CONSTANCE GUENAR ENRAGÉ, SATAN, COCU
Sonnet.
Qui ne le craindroiL pas ? c'est un monstre, Guenar, Qui porte sur le front six cornes d'apanag-e, Un couple il en reçoit de sa l;accliaiile rage. Qui le rend enrage ainsi (prun Leopar.
Satan, qui cogrooissoit ce cauteleux renar. Qu'il voit comme Judas luy faire tout hommage, Henonf;ant à son Dieu, luy tll cet avanUiife Que de rendre Guknar comme Satan cornar. Genève, qui coguoit que cet Apostat traistre Quatre cornes portoit, les veut de deux accroistrc, En le rendant de l'reslre un infâme Cocu; Si qu'estant Eniiagk, Satan, Cocu, funeste, Guenar, tu porteras six cornes sur la teste : Hé! qui ne craindroit donc un monstre si cornu?
i64 l'espadon satirique
Vos ag-ios, et vos grimoires, Mais pour remplir son estomac.
C'est pour traicter son omoplate,
Ayant la g'org'e délicate.
Ne plus ne moins qu'un loup cervier
Il adore plus qu'une fee
La nape qu'il voit bien coiffée
De viandes, et de g-ibier.
Ce fut ceste délicatesse
Oui, d'une amorce piperesse,
Tira Guenar de son Couvent ;
Car, enseigné de l'Epicure,
Il protesloit que sa nature
Ne pouvoit pas vivre de vent. (2)
Si en voslre secte nouvelle, Pantagruel, et Galemclle, (3) Y auctorisent le bon vin.
Et si madame friandise Est déesse de voslre Eglise, Guenar du tout suit le Calvin.
Si vous favorisez les traistres, Et si vous mariez les Prestres Contre le précepte divin.
Leur faisant un maquerelage
(2) Var. (LyoD, 1G2G) :
Xe pouvoit que vivre du vent.
(3) Lire : Garg-araclle,
DE CLAUDE d'eSTERNOD [65
De quelque fille de passage, GuENAR du tout suit le Calvin.
Si vous ayniez offenccr, mordre, Les supérieurs de vostre ordre, Mesprisant le pouvoir divin, Faisant à Jésus banqueroute Comme Judas, Guenar, sans doute En tous ces poincts suit le Calvin.
Si vos esprits, en conscience.
Ne pèchent pas par ig-norance, Qu'ils ayenl du flambeau divin Receu la lueur et la flame.
Et ofFencent contre leur ame, Guenar du tout suit le Calvin.
Mais eussiez- vous tous les Apostres, Les cènes, et les patenôtres.
Et vous n'eussiez-pas de bon vin, Des viandes bien savoureuses.
Comme vos truites saumoneuses, Guenar du tout fuiroit Calvin.
Et n'estoit qu'il craint, en Bourg-ong-ne, L'Harpe, la prise, et la Gascongnc, En le trouvant hors du couvent, Luy promettant chère meilleure.
Vous le verriez, à la mesme heure.
Contre Dole fendre le vent.
iC6 l'espadon satyrique
Allez! la secte Calviniste, Apprestez, pour cet Anlichriste, Quelque Venus, quelque Junon, Et la couchez dans un beau ling-e, Sans considérer qu'à un Singe Tel que Guenar, faut la Guenon.
Vous, sorciers, par la cheminée, Criez : « Hymen ! ô Hymenée ! »
Et après maints tours d'arlequins, Pour une si bougre alliance Courez tous, par resjouyssance, Baiser le cul à vos bouquins.
Vous, Meg-eres, et vous, bourelles, Assistez toutes aux nouvelles De ce tout amoureux duel ; Ne venez pas au mariage.
Mais plustot au maquerelage D'un inceste spirituel.
Si, dans les voûtes etherées.
Des substances incorporées Vous n'estiez, je croirois, en fin, Qu'à ce sujet, vous autres âmes.
Auriez des corps, amours, et fiâmes.
Pour engendrer quelque Merlin.
Merlin sortir de luy ? Que dy-je !
Le fruict est trop bon pour le tige,
DE CLAUDE d'ESTERNOD 1G7
En son genre il est trop mauvais, Et si l'Antéchrist il n'engendre, Il ne se veut dire Leandre, D'autres enfans père jamais.
