CHAPITRE VIH •ADDITIONMEL. I 7 I
Aitisi Fimpulsion dooAée au comniérce par l’ôrdoxuiance dè 1778 offire les, résultats- les plus avantageux. On, calcule qu’elle augmenta graduellement la somme- totale dés importatidns en Amérique depuis swxante - seize jusqu’à trois cents millions^ et les ^tours depuis soixantedouze jusqu’à. huit cents millions. (*)
Voici d’autres-, données fournies parle même
auteur^ sur le cohukerce avec V Amérique.
lUontant des effets de te comnrerce' apparte- ' Résua.
naqt à l’ëtranger. ,:i3^^33„ai9
‘ ^ à l’Espagne. . ....... ... . . , .'. .*. . . i95,885,36i
Objets étrangers ./ 4a9)983>i85
dIEspàgne . 337,a66,6oi
-* Valeur ’dsi Exportations pourri’ ArAér^ue. -,
Années,
, D'Espagne. De l'étranger.'
... 2 i'I,o 53 , 55 o’ 'i6l;ja2<i,988 ,
(') M. Canga' A.KGUKLLES, Dicciofiario de Haeienda.
CHAf<LG6 III.
Impirtations.. '
Annëesk 1786.;..’.
. 611,675,114 réaux.
S «1 faut jtiger des pirofîts de l’étranger dans le commerce avec l’Amérique par letf calculs 'de 'Page, dànfe son- Éconàinie' des Co/omc^, ils s’élevaient à quarante-quatre millions de 4yiâux sur soixante-seize de capital en 1778. En 1786, lë bénéfice ffit de cent quaranfe.sür un capital de trois cents -millions. „ ■ ‘
Toutes les provinces maritimes de l’Espagne reçurent une impulsion plus du mpins utile par suite de ceMe ordonnance; mais auciine «e monfra une activité pareille à celle de la 'Catalogne, dont l’industrie et la prospérité a[aecrurept • dans 1 ^ même proportion. Des ‘bàtimenS, des maisons de campagne', des établissemens industriels ti'às considérables, attestent aujourd’hui àu vfljyageur tjans- qette’pFüVince leè effets salutaires de l’ordonnance de 1778. ' ’ . ’ - '
‘ ' CH4PITRE Vin' ADDIÏldNSEL. lyS
A' la vue de ce développement rapide de l’industrie et du commerce des Espagnols, on éprouve de vifs regrets de la politique mesquine suivie pendant long-temps à l’égard de l’Améliquc ; ces résultats déposent assez évidemment aussi contre les préjugés vulgaires sur l’indolence, oû plutôt la paresse des Espagnols; ils démontrent ■ que les obstacles de diverse nature, qui s’oppô- • sent à leur prosTCrilé, étant une fois levés, les • haBltans de la Péninsule entreraient avec gloire dans la carrière suivie par les autres peuples industrieux de l’Europe. C’est une erreur de croire que leur. caractère énergique ne se montrerait, pas avec avantage dans les travaux- paisibles deç arLs, s’ils y étaient engagés par la même perspective de bonheur et de prospérité,
il faut rattacher à celte mesure essentielle sur lé commerce d’Amérique, quelques autres me- ; sures importantes adoptées pour les colonies. Le peuple de la liOuisiane eut des concessioiis bien plus avantageuses, qu’il n’était pas fondé à attendre des premières mesures prises par le gouvernement espagbol. Les' deux Florides partagèrent les mêmes faveurs, et.l’ile^de la Trinité fut presque peuplée de nouveau par l’effet des ^npoùragemens accordés aux colons et aux planteurs.
Dans le Mexique, une nouvelle énergie fut. donnée ' à l’industrie par l’introduction de la planté* du tirbac, ét par lacultùre du bledefdela canne'à
Oigilizt-- -, Got ïglc
'174 ' CHARLES WII. , ■ .
