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d'Espagne. Mais, outre ces droits qui ne pouvaient être invoqués qu'à la mort de Charles II , il pré-> tendait qu'elle lui en avait apporté dont l'ouverture ne dépendait que de la mort de Philippe IV. Un secrétaire de Turenne, nommé Duhan, avait découvert qu'il existait dans le Brabant une coutume connue sous le nom de droit de dévolution. D'après cette coutume, qui était suivie dans quelques provinces des Pays-Bas, les biens patrimoniaux appartenaient aux enfants du premier lit , sans égard à ceux qui pouvaient naître d'un second mariage; la succession était dévolue aux enfants au moment même où l'époux survivant contractait une nouvelle union; le père remarié ne restait qu'usufruitier de rhéritage dont ses enfants devenaient propriétaires, quoiqu'ils n'entrassent en possession qu'après sa mort. Louis XIY transporta dans l'ordre politique cette coutume appliquée jusqu'alors aux seules affaires civiles. Il soutint que Marie-Thérèse, issue du premier mariage de Philippe lY, excluait son frère Charles, né. d'un second mariage, de l'héritage des provinces de la Flandre qui reconnais* saient le droit de dévolution.
L'Espagne était hors d'état de défendre ces possessions lointaines. Elle n'avait ni vaisseaux, ni ar-
mées, ni argent. Au rapport de Gourville, les troupes qu'elle entretenait en Flandre ne vivaient, pour ainsi dire, que d'aumônes. « Les soldats allaient, dit-il , par petites bandes , demandant la charité à ceux qui passaient dans les grands chemins , et les abbayes des environs où ils étaient en nourrissaient une bonne partie ^ » Le marquis de Castel-Rodrigo, envoyé pour gouverner cette province , avait trouvé les places fortes sans défense, les troupes peu nombreuses et désorganisées , les habitants désaCfectionnés et déjà Français de cœur comme ils Tétaient de langage. Il défendit au peuple de porter le costume et de suivre les usages de France ^. Il rétablit la discipline dans l'armée et ordonna de grands travaux de défense à Charleroi. En même temps, il demandait à Tempereur un secours de six mille hommes. Mais Louis XIY s'était ménagé l'appui de quelques membres du corps germanique, dont les troupes impériales devaient traverser le territoire. C'étaient les électeurs de Cologne et de Mayence, le duc de Neubourg et l'évêque de Munster. Ces quatre princes s'engagèrent à tenir sur pied des forces suf-
1 . Mémoires de Gourville, p. 379, t. LU, 2« série. Collection Petitot.