Conservez donc ce fier coleuvre,
Qui doit bastir ce beau chef d'oeuvre ;
A le traicter n'oubliez rien.
Idolâtrez cet Antipape,
Mais gardez qu'il ne vous eschape,
Car Bourgongne s'en passe bien.
FIN DK l'eSî'ADON S.VTVRIOUE
DE
DE L'ESPADON SATYRIOLE
Aggravante. — Écrasé, accablé sous un poids excessif... Ce mot est vieux, et vieut du latin aggravare. Autrefois on disoit même en François Aggravanter... (Trévoux).
Alambiouekait (qui). — Qui ferait fondre, comme à l'alambic.
Albert. — Albert-le-Grand, ou, de son nom, Albert de Bollsladt, fameux philosophe et théologien, né en i iy3, mort eu 1280. Rappelons qu'il commenta à l'Université de Paris la physique d'Aristote, et que, la salle étant trop petite pour la foule des auditeurs, il dût professer en plein air sur une place qui porte encore son nom : Maubert, de Ma, abréviation de magnas ou magister, et d'Albert, ou Aubert. On représentait toujours AlI)ert-le-Grand avec une longue barbe.
Albert. — (p. 94). Albert VI, Archiduc d'Autriche, gouverneur, puis souverain des Pays- Bas. Il épousa, en iSgS, Élisabeth-CIaire-Eugénie d'Autriche, fille de Philippe II et d'Elisabeth do France. Cette princesse lui apporta en dot les Pays-Bas catholiques et la Franche-Comté. La paix de Vervins entre la France et l'Espagne lui permit de tourner sos armes contre les Hollandais.
Alebrotter. — Au mot albotteur, Cli. V. de la l'ronosticalion pantagrueline, Le Uuchat ditquelesa/lebuteurs sont de pauvres gens qui tracassent les vignes pour y grapiller. — Alebrotter voudrait donc dire grapiller, picorer, manger chichement.
Allmf.lle. — Lame, épée.
Ane d'or. — Rien de commun avec celui d'Apulée... Le poète
L F.SI'ADON SATVRIQUE
veut dire qu'une forteresse, « fût-elle gardée d'un diable », serait corrompue par un âne chargé d'or, à qui les assiégeants feraient g-ravir les pentes et les talus, dans le dessein que l'on devine, et sans qu'ils eussent à s'expliquer davantag-e.
Anube. — Anubis. Rappelons l'histoire de Pauline, dont il est question dans la strophe. Un jeune homme, nommé Decius Mundus, conçut pour elle l'amour le plus violent. Ne pouvant la gagner ni par présents, ni par prières, il résolut de se laisser mourir de faim.
Une des affranchies de son père, nommée Idé, le consola et corrompit quelques prêtres de la Déesse Isis, qui firent savoir à Pauline que le dieu Anubis la voulait voir en particulier. Pauline s'en sentit honorée et s'en vanta à son mari. Enfin, elle fut coucher dans la chambre du prétendu Anubis, où Mundus était caché. Quelque temps après, celui-ci l'ayant rencontrée lui révéla son subterfuge. Pauline pria son mari de la venger, et ce dernier alla se plaindre à Tibère, qui fit crucifier les prêtres d'Isis et l'affranchie Idé. Il se contenta d'envoyer Mundus en exil.
Arboriseront. — Arboreront.
Ancienne confusion entre arborer et le verbe primitif arboriser, qui signifiait herboriser.
Armoisinisez. — Vêtus d'un taffetas de soie de couleur pourpre, nommé armoisin. Il a existé un verbe armoisir, pour :
teindre en pourpre, dont on relève, dans Rabelais, le participe armoisy.
AsMODÉ. — Ou plutôt Asniodée. Démon que l'on nomme encore Chammadaï et Sydonaï.
C'est un de ceux qui possédaient Madeleine Bavent. Il passait pour le serpent qui séduisit Eve.
Les Juifs faisaient de lui le prince des démons, comme on le voit dans la paraphrase chaldaïque. Il a trois tôles : la première, celle d'un taureau; la seconde, celle d'un homme; la troisième, d'un bélier. Il a une queue de serpent, des pieds d'oie, une haleine enflammée.
