu'il n'y ait rien de bien précis dans ce qu'il en dit), les détails qu'il donne sur le seigneur et sur la dame de cette ville, porteraient à croire qu'il y avait été. Plus d'un trouvère français dut, à l'exemple de Guyot de Provins 2, visiter les cours seigneuriales du Midi.
Ce qui est certain, c'est que l'auteur de YEscouJle était doué d'un esprit curieux et observateur. L'observation le conduit à la description. Il décrit un peu longuement peut-être, mais toujours d'une manière intéressante. Voir par exemple le tableau qu'il trace du logis misérable de la vieille femme de Toul chez qui Aelis trouve un asile, lorsqu'elle se croit abandonnée par Guillaume 3, et, comme contraste, celui de l'habitation élégante qu'Aelis et
i. Voir vv. 4355 et suiv.