OexmellD, t. U, p
2. Journal du voyage fait à fatMrda sud, par Raveneau de Lussan. Voyei Tarlicle déjà cité de H. Souvestre, p. 92.
COMMBRCE. 3bl
les avides aventuriers de la Jamaïque et de la Tortue. Grâce à la ruine de la marine espagnole, ils ne cessèrent de désoler les côtes du Mexique et du Pérou, pendant les règnes désastreux de Philippe lY et de Charles IL Les plus renommés de leurs capitaines, après ceux dont nous avons raconté les exploits, furent Roc de Groningue ^ homme féroce et sanguinaire, qui marchait toujours un sabre nu sous le bras; Barthélémy, né en Portugal, qui fut fait prisonnier par les Espagnols et qui leur échappa par un prodige d audace; Pierre Franc de Dunkerque; Moïse Yauclin^ le Picard; Alexandre Bras-de- Fer; Michel le Basque^ Brouage, Montauban. Ces hardis corsaires renonçaient à l'usage des canons^ parce qu'ils mangeaient trop de poudre, et prenaient les navires à coups de fusil. Il faut assigner une place à part à TOlonnais et à Montbars^ a hommes étranges , dont Timagination populaire s'empara, même pendant feur vie^ et qui semblèrent résumer, l'un tout le côté épique, l'autre tou|»le jeôté brutal de cette terrible croisade contre les Eispagnols ^ » Nau, surnommé FOlonnais^ parce qu'il était né aux Sables-d'Olonne, quitta sa patrie en 1 650, pour cher-
t . Voyez rarticle de M. E. Soaveatre, inséré 4iu la Revue de Paris, numéro da 9 avril 1843, p. 93.
cher foFtuqe en Am^i^ique. }\ servit q[uelque temps sur un vaisseau de.Sibji^tiçrs comme e^gasgé volontaire. Sa bravoure le ftt remarquer, et il obtint bientôt le commandement d'un petit navire ^avec lequel il fit taat de pirises qu'il fut regardé ppa^me le fléau du comcoerce espagnol* Un jour il ^e jrendit paître d'une frégate envoyée à sa poursuite^ et «ipr^s avoir fait descendre l'équipage à fond de cale, il ordonna que l'on achevât tousles blessés, pour les;punir, disaitil, de la résistance qu'ils avouent osé lui opposer. Pendant le carnage, un esclave vint se jjBter a sea pieds, et s'écria.en langue espagnole.: « Smor capituny mo me matehy yo 0s dire Ja vep4ad \. » L'Olonnais crut qu'il allait lui découvrir quelque mystère. Il lui .promit la vie et rintçrrogea. L'esclave répondit en tremblant que le gouverneur de Ja Havane avait armé cette frégate pour prendre l'OloimsLJiis.et qu'U asvait Qrdonné de. le peujdre avec toiaSiSes jSQmplice3.L.uir-mème avait été désigné pour servir de, bourreau* A peine, eut-ll prononcé ce^ paroles que le flibusttier fit ouvrir les écoulilles, commanda auX' Espagnols depoonter un a un, et l^r coupa la tète avec son sabre, à mesure qu'ils montaient. Un seul fut épargné. Il devait porter au gouverneur de la Havane une lettre dans laquelle
1 . Seigneur capitaine, épargnez-moi et Je TousxUrai la yerilé.
rolonuais lui mandait qu'il ferait subir le mêma traitement à tous les Espagnols qui tomberaient entre ses mains ^ En 1666, il se joignit à Michel le Basque. Après avoir réuni six bâtiments montés par quatre cents hommes^ ces deux aventuriers pareou*rurent la mer des Antilles et capturèrent un grand nombre de vaisseaux marchands. Ensuite ils se sé^ parèrent^ et l'Olonnais alla tenter un coup de main sur Macaraïbo. Il s'empara de cette ville et passa la garnison au fil de Tépée. Pendant six semaines entières , ses compagnons firent souffrir aux habitants les plus aifreux tourments, pour les forcer à livrer les richesses qu'ils avaient enfouies. Ils emportèrent sur leurs vaisseaux jusqu'aux ornements des églises^ jusqu'aux croix qui surmontaient les clochers '• Puis ib livrèrent la ville aux flammes et retournèrent à la Tortue avec un immense butin. En 1667, roionnais croisait devant Carthagène. Ayant débarqué dans une petite îlepour renouveler ses provisions, il fut surpris par les indigènes qui l'emportèrent dans les bois, le firent rôtir et le mangèrent dans un festin.
Montbars, originaire d'une famille noble du Lan-