GEORGES, MARIE
GEORGES
Marie... que fait votre père ?
MARIE
Il est allé chez lui chercher la somme duc... à Monsieur de Ferrières; moi, je suis restée, car Georges a besoin de consolations.
GEORGE?
Et c'est vous, Marie, c'est vous... Mais vous oubliez que votre fortune...
MARIE
Que m'importe? Elle ne peut rien pour mon bonheur... Vous l'avouerai-je? J'ai pensé presque avec joie que mon père, forcé maintenant à ne plus s'écarter de son village, me ramènerait dans ces lieux où je fus heureuse.
GEORGES
Et moi aussi , là je crus au bonheur.
MARIE
Si les ressources de mon père étaient détruites par cette perle, mon travail, mes soins lui deviendraient nécessaires , et je pourrais vivre encore, puisque je serais utile au bonheur de quelqu'un... Mais vous ne ra'écoutez pas?,. GEORGES, s'approc/iant d'elle.
Oh! si fait, parlez, Marie, parlez... Votre voix calme mes douleurs; regardez-moi... vos regards me font du bien... Hélas... personne ne m'aime.
MARIE, (Cunton de tendre reproche.
Et c'est près de moi que vous osez dire cela...
GEORGES
Mais cet or... Vous ne l'ignorez point, Marie... Votre père ne le doit pas...
MARIE , lui mettant la main sur la bouche Silence !.. C'est un iilTreux secret',.
CEORCC-.
Vous le saviez?..
MARIE
J'ai voulu i
l'oublier.
CEORCCS
Mais...
MARIE
N'est-il pas le père de Georges?
GEORGES
D'autres le savent-ilâ?
MARIE
Non!.. IVloi seule!.. Il y vi ud mois, un étrange hasard me l'a révélé.
SCEIVE VIII.
St-SURIN, ÉMELINE, m ad. de FERRIÈRES, GEORGES, M. DE FERRIÈRES , MARIE, DUBOURG.
MARIE , allant au-devant de son père qui rentre par la porte de
droite.
Mon père!..
DUBOURG, d sa fille.
Eh bien , quoi, tu pleures!.. II faut avoir du courage!.. M. de Ferrières , voilà tout ce que je vous dois.
Il lui donne un portefeuille.
M. DE FERRIÈRES
Toutyesl-U?
DCBOUBG.
Tout!..
M. DB FER&IÈRKS , SOUrittUt.
Il me semble, voisin, que toutes vos spéculations ne sont pas heureuses ? qu'en dites-vous?
GEORGES , d part.
Qu'entends-je ?
M. DE FERRIÈRES , donnant le portefeuille à Marie. Tenez, Marie.
MARIE
Monsieur...
GEORGES
Ah!..
M. DE FERRIÈRES
Prenez, et rendez-le à voire pore, en l'engageant à ne pfti^ risquer une autre fois la dot de sn ûlle sur une carte. Mais prenez donc!
SAINT- SVRIN.
Voilà qui est admirahlo. !
M. CE FERRIÈRES
Eh bien?..
DtJDOURC.
Èsl-ce sérieux ?
M. DE FEARIÈBES.
J'ai voulu VOUS donner une leçon, car vous deveniez joueur!.. Vous vous seriez ruiné!.. Convenez que je vous ai fait passer un mauvais moment.
DUBOURG
Je l'avoue!., mais je ne sais pas si je dois reprendre tout cela... car c'était loyalement gagné.
M. DE FERRIÈRES
Recevez-le des mains de Marie!... Je vous demande en même temps de vouloir bien associer mon fils à vos entreprises, et de lui servir de père pendant le long voyage que je vais entreprendre.
TOtS.
Un voyage!.. Comment?
M. DE FERRIÈRES
Une lettre que Georges a reçue l'obligeait à partir pour l'Inde ; eh bien , j'irai à sa place !.. Les intérêts de notre fortu. c l'exigent, {bas à son fils.) Es-tu content» Georges ?
GEORGES
Mon père!..
M&D. DE FERRIÈRES
Vous éloigner ainsi!..
M. DE FERRIÈRES , possaut entre son fils et sa femme Je le dois; mais nous nous reverrons! votre fils vous reste, et Dubourg voudra bien veiller sur ma famille.
DCBOVRC , regardant Marie et Georges.
Ah! s'il était possible qu'elle devint la mienne; si je pouvais m'acquitter?..
M. DE FERRIÈRES
Mais... Emelinc...
ÉMELINE.
J'ai deviné le secret de Marie : Georges , vous m'avez rendu ma parole, je la reprends.
GEORGES , désignant Marie.
Mon père , voila votre fille.
SAINT-SURIN, « ÉmelinCf Que je suis heureux!
DtBOURG , dM. de Fcrrières.
Vous êtes le plus honnête homme que j'aie rencontré 1 et si l'Académie faisait justice . c'est à vous qu'elle donnerait le prix de vertu.