Il se montre à cheval sur uq dragon, portant en main un étendard et une lance. Il est soumis par la hiérarchie infernale au roi Amoymou. Cf. Wierus, Pseudomonarchia dœmon.
AucosTÉ. — Voir Haut-costé.
Rahus. — « Coffre couvert de cuir, dont le couvercle est arrondi en forme de voûte ; plusieurs ne croyent pas pourtant qu'il soit de l'essence du bahut d'être tel. Ce mot vient de bajiilo, selon Nicod, à cause qu'on le porte sur des mulets...
jl n'est plus guère en usage, et en sa place on dit coffre. » (Furetière).
Balagni. — Jean de Monlliic.
sieur de Balag-ny, prince de Cambrai, maréchal de France.
Balanouan. — Manteau. Ce mot, déjà archaïque du temps de d'Esternod, n'était plus usité, dit Furetière. que dans le style simple et comique.
Il est parlé de balandrans en 1226, dans la règle de Saint-Benoît.
lîARACAN. — Boiiracan, tissu de poil de chèvre, qui servait aux manteaux de pluie.
Bardachk. — Cinède. Italien :
Bardasso.
BASSE-coNTnE. — En ce sens :
la contrebasse.
Basse DANCE. —Pris au figuré, dans le sens erotique. Au propre, les danses-basses, dit le Dicl. de J'révoii.r, étaient « les danses régulières et communes, telles que sont celles des honnêtes gens : ces sortes de danses furent ainsi nommées pour les distinguer des danses irrégulières, accompagnées de sauts, de mouvements violents... telles que sont les danses des Pantomimes et des Saltimbanques :
ces dernières... se nommaient danses par haut... »
Bavard. — Cheval des Ouatre- Fils Aymon. II fut donné par la féeOriande; il était /ae aussi.
Beausse {hobereaux de la).
— La pauvreté des gentilshommes baucerons était proverbiale. Cf. Oudin, Curiosités
françoises : gentilhomme de la Beausso, qui se tient au lit pendant qu'on refait ses chausses. On dit autrement :
qui vend ses chiens pour avoir du pain. Montfleury fitjouer en 1670 une comédie, en vers, intitulée : Le Gentilhomme de De au ce.
Becques-cornus. — Maris trompés. Italiani.sme : Deccocoriuito. En français, l'on disait becu.
Belistre. — Mendiant.
Beuse. — Buse.
BiAS LE 1M11LOSOPHE. — Un des Sept-Sages de la Grèce. Valère Maxime dit que sa ville natale, Priène, en Carie, ayant été assiégée, les habitants prirent la fuite, emportant ce qu'ils avaient de plus précieux. tUas fut le seul qui partît les mains vides, sur quoi, ayant été interrogé, il répondit qu'il portait tout avec soi.
BiGQUEUAY. De biqner, forniquer.
BoissAT (de). — Malgré son jeune âge, en 1619, il s'agit certainement ici de Pierre de Boissat, dit Doissat l'Esprit, et non de Pierre II de Boissat, son père, qui mourut en iGi3. Notre Boissat naquit à Vienne, en Uauphiué, en i6o3, et mourut le 28 mars 1662. L'Abbé d'OIivel, dans son Hist. de l' A r ad. française, dit (|u'il <( fut dès l'enfance un |)ro(lia:ieux talent pour
L ESPADON SATYRIOUE
les vers ». Au sortir du collège, il s'eng-agea dans les troupes du Connétable de Lesdiguières qui marchait contre les Huguenots du Vivarais. 11 visita Malte et fit naufrage à son retour sur les côtes du Languedoc. Protégé par le gouverneur de cette province, Henri de Montmorency, il le quitta cependant pour suivre Lesdiguières dans sa campagne contre les Génois. En 1G27, il se trouve au siège de l'île de Ré, et l'année suivante à celui de La Rochelle, d'où il revint à la suite de Gaston d'Orléans. C'est dans l'entourage de ce prince, ami des lettres, qu'il connut Raudoin, Faret, Théophile de Viau, Nicolas Bourbon, Saint-Amant et Gucz de Balzac. Gaston le fit gentilhomme de sa chambre, le prit pour confident, et l'emmena avec lui en Lorraine, en Flandre et en Allemagne. De retour en France après la bataille de Nortlingue, Boissat entra à l'Académie, qui venait d'être instituée par Richelieu. 11 voyait la fortune lui sourire, lorsqu'en iG30, étant à Gi^enoble, il eut la fâcheuse idée d'assister, déguisé en femme, au bal du Comte de Sault, l^ieutenant du Roi en Dauphiné. « Il s'y servit, dit d'Olivet, du privilège qu'ont les masques pour tenir des propos libres à Madame la Comtesse de Sault. » Elle s'en offensa, et
