‹ L'escroc du grand mondeChapitre 19 sur 27 · MARIE, GEORGES · texte numérisé non relu

MARIE, GEORGES

MARIE

Oui, Georges, c'est moi qui ai appris que vous êtes malheur reux et qui viens pleurer avec vous.

GEORGES, essayant de sourire.

Bonne Marie!

MARIE

Oh, ne vous contraignez pas devant moi. Je savais tout, Georges, mais ne craignez rien.

GEORGES, étonné.

Quoi donc? Marie, vous êtes bien pâle!.. D'où venez vous ? où est mon père ?

MARIC.

Il était là !.. je l'ai entendu ; il disait : mon fils, mon fils !.., je lui serai odieux!

GEORGES, avec effroi.

Il disait cela, Marie?

MARIE

Cela et d'autres mots encore qui m'ont engagée à venir ici; car je suis votre amie, et je veux une part dans vos chagrins. ^

GEORGES

Mais qu'y a-t-il donc? que mo cache-l-on?.. Vous êtes ins-i truilCj dites-vous ? apprenez-moi tout.

MABIE, d part.

Ciel ! il oe sait rien ? qu'ai>je fait ?

GEORGES

Parlerez-vous, Marie? quel est ce malheur? ce malheur que j'igDorc et que vous connaissez?

MARIE

Un malhedr ! mais je n'ai pas dit cela.

GEORGES

Savez-vous, Marie, quelles idées cruelles tous avez fait naître?

MARIE

Calmez-vouSj'Monsieur Georges, calmez-vous, je vous en prie.

GEORGES

Mais enfin que voulez-vous dire ? Je devine , je sens qu'il existe un mystère, et je ne vous quitterai pas qu'il ne me soit révélé.

MiaiE.

Sais-je ce que j'ai dit? j'étais si troublée!., non , non, c'est moi dont l'esprit inquiet s'efifraie de tout!... Ne vous alarmez pas de paroles sans suite que je ne me rappelle même plus.

GEORGES, la prenant par la main et laregardant aetentivement.

Marie!., je n'avais pas remarqué combien le malheur semble empreint sur tous VOS traits!.. Qu'est-il donc arrivé depuis deux ans.

MARIE

Oh rien!... je suis malheureuse peut-être, mais au moins je le serai seule.

GEORGES

Ne suis-donc plus votre ami ? Hier, ma joie m'enivrait tellement que j'ai pu paraître ingrat; j'avais presque oublié votre amitié pour moi, et aujourd'hui je sens que cette amitié me fait du bien!.. Il n'y a que vous ici dont les manières n'aient pas changé!... Et si le malheur venait m'atteindre, c'est à vous seule que j'irais demander des consolations,

MARIE

Ah! Georgps!... Emelineî...

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