GRAJAL, PRÈS SAHAGUN, PROVINCE DE LÉON
Léon, que de souvenirs dans ce nom ! Il prouve à lui seul l'ancienneté de la ville, car il n'est autre que celui de la septième légion d’Auguste, Legio septima gemina, qui avait placé là son quartier général. Après les Romains vinrent les Goths, puis les Arabes qui, défaits et chassés. reviennent plus tard sous la conduite du célèbre Almanzor et mettent la ville à feu et à sang, Mais ne la gardent pas longtemps. Au dixième siècle, Léon avait déjà eu de nombreux rois ‘avant que la Castille eût des lois. » :
Tuvo veinte y cuatro reyes Ântes que Castilla leyes.
Malgré tous ces souvenirs, Léon n'a rien de l'aspect d’une capitale, et sans quelques Monuments qui témoignent de son ancienne splendeur, ce ne serait qu'un grand village. Parmi ces monuments, il faut placer en première ligne la cathédrale, si célèbre en Espagne pour la
légèreté de sa construction :
Toledo en riqueza, Compostela en fortaleza Y Leon en sutilez«.
Des réparations importantes, commencées depuis quatre ans, défigurent actuellement l'intérieur du monument. Les vitraux, qui datent du treizième siècle, sont de toute beauté. Léon avait autrefois d'habiles sculpteurs, qui poussèrent très-loin l’art de travailler le bois, témoin une jolie porte gothique du cloître attenant à la cathédrale et une de celles de la facade ; mais c’est dans l’ancien couvent de San Marcos que nous avons admiré la merveille du genre. Ce couvent mérite à lui seul le voyage à cause de sa facade et des stalles du chœur.