CLOUTRE DE SAN JUAN DE LOS REYES, À TOLEDE
se détachent au milieu des rinceaux et des feuillages; l'effet décoratif est complété par des imserip- Uons latines et espagnoles, en beaux caractères gothiques du quinzième siècle, àla louange des rois catholiques. Nous remarquâmes en outre les F et les Y, initiales de Fernando et Ysabe/, qu'on retrouve si fréquemment dans les monuments de cette époque. L'église est peu riche en tableaux elen statues : le sacristain nous fit remarquer, il est vrai, un saint de bois placé à droite de l'autel, lequel saint fut sculpté et peint au naturel par Alonzo Cano ; il ajouta même qu'un /or
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PAR quarts des Conceptions.… | Ab pe 4 Au bas de la hauteur sur Pt est bâtie l'é, e PER s'élevait, du temps des Goths, la basilique de pr fou a, aujourd par la Capilla del Cristo de la Vega. C'est là que se trouve le tombent de ati NS patronne de Tolède, qui souffrit le martyre sous le règne de l'empereur Dacien. se cette basilique qu'eut lieu l'apparition miraculeuse de sainte Léocadie à l'archevêque de
Tolède, saint Ildefonse : « Recesvinthus, roi des Goths, se trouvant à | Tolède avec sa cour et % avec le glorieux archevêque saint Ildefonse, se rendit, le jour de la fête de sainte Léocadie, c dans { l'église où est le tombeau de la patronne de Tolède. Saint lldefonse, en arrivant, s’agenouilla devant le tombeau de la bienheureuse. Pendant qu'il faisait sa prière, tous les assistants virent le tombeau s'ouvrir sans le secours de personne, bien que la pierre qui le recouvrait fût si pesante, que trente hommes robustes n'auraient pu la soulever. On vit la bienheureuse vierge sortir du sépulcre où elle était enfermée depuis trois cents ans, et, étendant le bras, elle posa sa main sur celle de l'archevêque, et lui adressa ces paroles... (Nous passons le discours de sainte Léocadie,
è qui occupe à lui seul une bonne page.) La sainte ayant fini, se disposait à rentrer dans sa tombe, quand le roi pria l’archevêque de ne pas la laisser partir sans lui avoir demandé une relique d’elle. qui servirait de palladium à la ville et rappellerait en même temps le souvenir du miracle. Saint Idefonse eut donc l’idée de couper un morceau du voile qui couvrait la tête de la sainte, ce qu'il fit au moyen d’un couteau que le roi lui prêta ; et il ordonna que les deux objets fussent gardés avec grande vénération dans le sagrario de la cathédrale de cette ville, où on les conserve encore aujourd'hui. » — Tel est le récit que nous lisons dans un curieux livre : /as Grandeças de España.
Chaque promenade dans les rues étroites et enchevêtrées de Tolède réserve au curieux des découvertes et des surprises nouvelles : tantôt c’est une ruine ou une inscription arabe, tantôt un écusson où un fragment de sculpture gothique ; ou bien encore c'est une porte du moyen âge garnie d'énormes clous de fer, et qui ressemble au bouclier de quelque géant des romans de chevalerie. Ces portes étranges, dont les plus beaux spécimens que nous connaïissions se trouvent à Tolède et à Salamanque, sont d'un aspect des plus pittoresques. Les clous qui les garnissent, et dont la disposition offre des combinaisons diverses, ont généralement la forme d’un hémisphère : leur grosseur dépasse ordinairement celle d’une orange, et parfois atteint presque celle de la tête d’un enfant ; ils sont souvent couverts de rainures, d'ornements variés et d’un certain nombre d’autres petits clous dont la tête est à peu près de la grosseur d’une balle et qui ressemblent à autant de verrues. Chaque clou est armé d’une tige de la grosseur du doigt, et dont la longueur varie ordinairement entre quinze et vingt centimètres ; cette tige de fer traverse la porte dans toute son épaisseur, et la partie qui dépasse a été For à coups de marteau, de manière à fixer le clou avec une grande solidité. Malgré cela, depuis le développement qu'a pris le goût des antiquités, les guides de Tolède ont trouvé le moyen d'arracher bon nombre de ces curieux clous: qu'ils offrent aux étrangers moyennant quelques peselas ; aussi, pour peu que leur commerce prospère, les clous de Tolède deviendront un Jour aussi rares que les azulejos de l'Alhambra:
L’Ayuntamiento a été construit, dit-on , d’après les plans du Greco, qui était, comme beaucoup d'artistes de son temps, peintre, sculpteur et architecte. L'édifice n’a rien de bien remarquable en lui-même, mais sur un des murs nous lûmes ces curieux vers de la fin du quinzième siècle :
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« Nobles et judicieux seigneurs — Qui gouvernez Tolède, — Sur ces degrés — Laissez vos passions, — L'avarice, la faiblesse et la crainte; — Pour l'intérêt public — Oubliez vos intérêts particuliers : — Et PR Dieu vous fit les colonnes — De ce splendide palais, — Restez toujours fermes ct droils. »
Cette belle inscription ne mériterait-elle pas d’être placée en lettres d'or à l'entrée de toutes les municipalités ?