sucre. A Buenos- Ayres, nous trouvons parmi 1 les importations de cette colonie en Espagne, en 1786, du bled et de la morue'salée, deux branches de commeree extérieur que le gouvernement espagnol avait toujours regardées avec une jalousie particulière, puisqu’il s’était vu long-temps, sous ce rapport, dans une dépendance humiliante de l’industrie de l’étranger. *' • j ,;• *
• Le revenu des colonies s’accrut aussi par'suite ' des a^éborations 'que le progrès des lumières introduisit dans l’exploitation des mines. Jusquelà , la quantité de vif-argent , si nécessaire pour découvrir et séparer les métaux précieux, nq sulHsait pas pour les demandes : les raines, en couséquence , n’étaient pas convenablement exploitées. Le gouvernement espagnol se .vit dans la nécessité de donner tou^e son attention à cet objet. Il engagea Bowles, savant anglais qui s’était établi en. Espagne, à exanïïner les mines de la Péninsule exploitées autrefois par les Romains et. les Maures; il l’invita surtout à exposer les moyens convenables pour exploiter la célèbre mine de cinabre de l’Àlmadeii. Par la découverte que Bowles fit de quelques procédés nôuveaux, . le produit de dette mine fut presque doublé, et le prix du vif-argent diminua de moitié. Un accident ayant momentanément suspendu les opéra»
lions, un marché fut ïonclù avec le gouvernement autrichien', et l’on se procura ainsi 'la
CHAPITHE VIII ADDITIONNEL. 'l ■yS
quantité dont on avait besoin, moyennantiine petite augmentation. • / : •. r
^En vertu de ces mesures judicieuses,', le pro-* duit des mines espagnoles, dans le Nou^^im-> Monde, augmenta dans la même proporti<m que les autres sOui“ces de la richesse nationale. t,e savant M. le baron de Humboldt, qu’on aîinê àcite'ïf a donné un tableau comparatif de cette augmen-' tation; sans Compter la quantité de métaux précieux exportés par contrebande, il récite que de 1750 à 1785 (trente-cinq ans) (•), elle fut près-, que doublée, et*qûe depuis lors raugmentàtiOn'’‘a continué d’être très considérable jusqu’^aiMc'der- * niers temps. (’) ^ , ' ' •' -
(’) On évaluait la contrebande que les,Anglais seuls fai-, saient chaque année en Amérique, après la paix de 1763, à 20 millions de piastres fortes. •
(*“) La progression des produits des mines est démontrée par le tableau oi-après :
Années 1 700 5 million^.de piastres. ' ’
M. Çanga Arguelles rapporte les divers calcula des éco-, nomistcs espagnols ou étranger^ , sur les métaux précieux qui fini été importés er? Espagne , depuis la découverte de l’Amérique : ils nous paraissent de nature àmériter quelque Attention. . . ■ ' -
t/sterw pense que, depuis 1492 jusqu’en i?a4, on a
. Paripi les mesurés ibvorabIes.au commerce avec l’Amérique, adoptées par le gouvernement de Charles -lü, on ne doit pas oublier le décret royal qui .levait la restriction odieuse et vexa-<
introduit dans la Péninsule. . . , . . 3 , 536 , 000,000 piastres.
,^lorzanô,dfi 1493 à' 1638 i,Soo, 000^000
Moncada , de 149s à i 505 3,000,000,000
Navarrète, dé i5i0â 1667. . .... 1,53^6, 000, o'oo
Raytial, de 1 493 à' 1 776 5 , 1 54,000,000
Robertson, dé i 4 g 3 à I777 ...... 8,800,000,000
iVeo^er, dé 1763 à*i777 3 o 4 , 000,000
Gèrioux, de 1724 à 1780 i,6po,ooo,ooo
L’auteur des Recherches sur le ^
Commerce^ de >1492 & 1775..’. 5,072,000,000
' Bumbolfit, de 1492 à 1 enregistrés. . 4 ,o 35 ,i 56 ,ôoo ( 8 o 3 . . . .V. .... ) contrebande 8 1 6,000,000
• ' ■ Total....'. 4 , 83 i,t 56 ,ooo
Apirès avoir rapporté ce« calculé, M. Canga Arguelles en fonpc lui-'méine d'autres, fondés sur les données qu’il a été à même de se proiçarér! < ,
0 Un ancien éconouHste espagnol , dit-il , affîrme'que, dans
les cent vingt ans écoulés depuis la décpuverte de l’Amérique
' jusqu Vn 1 6^1 9 , il fut , introduit dans la Péninsule pour la
valeur de 22,000,000 réaux. »
1 «'Gancelada * dans son Opuscule stir le libre Commerce,
ajoute que, depuis i6;»o jnsqn’ei^ 180^, on y introdui--
sit; . i5,34o,ooo,ooo*réaiyt.
< Dépuis i8p8 à 1814. • . ' 600,000,000 »
CHAPITEE -VJU ’ADDITIONSeL. ’
toire , îoiposée par les rois ses predëeesseurs'aux eWngers faisant le commerce avec les Indes ,' dë s etaHir à vingt lieues des côtes de la Péninsule.
Çi-£ontre. , i5,g4o>ooo,ooo réauX.
Calculant ■ les' espèces destinées . . ' . '
pour des pacticuliers sur la basede sept fois autant que la somme des— '
tinée an gouTernement , , 1 e total
serait , . . , ’ •. , ■“ • , '
Wpuis i 6 ao jusqu’en 1814 ... ’i i r,58o,ooo,ooo •' '• '
Sommes importées depuis 1814 ô
Année i8'i4» 4*539^375 piastres, j 1816,- 100,000 >
En ne portant les capitaux arrivés du PéroU-et d'antres parties des Indes espagrfoles qu'à uri dixième de ceux fournis par la Nouvelle-- Espagne, on doit les estimer. . . . .
Id., par contrebande. . ...
a 8 ; 8 ' 92 ,ooo,ooo .
85o,oot)jooo
Total i52,4o4,«3g,4ÿo réaux.