‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 171 sur 202 · OexineliD,t.n, p · texte numérisé non relu

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ques esclaves qu'il trouva sur sa route et auxquels il promit la liberté , il pénétra dans Véra-Cruz une heure avant le jour. Laurent de Grafî se hâta d'occuper la citadelle. Elle était munie de douze pièces do canon, qu'il pointa sur la ville. Réveillés parle bruit de l'artillerie^ les Espagnols coururent aux armes ; mais la victoire ne demeura pas longtemps indécise. Comme le nombre des prisonniers surpassait de beaucoup celui des vainqueurs , on les enferma dans la grande église, et Ton entassa devant chaque porte des sacs de poudre, pour faire sauter Tédifîce en cas d'attaque. Dans ce dessein, les flibustiers établirent une traînée aboutissant à ces poudres , et près de chaque porte ils placèrent une sentinelle, avec ordre d'y mettre le feu au moindre signe de révolte de la part des prisonniers enfermés dans l'église. Devenus maîtres de la plus belle et de la plus opulente cité de l'Amérique, ils emportèrent sur leurs vaisseaux tout ce qu'ils trouvèrent de plus précieux dans les maisons. Le butin fut estimé à plus de six millions de livres. Craignant ensuite que les milices des environs ne se portassent sur la ville, ils proposèrent aux prisonniers de payer une somme de deux millions de piastres pour leur rançon. Elle leur fut comptée sur-le-champ , et les flibustiers ren. 20

mirent à la voile pour la Jamaïque où ils partagèrent le butina

L'année suivante^ Grandmont entreprit une nouvelle expédition contre Carthagène. A la tête de neuf cents aventuriers, il pénétra dans les faubourgs de cette ville, les livra au pillage et rançonna les habitants. En 1685, il repartit de la Tortue avec douze cents flibustiers, prit terre à Champeton et marcha sur Campêche. Après un combat sanglant, il resta maître de la ville et de la forteresse qui la dominait. Deux flibustiers étaient tombés entre les mains des Espagnols ; Grandmont les réclama et ofl'rit de livrer en échange tous ses prisonniers, avec menace de brûler la ville en cas de refus. Le gouverneur répondit que les deux flibustiers seraient pendus. Grandmont indigné prit Fofficier par la main et le promena de rue en rue, faisant mettre le feu partout. Arrivé à la forteresse, il la fit sauter sous ses yeux; puis, se retournant d'un air calme : « Allez, dit-il, apprendre au gouverneur comment je tiens mes promesses , et aver^ tissez-le que si demain il ne m'a pas rendu mes deux compagnons, je lui renverrai, moi, six cents Espagnols étranglés. » Les prisonniers furent rendus.

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