Le grand portail de l'ancien Hospital de Santa-Cruz, aujourd'hui le collége militaire, est un joyau de sculpture, dont quelques parties rappellent les merveilles de la Chartreuse de Pavie. Les élégants plafonds de style moresque, les patios, les escaliers et les galeries aux riches sculptures font de cet édifice une des merveilles de Tolède. N'oublions pas la puerta de Visagra, une des portes les plus pittoresques de la ville ; une inscription latine placée au sommet de la voûte nous apprit qu'elle fut bâtie en 1550 par ordre de Charles-Quint : au-dessus de l'entrée sont sculptées dans la pierre les armes d'Espagne, accompagnées d’un aigle gigantesque aux ailes éployées, symbole adopté par la ville de Tolède depuis le treizième siècle. Cette porte, qui tenta le crayon de Doré, est d'un effet superbe ; on l’attribue à Berruguete, et elle n'est pas indigne d'un des plus grands sculpteurs espagnols de la Renaissance.
Sur les hauteurs qui avoisinent la ville, se trouvent les Cigarrales, chantés par Tirso de Molina. Ce nom, qui n'a aucune analogie avec le cigare, est particulier au pays et sert à désigner des Jardins fruitiers accompagnés de maisons de plaisance. Les fruits et les légumes des environs de Tolède jouissent depuis longtemps d’une réputation méritée : Navagiero vante les cardonë, les sanahorias (navets) et les herengenas (aubergines) qu'on y cultivait de son temps. Ce dernier légume était cité par le picaro Guzman de Alfarache, parmi les friandises qui se trouvaient chez son maître, à côté des bergamotes d'Aranjuez, des patates de Malaga, des melons de Grenade, des cédrats de Séville et des limons de Murcie. |
C'est près de Tolède que se trouve la Fuente de Guarrazar, endroit célèbre depuis la découverte de plusieurs couronnes d'or ayant appartenu à des rois visigoths d'Espagne. Ce trésor, un des plus importants qui soient jamais sortis du sein de la terre, fut trouvé en 1858 par un Français, M. Hérouard, ancien garde du corps de Charles X, alors professeur de langue française au Collége militaire de Tolède. Chassant un jour sur les coteaux de Guarrazar, il aperçut un fragment de chaîne d'or qui brillait au soleil ; il fit des fouilles, et ne tarda pas à trouver les splendides couronnes qu'on admire au musée de Cluny, et que leur intérêt historique rend cent fois plus précieuses que la valeur intrinsèque de l'or et des pierres. De nouvelles fouilles, faites au même endroit sous la direction de M. Amador de los Rios, ont fait découvrir depuis d’autres pièces non moins intéressantes, actuellement conservées à l'Armeria de Madrid.
Non loin de la Fuente de Guarrazar, s'élèvent les Montes de Toledo, si célèbres dans Îles annales du brigandage. Comme nous nous acheminions à pied vers la Fébricu de Armas, nous achetâmes un jour à un marchand de chansons de la place du Zocodover une poésie populaire ayant pour titre : Los Bandidos de Toledo, « curieux et nouveau romance, dans lequel est rapportée l’histoire des bandits qui habitaient les montagnes de Tolède, où ils commirent de notables atrocités, avec tous les détails que verra le curieux lecteur. » |