Ibid., p. 162 et suiv
des flottes de Cadix \ » Les réclamations énergiques du marquis de Villars firent reculer le cabinet de Madrid. Il ne fut plus question^ pendant plusieurs années^ d'inquiéter les commerçants français. ^. Mais lorsque Louis XIV eut bombardé la ville de Gènes, et qu'il se fut emparé en pleine paix des fortes places de Gourtrai, de Dixmude et de Luxembourg, qui appartenaient à l'Espagne, les minisires de Gharles II résolurent de se venger. Ils firent saisir^ en 1685^ les marchandises de tous les Français qui faisaient le commerce de contrebande en Espagne^ et punirent d'une amende de cinq cent mille écus les négociants du Mexique^ dans les magasins desquels ils trouvèrent des articles manufacturés en France. Les mêmes magasins regorgeaient de marchandises provenant d'Angleterre et de Hollande^ et cependant les commissaires du vice-roi ne parurent pas même s'en apercevoir. Louis XIV essaya, cette fois encore, de prendre en mains les intérêts de ses sujets. Mais le marquis de Feuquières, son nouvel ambassadeur en Espagne, ne réussit point dans cette négociation délicate. « Je n'ai point, écrivit-il à Louis XIV, in-
1. Extrait des Instructions remises à M. de Villars. Saint-Germain, 30 avril 1679. Archives du Ministère des affaires étrangères.
2. Voyez les dépêches du marquis de Villars, du 2 et du 20 mars 1681. Ibid.
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sisté contre le droit de confiscation, parce que j'aurais inutilement aigri les esprits ^ » Il ajouta que le roi d'Espagne était en possession de faire valoir ce droit en temps de paix comme en temps de guerre^ et qu'il lui avait plu de l'exercer sur les Français, assez convaincus du fait par leurs propres plaintes, et qui devaient s'estimer heureux d'en être quittes à si bon marché^. Louis XIY usa de représailles. Il fit saisir les biens des Espagnols établis en France, et envoya devant Cadix une escadre commandée par le maréchal d'Estrées. La menace d'un bombardement intimida le gouvernement espagnol. Après bien des hésitations, il remboursa les cinq cent mille écus qu'il avait exigés des Mexicains, ce qui contribua beaucoup à conserver aux Français la bienveillance du consulat de Cadix et à fortifier la confiance qu'ils inspiraient aux commissionnaires espagnols '•
Ainsi le gouvernement était parvenu à se créer des ressources financières, et, en même temps, il s'était réservé le moyen de frapper quand il le vou-
1. Dépêche du marquis de Feuquières, du 19 juin 1686. Archives du IfîDistère des affaires étrangères.