‹ L'Espagne et Napoléon (volume 4)Chapitre 28 sur 51 · LETTRE DE DUROG A TALLEYRAND · texte numérisé non relu

LETTRE DE DUROG A TALLEYRAND

La lettre de Talleyrand du 13 mai fait allusion à une lettre du grand maréchal datée du 8. Nous avons eu la bonne fortune de retrouver l'original de cette dernière dans les archives du château de Broglie, que le feu duc de Broglie avait bien voulu mettre à notre disposition. Elle donne la note des pensées de l'entourage intime de l'Empereur et de ses confiantes illusions :

it Rayonne, 8 mai 1808.

« Monseigneur,

« Toutes les affaires avec l'Espagne sont arrangées...

« La résidence des Infants Ferdinand et don Carlos n'étant pas encore déterminée, S. M. ayant jugé qu'ils ne peuvent pas continuer à rester à Bayonne, désire les envoyer passer quelque temps à Valençay. Quoique S. M. doive vous en écrire, elle m'a chargé de vous en prévenir pour que V. Altesse donne les ordrbs afin qu'il y ait quelqu'un pour leur en faire les honneurs et quelques domestiques pour les servir.

(( 11 y a une cinquantaine de personnes, maîtres et domestiques. Je ne puis pas vous dire le nombre des uns et des autres, car cela est bien difficile à distinguer par la quantité de classes qu'ils ont parmi eux. Les princes son{ fort mal outillés pour l'argenterie et la cuisine, étant venus ici à peu près sans bagages.

(i J'ignore si l'infant don Antonio, qui nous est arrivé hier, les suivra; il est parti un peu impromptu de Madrid et n'a que trois ou quatre personnes avec lui. La reine d'Etrurie et sa famille, l'infant don Francisque et le prince de la Paix suivront le roi.

« L'échauffourée de Madrid y a produit beaucoup de bien. Tout cela ira mieux lorsque la famille sera éloignée et l'on perdra tout espoir. Les actes et proclamations du père et du fils produiront aussi du bien.

« Isquierdo est arrivé, mais lorsque tout était fini. Il ne s'est pas tenu pour battu, et comme son plus grand bonheur est d'être dans les affaires, il a voulu embarrasser ce qui était fait et le recommencer. Mais son grand ami lui-même dit qu'il est fou, et on ne l'a pas écouté.

u Vous dire que tout le monde est content, ce serait trop. Le roi, la reine et son parti le sont, les princes indifférents; quelquesuns de leurs officiers mécontents, mais tous ont pris leur parti.

« Vous avez ici un collègue, le duc de Frias, qui a eu bien de la besogne; dans les premiers jours de l'arrivée de Charles IV, il le couchait et il le levait; il en faisait autant à Ferdinand VII, et il ne fait plus rien à présent.

« Je vous renouvelle l'assurance,...

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