‹ L'espèce humaineChapitre 73 sur 160 · RACE DE CRO-MAGNON · texte numérisé non relu

RACE DE CRO-MAGNON

I. — En 1858, dans la vallée de la Vézère, près du village des Eyzies, que les recherches de MM. Lartet père et Christy avaient déjà rendu célèbre, des ouvriers retirèrent de l'abri-sous-roche de Gro-Magnon, les ossements de trois hommes, d'une femme et d'un enfant que conservèrent à là. science MM. Berton-Meyron et Delmarès. M. Louis Lartet, chargé d'étudier le gisement, déterniina leur âge géologique ; MM. Broca et Pruner Bey les décrivirent avec toute la précision que l'on pouvait attendre de leur savoir, et les discussions qui s'élevèrent entre ces deux éminents anthropologistes, lirent encore mieux ressortir les faits essentiels. Les ossements de Gro-Magnon devinrent ainsi classiques presque au lendemain de leur découverte et nous ne pouvions mieux faire, M. Hamy et moi, que de grouper autour d'eux les restes humains qui leur ressemblent. De là, vient le nom que nous avons donné à notre seconde race dolichocéphale.

Gomme la précédente, celle-ci a son individu typique qui en exagère à certains égards les caractères et présente ainsi un terme de comparaison extrême. Le contraste n'en est que plus frappant. Entre l'homme de Néanderthal et le grand vieillard de Gro-Magnon le seul trait commun résulte des proportions du crâne. Ici l'indice céphalique 73,76 diffère, comme on voit, fort peu de celui que nous avons eu à signaler. Il descend d'ailleurs jusqu'à 70,05 dans un crâne de la même race trouvé à Solutré ; il est de 70,52 dans le fameux crâne d'Engis. G 'est cette élongation d'avant en arrière qui avait conduit Schmerling à rapprocher de l'Ethiopien plutôt que de l'Européen l'homme fossile qu'il venait de découvrir. De là, est venue au moins en partie la théorie qui faisait du Nègre le point de départ de notre espèce. M. Hamy, en rattachant le crâne d'Engis au type de Gro-Magnon, a ajouté un fait de plus à ceux qui sont en désaccord avec cette doctrine.

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