‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 193 sur 202 · Jovellanos, Coleccion de variât obras, t. I, p · texte numérisé non relu

Jovellanos, Coleccion de variât obras, t. I, p

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bons encouragèrent les plantations d'arbres qui rendirent un peu de fertilité à ces contrées nues et arides. La main-morte des terres du clergé, les majorats de la noblesse et les privilèges de la Mesta, étaient les principaux obstacles qui s'opposaient aux progrès de l'agriculture. Il était difficile de déraciner entièrement ces abus consacrés par le temps , sans violer le droit de propriété. Ferdinand VI et Charles III essayèrent du moins de préparer les voies à leurs successeurs. En 1765, le comte de Campomanès composa son traité célèbre contre la mainmorte ecclésiastique et civile ^ Charles III l'engagea lui-même à poursuivre la tâche qu'il avait entreprise y il le protégea contre le saint-office et le maintint dans le conseil de Castille , malgré la haine de ses ennemis. Un second mémoire de Campomanès sur les privilèges de la Mesta répandit une défaveur marquée sur cette association de pasteurs, dont le monopole ôtait aux propriétés territoriales la plus indispensable de leurs prérogatives. Charles III aplanit ainsi les difficultés aux princes qui régnèrent après lui et marchèrent sur ses traces. En 1788 , Charles IV permit d'enclore les jardins , les vignes et les

1 . Lu Regalia de la AmortizoeUm (le droit de la couronne de disposer dea biens de main-morte).

terres destinées à être plantées d'arbres *. En 1789, il défendit de créer de nouveaux majorats^. Â toutes ces mesures qui exercèrent l'influence la plus salutaire sur Tagriculture, il faut ajouter les traités conclus avec les beys d'Alger , de Tunis et de Tripoli. Plus de trois cents lieues du territoire le plus fertile de l'Andalousie et des provinces de Murcie et de Valence étaient d^uis longtemps abandonnées à cause de la terreur qu'inspiraient les pirates. Elles se repeuplèrent et se couvrirent d'abondantes moissons, aussitôt que les Barbaresques cessèrent de les infester '.

Grârce au gouvernement éclairé des Bourbons, l'industrie se releva de ses ruines. A peine la guerre de la succession fut-elle terminée, que les ministres de Philippe Y établirent dans presque toutes les provinces des fabriques nouvelles : Albéroni dota le premier TEspagne d'une manufacture de cristaux. Il fit construire aux frais de l'État un vaste édifice, destiné à recevoir des imprimeries. Sous ses prédécesseurs, Anvers et Aix-la-Chapelle fournissaient à l'Espagne la plupart des ouvrages et jusqu'aux livres

1 . JoTellanoSy/fi/bffiM de la Sœiedadeconomiea de Madrid, p. 37. 3. Sempere y Cuarinos, de loe vinculoi y Mayora$gos, p. 38d. 3. Voyex le compte rendu da comte de Florida Btonca.

de piété. 11 établit à Guadalajara use manufacture de draps, à laquelle il donna un tel développement^ qu'au bout de peu d'années elle occupait vingt-quatre mille ouvriers. Il créa dans la même ville une fa« brique de toiles fines à Tinstar de celles de Hollande, si recherchées en Espagne. Un grand nombre de fa* milles hollandaises répondirent à son appel et vinrent s'établir à Guadalajara. Les matériaux et les ustensiles les plus indispensables furent achetés en Angleterre. Aussitôt que la première de ces deux fabriques présenta quelques garanties de durée, Philippe V ordonna qu'à l'avenir les troupes ne seraient plus habillées qu'avec des draps con* fectionnés en Espagne ^ Grâce au décret, daté du 20 octobre 1719, le royaume conserva des sommes immenses qui passaient naguère à Tétranger. Phi* lippe y établit encore aux portes de Madrid une manufacture de tapis pour les résidences royales. Il accorda sa protection à un grand nombre de fabricants, qui fondèrent à Madrid des manufactures de glaces, de tissus et de diverses étoffes imitées de celles de France*. Il fit venir d'habiles ouvriers des pays étrangers où l'industrie était plus avancée qu'en Espagne.

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