‹ L'EspagneChapitre 173 sur 287 · REC LES MOINES ESPAGN OL · texte numérisé non relu

REC LES MOINES ESPAGN OL

cins, Minimes, Bernardins, Hiéron: les et autres. Le pouvoir des nt était meilleures choses leur étaient réservées et chacun se faisé it un devoir de leur cé ancien voyageur se plaint de n’avoir rien trouvé dans 1 y illa précédé par des moines : « Nous y aurions été mieux loger, : sans une tr dec (

prenant le devant, se saisirent de ce qu’il y avoit de meilleur et de plus comm mode FU aù vie:

car en Espagne les religieux sont les maîtres et l’emportent partout où ils se trouvent. »

Les Espagnols, qui ont des proverbes pour tout et pour tous, n’ont pas manqué ne consacrer quelques-uns aux frailes : « Ni bon moine pour ami, ni mauvais pour ennemi ; — Il faut se défier du bœuf par devant, de la mule par derrière, et du moine de tous les côtés. » Empruntons encore ce curieux quatrain à la Phëlosophia vulgar, recueil de proverbes imprimé au seizième siècle :

De los vivos mucho diezmo, De los muertos mucha oblada,

En buen año buena renta, Y en mal año doblada,

« Des vivants, bonne dime ; — Des morts, bonne offrande ; — Dans une bonne année, bonne rente, — Et dans une mauvaise année, doublée. »

Saint-Simon ne les ménage pas: «Je ne vis jamais, dit-il, moines si gros, si grands, si grossiers, si rogues. L'orgueil leur sortoit par les yeux et de toute leur contenance. La présence de Leurs Majestés ne l’affoiblissoit point, même en leur parlant... Ce qui me surprit, à n’en pas croire mes yeux la première fois que je le vis, fut l’arrogance et l’effronterie jusqu’à la brutalité avec laquelle ces maîtres moines poussoient leurs coudes dans le nez de ces dames, et dans celui de la Camarera mavor comme des autres, qui toutes, à ce signal, leur faisoient une profonde révérence, baisoient humblement leurs manches, redoubloient après leurs révérences, sans que le moine branlât le moins du monde, qui rarement après leur disoit quelque mot d'un air audacieux, et sans marquer la civilité la plus légère ; à quoi, lorsque cela arrivoit, ces dames répondoient le plus respectueusement du monde, à leur ton et à toute leur contenance. »

Le fraile espagnol, que Zurbaran, Murillo, Goya se sont plu à pemdre, est un type entièrement disparu depuis la suppression des couvents. Cette mesure laissa sans pain et sans asile beaucoup d'hommes habitués à l'existence régulière, à la vie tranquille du cloître : ces malheureux, rendus malgré eux à la société qu'ils avaient abandonnée, se trouvèrent pour la plupart sans parents el sans amis ; ils se trouvèrent aussi sans ressources, presque toutes les carrières leur étant fermées, el formèrent un type nouveau qui exista pendant quelques années, et fut connu en Espagne sous le nom d’exclaustrado, — le décloîtré. Aujourd'hui les plus âgés sont morts, et les survivants ont lini par se fondre avec les autres classes ; de sorte que des exclaustrados, comme de tant d'individus frappés par les révolutions, il ne reste plus guère que le souvenir.

Le plus remarquable des anciens couvents de Tolède était celui de San Juan de los Reyes, ainsi nommé parce qu'il fut élevé en 1476 par les roës catholiques pour remercier Dieu d’une vicloire. Saint Jean des Rois, qui appartenait à des moines Franciscains, est aujourd'hni une simple parroquia. L'église est bâtie sur une hauteur, dans une situation magnifique, d'où l’on découvre le cours du Tage, une partie de la vega et la fameuse fabrique d'armes. La façade, avec ses niches et ses dais en ogive, ses écussons et ses rois d'armes, est d’un aspect noble et imposant. D'énormes chaines de fer, aux mailles très-allongées, sont suspendues à la muraille comme des trophées de victoire : ce sont en effet de glorieux souvenirs que les Espaguols rapportèrent de Grenade en 1492, après avoir délivré les prisonniers chrétiens retenus dans les cachots de l'Alhambra. On prétend qu'une partie de ces chaînes furent enlevées, il y à quelque temps, par ordre de l'ayuntamiento, pour orner les bornes d’une promenade publique.

Nous doutons fort que la municipalité de Tolède se soit jamais rendue coupable d’une pareille

profanation, et il est possible que cette tradition n'ait pas plus de fondement DURS a met sur le compte des Français la dévastation et l'incendie de ose des Rois. L nl est ie trop d'édifices, assurément, qui ont souffert pendant la guerre de I MOETRE ; mais jus bien en est-il aussi qui étaient déjà presque entièrement ruinés dès le siècle dernier | C'est sus que l’Aleazar de Tolède, dont on attribue la dévastation aux troupes françaises; fut saccagé, comme nous l'avons montré, dès l’année. 1710, pendant la guerre de Succession. Parfois les

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