CADIX
braqués dans les embrasureS| semblent faire croire qu'il est prêt pour le combat.
La ville est bâtie dans ce corset de remparts. Les rues s'allongent dans la longueur ou dans la largeur de la presqu'île. Elles figurent un grillage. Elles sont droites comme des I, monotones et étroites. Les maisons sont hautes, blanches, à balcon et à miradores, élégantes. Il y a peu de monuments. La cathédrale est loin d'être belle; elle est de ce mauvais style qui fleurissait au commencement du dix-huitième siècle. La Casa consistorial a cependant un portique de bonnes proportions. Quelques places et promenades plantées de catalpas, de palmiers et d'acacias, la seule végétation de l'îlot : VAlameda ae Apodaca^ Plaza de Mina^ Plaza de la Libertad.
Je]ne sais pas quelles distractions on peut se procurer à Cadix, bien que la cité soit riche et qu'elle compte des capitalistes importants. La beauté des femmes n'égale pas leur renommée. L'air de la mer hâle leur teint et gerce leurs lèvres, ce qui les oblige à faire une consommation exagérée de poudre de riz. Il y a un joli théâtre, d'un extérieur très-giacieux et confortablement distribué. Sur la place de San- Antonio , reste ouvert jour et nuit un casino bien tenu. Il n'est guère de villes en Espagne qui ne possèdent un ou plusieurs casinos où Ton joue la roulette et tous les jeux imaginables. Les Espagnols sont très-joueurs. J'ai vu, à Madrid, dans les tripots, des mendia ts. venir jeter sur le tapis les réaux qu'ils avaient extorqués à la pitié des passants. Mais, en dehors de ces plaisirs
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bien vite épuisés du rien ne va plus ou du spectacle de province, la vie doit être fort triste.
11 est des villes qui vous plaisent ou vous déplaisent dès le premier abord, comme il est des hommes dont la vue vous inspire de la sympathie ou de Fantipathie. Eh bien, je ne nie pas que le séjour de Cadix ne se puisse supporter, mais je ne voudrais pas pour 50,000 livres de rente être un des soixante mille Gaditans emprisonnés sur ce ponton.
Si j*avais commis quelque méfait et que Ton m'y reléguât, sans m^autoriser à monter tous les jours sur la Torre de f^igia^ je crois que j'y mourrais de chagrin. La Torre de Figia s'élève au centre de la ville. De sa terrasse, on distingne, du côté de la terre, M edina-Sidonia sur la montagne, Chiclana , La Carracca, San-Fernando, Puerto Real, la chaîne de San- Cristobal, Santa-Maria, les monts dé Ronda, Rota sur son promontoire. Dans toutes les autres directionSi rOcéan à Tinfîni. Je crois bien encore que je dépérirais, malgré la beauté de ce spectacle.
Cadix est Fun des refuges de la démocratie en Espagne. Les basses classes sont révolutionnaires, les pécheurs trouvant ennuyeux de jeter leurs filets pour approvisionner la table des riches, et les commissionnaires étant fatigués de transporter les ballots du vil propriétaire. Le commerce, la bourgeoisie, la finance sont alphonsins.
Il se publie ici sept journaux politiques : La LegalU dad^ directeur le senor Castro, unioniste ministériel ; El Diario deCadiz^ directeur don Garcia Pejo, ministériel ; La Soheriana nacional^ directeur le senor