‹ L'escoufle: roman d'aventureChapitre 7 sur 63 · ANCIENS TEXTES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS

UES.OUFLE

Le Puy, imprimerie de R. Marchessou, boulevard Carnot, 23.

ANALYSE DE l'eSCOUFLE

^d. Il tenait Rouçn en propre. Dans le pays de Caux cents chevaliers relevaient leurs terres de lui, et il / conquis toute la Normandie jusqu^à Pont de l'Arche, jiit un homme vaillant et généreux. Par ses libéralités, ^ait acquis l'amour de ses hommes. Il leur donnait^lar- /ent, et, en retour, lorsqu'il en était besoin, ceux-ci itaient à son service tout ce qu'ils possédaient. Depuis le Ips d'Alexandre le Grand on n'avait pas vu homme qui ralût pour la prouesse, la valeur, la largesse. Il avait Ijours un amour en tête, ce qui le rendait hardi et preux. |rès avoir mené pendant quinze ans la vie du monde, ;nant toujours en prix, l'envie lui prit d^aller en Terre ite pour sauver son âme. Mais il n'avait ni femme ni Tant à qui il pût laisser sa terre. Aussi ses hommes furenttrès affligés à la nouvelle de son départ. Il leur donna ^ndez-vous à Montivilliers. Là, il y eut grande assemblée chevaliers, de clercs, de dames, de bourgeois. L'évêque Lisieux y vint, comme aussi le comte de Varenne et celui 'Eu et le châtelain de Bellencombre, tous regrettant le )mte et sa riche compagnie qui devaient partir le lendemain (v. 173).

Le lendemain on alla ouïr la messe à l'abbaye '. Le comte 'fit une riche offrande et distribua plus de dix livres aux pauvres. Le service fini, lorsque les bourdons et les écharpes des croisés eurent été bénis, il se rendit au chapitre, et, ayant fait au couvent une donation importante, il prit congé de l'abbesse et des dames de la maison. Puis ^I monta à cheval, et partit avec sa troupe, au milieu de la désolation générale. Il traversa les monts de Montjoux ', et au pas-

1. Abbaye bénédictine de femmes fondée en 682, détruite au IX' siècle par les Normands, rétablie en io35 par Robert le Magnifique, duc de Normandie. L'église abbatiale/dédiée à Notre-Dame, dont les diverses parties ont été construites du xi* au xvi* siècle, est maintenant Tégiise paroissiale. Voy. Gallia christiana, XI, 281; Cochet, Répertoire archéoL de la Seine-Inférieure y col. 147.

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