CONCLUSION
Ce qui ressort le plus clairement des faits que nous avons présentés au lecteur, c'est que l'Espagne est entrée dans la voie du progrès, ou plutôt qu'elle y marche d'un pas plus rapide qu'autrefois. On ne saurait rien dire de plus favorable d'un pays quelconque, car, fût-il plus avancé encore, il lui resterait toujours à atteindre un degré plus élevé sur l'échelle de la perfection.
Débarrassé d'un fardeau depuis qu'elle a perdu l'Amérique du Sud, conservant néanmoins encore assez de colonies pour alimenter une partie de son commerce, l'Espagne est rentrée en elle-même et trouve sur son propre territoire des richesses moins illusoires que celles qu'elle allait chercher au delà des mers. Ni l'or du Pérou, ni l'argent du Mexique ne forment des trésors aussi durables ou aussi bien distribués que ceux qui résultent du travail national. Que l'Espagne continue de soigner son agriculture, de développer son industrie, de réformer les abos de son administration, de répandre l'instruction dans ses villes et ses campagnes, et surtout qu'elle soit assez heureuse pour avoir toujours un gouvernement inspiré pour le bien public, et elle retrouvera les splendeurs d'autres temps, et elle jettera de nouveau un éclat pareil à celui que son histoire a déjà enregistré.