‹ L'Espagne en 1850; tableau de ses progres les plus récentsChapitre 36 sur 45 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

L'Espagne n'a jamais été un pays manufacturier, et, si nous ne nous trompons, elle n'aspire pas à le devenir. Il lui suffit de prospérer par son agriculture, qui n'a sans doute pas encore atteint son plus haut degré de développement, mais qui cherche maintenant à se perfectionner. Se bornant à sa spécialité, elle abandonne à d'autres pays la carrière manufacturière. Il est heureux qu'il en soit ainsi. La division du travail est un principe qui ne s applique pas seulement à l'industrie individuelle, mais aussi à celle des nations. La civilisation, certes, en souffrirait, et tout progrès s'arrêterait, si chaque peuple pouvait complètement se suffire, s'il s'enfermait dans ses fron tières comme la Chine, s'il ne voulait communiquer avec

les autres pour échanger les produits et en même

temps les idées.

Mais, s'il est utile que les diverses nations aient un motif de rapprochement par la nécessité de suppléer par l'abondance de l'une à la disette de l'autre, il ne faut pas en conclure qu'un pays doive être, pour un produit important, complètement à la merci de ses voisins. Il est certaines industries indispensables qui peuvent être naturalisées partout, et que les gouvernements ont la sagesse d'encourager. D'autres servent à satisfaire des besoins immédiats, et exigent la pfésence d'artisans exercés. Nous allons examiner jusqu'à quel poiat l'Espagne se trouve dans ces conditions.

Voici d'abord l'état des principales industries en 1799.

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