le fit battre le lendemain par les valets de son mari. Cette affaire ne s'arrangea qu'au bout de treize mois ; mais il avait perdu toute idée de reparaître à la Cour, et la noblesse dauphinoise l'avait contraint de se retirer à Vienne, où il épousa par consolation Clémence de Gessans, nièce dun Grand Maître de Malte. Il tomba vers la fin de ses jours dans une dévotion exagérée, qui le faisait catéchiser dans les rues, vêtu d'habits grossiers, les cheveux et la barbe en désordre. « En un mot, dit d'Olivet, il ne voulait nulle différence entre les vertus d'un Cavalier et celles d'un Moine. » Christine de Suède passant par Vienne en i656, on pria Boissant de la haranguer à la tête des principaux de la ville. Mais sa malpropreté et son sermon pathétique sur une matière lugubre comme le mépris du monde lui fit dire que ce n'était point là le Boissat qu'elle avait connu, et qu'un Prêcheur avait emprunté son nom. Après quoi elle refusa de le revoir. L'ami de Nicolas Chorier et aussi de Théophile, qui l'appelait son fils, a laissé de nombreux ouvrages, dont quelques-uns, en latin, sont les relations des campagnes qu'il avait faites. Nous citerons seulement VHistoire Nègrepontine, Paris, i63i, in-8, parue sous le nom
de Joan Baudoin, et qui fournit à La Calprenède les principales situations de sa Cassandre ; — Les Fables d'Esope, illustrées de Discours moraux, Paris, 1(333, in-8; — Relations des des Miracles de Notre-Dame de l'Ozier; avec des vers à la louange de la Sainte Vierge en cinq langues (grecque, latine, espagnole, italienne et française), Lyon, 1659, in-8; — Pétri de Boissat opéra et operuni fragmentahistoricaetpoetica, in-fol., s. 1. n. d., etc. Cf. N. Chorier, Ilist. du Dauphîné ; — Niceron, Méni. Xlll et XX; — Gui Allard, Bibl. du Daupliiné, et surtout la thèse et l'ouvrag-e français de M. G. Latreille :
Petro Boessatio, Vienne, 1899 ; — Pierre de Boissat et le mouvement littéraire en Daupliiné, Grenoble, 1900.
BoLONGNE. — Boulogne, célèbre par ses saucissons. Cf. Leroux de Lincy, Prov. franc.
130NNET A QUATRE CORNES. —
] )it aussi bonnet carré, que portaient les g-ens d'Eglise, les gens de Justice et les Docteurs de l'Université. L'auteur équivoque sur les cornes.
BoNNETTENT. — De bonueler, solliciter quelqu'un, lui faire la cour, en lui faisant bien des révérences. (Trévoux.)
BoRDiN. — Bâton, do bourdon, qui dérive de bourde, même signification, lequel
semble venir du haut al'.em.
port, ais, planche. Ital. : bordône.
BouFETADE. — Soufflet. De buffet, que Du Cange dérive de buffa.
BouRABAQUiN. — Gourde de cuir, ou grand verre à boire.
Dans le texte, il s'agit d'une outre ou d'un jarre à mettre le vin.
Bracmard. — Sorte de courte épée, ou de coutelas. Son nom vient de ce qu'on le portait sur les bragues. On dit plus ordinairement braquemard. L'auteur joue sur le sens obscène.
Bragant(Se). — \^Q braguer, se parer, faire le glorieux. Z/raguer vient de brague, haut de chausses que portaient les gens riches. Brague finit par désigner le luxe dans les habits.
