A MONSIEUR X.E COMTE AX.FRED DE MAUSSION
Madrid , H a\ril j83i.
Le clergé espagnol. — Haine des prêtres pour les moines. — Église de Saint-Isidore. — Dignité du culte. — Attitude du peuple pendant les cérémonies religieuses. — Réprimande d'un sacristain. — Aspect des rues de Madrid. — La porte d'Alcala.
— L'influence de Philippe 11 se ressent partout. — Alarmes du gouvernement , qui devient tyrannique par peur comme les révolutionnaires. — Agent français habillé en mnjo. — On l'arrête à Vittoria. — Fermeté de notre chargé d'atlaires. — Exécution publique du libraire Myard , pendu à Madrid. — Description des cérémonies qui précèdent le supplice. — Accusation. — Recours en grâce. — La pluie rend inutile cette démarche. — L'échafaud. — Sbires en habits religieux. — Attitude du condamné. — Sa figure, son costume. — Danger que court un Français dans la fouie. — Neuvaine de i'àques. Scrupule de conscience des anciens familiers de I inquisition. But primitif de cette institution. — Crime récent des moines du couvent de Saial-bazilc, découvert par un barbier. — Autre
moine criminel. — Arrestations pour délits politiques. — Minuties de la police de Madrid. — Eff> t> contraires des mêmes institutions en Autriche et en Espagne. — Les gouvernements conséquents sont les pires.
LETTRE IX
A MISS BO'WLES.
Madrid, 12 avril l83l.
Musée d'artillerie. • — C'est l'ancien palais du prince de la Paix.
— Politesse des Espagnols. — Leur hospitalité même pour les Français , malgré les préjugés politiques qui régnent en ce moment contre nous. — Union du peuple et du roi. — Civilisation religieuse plus durable que la civilisation purement littéraire.
— Les moines espions. — En France , la gazette remplace le catéchisme. — Pouvoir des libéraux espagnols moins fort qu'on ne le croit chez nous. — Révolutionnaires déguisés en royalistes. — De quoi se compose le parti des novateurs. — Impossibilité de se soustraire aux préoccupations politiques, même quand on voyage pour oublier le temps présent. — Arsenal de Madrid. — Epée de Rolland , du Cid , de François V , etc., etc. — Armures célèbies. — Belle ordonnance de tous les établissemenis royaux en Espagne. — Vue dont on jouit de la terrasse de l'Arsenal. — Aspect du pays. — Constructions romaines. — Réponse des Espagnols à tout ce qu'on leur demande.
LETTRE X
A MISS BO-WIiES.
Madrid, i3 avril i83i.
Le musée de Madrid et l'académie de Saint-Ferdinand. — Le Spasimo de Raphaël. -- Analyse de ce tableau. — Restauration qu'il a subie. — Vénus et Adonis , par le Titien. — DilTérence du style des deux maîtres italiens. — Ecole espagnole. — Murillo. — Rebecca. — Comparaison avec le tableau d'Horace Vernet sur le même sujet ( en note ). — La sainte Elisabeth de Mu-
rillo. — Renvoi à Ja vie du peintre dans 1« lettre à Louis Boulanger , datée de Séville. — Stylo de Raphaël comparé à celui de Murilio. — Expression d'une tHe de vieille. — Caractère parti( ulicr du talent de ce maître. — Injuste préférence accordée à Velasquez par les Espaj^nols. — Caprice de connaisseur.
— Goya, peintre moderne. — Diflerence des Italiens et des Espagnols.— Sentiment de l'art plus généralement développé en Italie. — Les jugements de la foule plus sûrs que ceux des amateurs. — Ce qu'on dépense pour voir les tableaux de Madrid. — La probité des concierges est ce qui coûte le plus cher aux étrangers.
LETTRE XL
A MADAME DE COUaBOKTNE.
Madrid , i/f nvril i83l.
Système des concessions inconnu à l'Espagne. — Là, chaque opinion reste entière.— Ce qu'on gagne à étudier le caractère espagnol.
— Aspect solitaire des rues cl des promenades de Madrid. — Rareté des équipages. — Goût des Espagnols , même des grands, pom- la promenade à pied. — Rencontre du saint-sacrement.
— A quoi elle oblige les personnes qui sont en voiture. — Malheur des cochers qui s'exposent à rencontrer le bon Dieu. — Accident arrivé à la duchesse de "*. — Son cocher est renvoyé.
— Les deux majestés : Dieu et le roi. — L'ambassadeur de Naples et le maître de poste de Somo-Sierra. — L'archevêque de Tolède et le postillon. — Portrait des femmes de Madrid. — Comparaison des Romaines et des Espagnoles. — Caractère particulier de quelques physionomies. — l'ont du Mançanarez.
— La rivière arrosée pendant l'été. — Le couvent d'Atocha. — Privilège des comtes de Malpica.
LETTRE Xn.
A MADAME EMII.E DE CIHABDIKT.
Madrid , ••.3 avril i83i.
Le vieux théâtre espagnol envahi par les traductions du français. — Scribe à Madiid. — La CclesUna , comédie aucieune.
— Dénoûment original. — Jeu des acteurs. — Parallèle des comédiens espagnols et des anglais. — Moyen de faire effet sur la scène. — Danse espagnole, — Différence de la vraie danse nationale et des boléros arrangés pour le théâtre. — La sainete. — Les choses saintes sur le théâtre. — La prière publique au spectacle. — Costume national trop rare. — Les galères pour tout homme qui pénètre dans l'amphithéâtre réservé aux femmes. — Prix d'un journal français à Madrid. — Promenade au Prado. — Voitures de tous les siècles. — Le groom et le postillon. — Le buen retira ancien et moderne. — Le palais du roi. — L'esprit français de trop à Madrid.
LETTRE XIII
A MOUTSIEVR VICTOR HUGO.
Madrid, 17 avril l83i.
Climat de Madrid. — Adage castillan sur la nature pernicieuse de l'air. — La procession du grand bon Dieu. — Fête des mourants.— Foi populaire. — Son résultat moral. — Combat de taureaux. — Description de l'amphithéâtre. — Mouvement de la population de Madrid. — Dénombrement des combattants.
— Leur costume. — Les picadores. — Le matador. — Le roi et le vieux picadore. — Le taureau. — Son entrée. — L'ex- Irême-onction. — La vie humaine considérée du point de vue religieux. — Entrée du matador. — Le coup mortel. — Danger pour l'homme. — Cruauté des spectateurs. — Pourquoi les femmes sont-elles admises dans l'amphithéâtre. — Ce que perd la femme à vouloir être l'égale de l'homme. — Principaux traits du caractère des femmes espagnoles. — Lesplaisirs cruels nuisent à l'amour. — Privilège accordé à l'hôpital. — Passion pour les combats de taureaux. — Dégoût do la reine pour ce plaisir. — Les aigles. — Retour de la foule. — La promenade qui précède le jour du combat. — Les femmes et les picadores d'autrefois.
— Usage abandonné. — Ce qu'il avait de mauvais dure encore.
— Inconséquence d'un vieux picadore ; dureté du roi. — Le matador tué par le taureau. — Une exécution à mort le jour de la fête.
LETTRE XIV