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CHAPITRE II

DOCTRINES ANTHROPOLOGIQUES GÉNÉRALES ; MONOGÉNISME ET POLYGÉNISME.

I. — La place qui revient à l'homme dans le cadre général de l'univers une fois déterminée, la première question qui se présente est celle-ci : existe-t-il une ou plusieurs espèces humaines?

On sait que cette question partage les anthropologistes 'en deux camps. Les polygénistes regardent comme fondamentales les différences de taille, de traits, de coloration, etc., qui distinguent les habitants de diverses contrées du globe ; les monogénistes ne voient dans ces diflerences que le résultat de conditions accidentelles ayant modifié en sens divers un type primitif. Pour les premiers il existe plusieurs espèces humaines parfaitement indépendantes les unes des autres ; pour les seconds il n'y a quune seule espèce d'hommes, présentant aujourd'hui plusieurs races^ toutes dérivées d'un tronc commun.

Pour peu que l'on soit familier avec le langage de la zoologie, de la botanique ou de leurs applications, il est facile de voir qu'il j a là une question toute scientifique et toute du ressort des sciences naturelles. Malheureusement on est loin d'être resté toujours sur ce terrain.

Un dogme, appuyé sur l'autorité d'un livre que respectent presque également les chrétiens, les juifs et les musulmans, a longtemps reporté sans contestation à un seul père, à une seule mère l'origine de tous les hommes. Pourtant la première atteinte portée à cette antique croyance s'appuyait sur ce même livré. Dès 1655, La Peyrère, gentilhomme protestant de l'armée de Gondé, prenant à la lettre les deux récits de la création contenus dans la Bible ainsi que diverses particularités de l'histoire d'Adam et du peuple juif, s'efforça de prouver que ce dernier seul descendait d'Adam et d'Eve ; que ceux-ci avaient été précédés par d'autres hommes, lesquels avaient été créés en même temps que les animaux sur tous les points de la terre habitable ; que

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