Cf. Apologie pour Hérodote, p. /.54.
Bragardants. — De bragard, brave, ajusté, mignon. Il faut entendre fringants comme un cheval de cinq cents rixdales.
Voyez (^ouRTAUT.
Breaignes. — Brehaigncs, Stériles.
Bresse (gentil de). — Même signification que hobereau de la Beausse. Voir Beausse.
Bridoves. — Sots, qui penseraient brider les oies. C'est le même mot que Bridoyson.
Brioue. — Ou briche, sorte de jeu de crosse : « Aucunes bacheletles jouant au jeu ap-
L KSPADON SATYRIOIJE
pelé la briche » (Texte cité par Lacurnc). — « Plusieurs gens qui jouent au geu de briche »
{ici. ibi(L). On a souvent équivoque sur ce jeu et l'acte vénérien :
Eur et ineseur est le gieu de la
[brique ;
Qui est eureus, chascun lui donne
[et offre.
(Eust. Deschamps).
La brique ou bricolle était proprement la balle du jeu.
Donc, en auoir la brique sig'nifle parvenir à ses lins en amour. Il s'attachait aussi à cette expression une idée de ruse, de voie indirecte et détournée. Cf. Lacurne. Brique, et Bricole, texte et notes.
Brottez. — Broutez.
BuuscAMBiLLE. — Dcslauricrs, dit..., comédien du xviic siècle, qui vivait encore en 1634. Après avoir joué à Toulouse, il vint à Paris vers 1606, et entra dans la troupe de l'Hôtel de Bourgogne. Ses équivoques et ses joyeusetés faisaient les délices du public. Il fit imprimer en 161 2 : Les Fantaisies de Bruscambille, contenant plusieurs discours, paradoxes, liaranffues et prologues Jacétieux.
Cet ouvrage eut un si grand succès qu'il fut réimprimé plus de vingt fois jusqu'en 1741 sous des titres diiférents. Les éditions les plus complètes sont les (Euores de Bruscambilie, de 1619 et celles de i634. Pour les
autres, cf. Brunet, Manuel du Libraire.
Brusquet. — Bouffon de cour, mort en i563. Il eut l'emploi de fou sous François W, Henri II, François II et Charles IX. Il cumula ces fonctions avec celles de valet de garde-robe, de valet de chambre et de maître de poste. Sur les tours et bons mots de Brusquet, cf. Branthôme, Grands Capitaines, chap. xxxii. M. le Mareschal Strozze; — H. Estienne, Apol.
pour Hérodote, XXI ; Perroniana, 1691, p. 30; — De Billon.
Le Fort inexpugnable du sexe féminin, i555, p. 24.
BuRAiL. — Espèce de serge ou de ratine.
Busqué. — Morceau de bois, d'yvoire ou de baleine, que les femmes mettent dans les corps de Juppé par devant pour les tenir droit. (Furetière.)
Cagquerafe. — i\Iot inconnu, mais sans doute déformé par une faute d'impression. Nous proposons Caquerasse, ou Caguerasse, fait de cagueur et de la terminaison fréquentative asse. Cesi-k-dire foireux. Quoi qu'il en soit, on trouve dans Rabelais, L. IV, ch, xxix, un mot qui semble se rapprocher du notre : « Un grand avalleur de poys gris, un grand caquerolier. »
Cadran. — Boussole, ou cadran solaire portatif. Cf. Sorel,
Francion, p. i.lô : « Pas plus grand qu'un cadran au soleil à porter en la poche. »
Caïmandement. — Qucmandement. « C'est ceux que je veux mettre en eschec, hors de train et au caïmandemcnt de leur infâme vie », C'est-à-dire qu'il veut les contraindre à mendier.
Calamité. — La pierre d'aimant. Ou la rangeait parmi les pierres précieuses, comme on le voit par divers auteurs, notamment Rémy Belleau. Mais il y eut certainement confusion avec la cadmie, cobalt fossile mélangé de zinc et de bismuth, car l'on sait que la pierre d'aimant n'est guère séduisante par sa couleur.
Caouessangue. — Ou mieux :
Car/aesangue, dysenterie, flux de sang-.
Carcans. — Colliers.