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CARACTÈRES ANATOMIQUES — CERVEAU

Le système nerveux, dont Cuvier a dit qu'il est Tanimal tout entier, est heureusement celui sur lequel nous possédons peutêtre le plus de notions comparatives. Tout d'abord nous rencontrons un fait général signalé par Sœmmering, et que les magnifiques préparations de Jacquart, exposées dans les galeries du Muséum, mettent hors de doute. Relativement au Blanc, le Nègre présente une prédominance marquée des expansions nerveuses périphériques. Les troncs sont chez lui plus gros, les filets plus nombreux, ou peut-être seulement plus faciles à isoler et à conserver par suite de leur volume même. En revanche, les centres cérébraux, ou au moins le cerveau paraissent être inférieurs en développement.

En effet, malgré ce qu'ont dit à ce sujet Blumenbach et Tiedmann, le cerveau du Nègre est en moyenne moins volumineux que celui du Blanc. Ce fait, il est vrai, résulte surtout des inductions tirées du jaugeage des crânes. Mais les estimations faites d'après le poids, confirment ce résultat.

■ Sept cerveaux de Nègres, pesés par M. Broca, donnent une moyenne de 1316'^ En réunissant les diverses pesées faites en Europe, je ne trouve pourtant pour moyenne, que 1248ir% c'està-dire presque exactement la moyenne de la femme blanche. Le e)ids moyen des cerveaux européens adultes est de IIOSk^SS. ais dans l'une et dans l'autre race, les oscillations individuelles sont portées fort loin. Un des cerveaux de Noir étudiés par M. Broca, pesait 1500 grammes; Mascagni en a eu un de 1587^% on autre de 738 gr. seulement.

En réalité, le Blanc européen a été seul étudié sérieusement au point de vue du développement cérébral évalué par le poids. Le mérite d'avoir fourni les éléments de cette étude appartient incontestablement à Rud. Wagner. Réunissant aux recherches de Tiedmann, Sims, Parchappe, Lélut, Huschke, Bergmann, le résultat bien plus considérable des siennes propres, ce savant avait dressé le tableau de 964 cerveaux, dont le poids avait été obtenu directement après en avoir enlevé les enveloppes ; il les avait échelonnés, en commençant par les plus lourds et finissant par les plus légers. Mais il n'avait pas tenu compte des circonstances d'âge, de sexe, de santé, de maladie, etc. Les résultats auxquels u était arrivé, avaient donc besoin d'être contrôlés et pouvaient être complétés. M. Broca s'est acquitté de cette tâche. Il a extrait de la liste de Wagner une série de 347 cas de cerveaux sains, et c'est sur eux exclusivement qu'ont porté ses études.

De cet ensemble de recherches résultent un certain nombre de propositions générales qu'on peut formuler de la manière suivante :

!• Toutes choses égales d'ailleurs, le poids du cerveau varie proportionnellement ou presque proportionnellement à la taille. D'après Parchappe, deux groupes d'hommes ayant en moyenne 1",74 et 1",63, avaient des cerveaux dont le poids moyen était

de 1330 grammes et 1254 grammes. Dans cet exemple, le rapport diOérentiel 6 7o est exactement le même pour la hauteur du corps et le poids du cerveau. Cette inûuence de la taille Sermet d'interpréter et de comprendre les faits annoncés par [. Sanford Hunt. Des chiffres donnés par cet anatomisie, il résulterait que le cerveau des soldats Anglo-Américains pèse en moyenne de 19 à 14 grammes, ou de 1,33 à 0,99 7o de plus que la moyenne des cerveaux européens déduite des tableaux de Wagner. Mais Técrivain américain ne tient pas compte de la différence des tailles au*il fait pourtant connaître. Or, de ses chiffres mêmes, il résuite que les Américains l'emportent à cet éf^ard de 3,10 7o sur la moyenne des soldats anglais et français. L'accroissement n'est donc qu'apparent et Ton devrait même croire à une diminution relative du cerveau.

^ Toutes choses égales d'ailleurs, le cerveau de la femme est un peu moins pesant que celui de l'homme. M. Broca a montré qu'il en est ainsi à tous les âges de la vie. Mais cette différence me parait tenir à peu près exclusivement à celle de 1» stature du coxps. En prenant la femme pour terme de comparaison, et représentant par 100 sa taille et le poids de son ce^ veau, on trouve pour 1 homme 109,43 et 109, 34. Ce dernier rapport est celui qu'a donné Parchappe. M. Broca a trouvé 109,63. On voit que le rapport des tailles est intermédiaire.

3** La moyenne maximum de l'Européen se montre de l'âge de trente à quarante ans. Elle est alors de 1262 grammes pour la femme et 14i0?'',36 pour l'homme ; soit en centièmes, 100 et 111,7. La moyenne pour la période entière de l'âge mûr, prise de 30 à 50 ans, est de 1405,88 pour l'homme, et de 1261,50 pour la femme.

4» A partir de ce maximum, le poids du cerveau parait diminuer progressivement et d'une manière plus ou moins continue. Du moins les calculs portant sur les périodes décennales, révèlent chez l'homme comme chez la femme, des moyennes qui vont en décroissant. Cette diminution est probablement en relation avec la diminution de la circonférence horizontale du crâne et le développement des sinus frontaux, depuis longtemps signalés par Camper.

5® Chez le Blanc européen, pour qu'un cerveau soit apte à fonctionner, il doit peser au moins 975 grammes pour la femme et 1133 grammes pour l'homme. Ces chiffres résultent de la discussion du tableau de Wagner; mais ils sont trop élevés, à en juger par quelques-uns des chiffres de Hunt. Chez les Boschismans, les Australiens et probablement bien d'autres races, le poids du cerveau peut descendre jusqu'à 907»', sans que le» facultés intellectuelles soient abolies.

Ajoutons que cet organe peut d'ailleurs descendre bien audessous de ce poids sans aue la vie s'arrête et même sans que l'intelligence disparaisse d'une manière absolue comme chez quelques microcéphales. Les plus petits cerveaux que l'on ait

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