‹ L'espèce humaineChapitre 13 sur 160 · NATURE DES YARUTIONS DANS LES RAGES VÉGÉTALES ET ANIMALES · texte numérisé non relu

NATURE DES YARUTIONS DANS LES RAGES VÉGÉTALES ET ANIMALES

APPLICATION A L'hOMMË.

I. — On comprend maintenant ce que si^ifie la question que nous posions plus haut. Il s'agit de savoir si les groupes humams que nous savons être difr<^renciés par des caractères parfois trèsapparents, sont les fractions d'une seule unité, les branches d'un môme arbre, ou bien autant d'unités de valeur différente, autant d'arbres d'essences diverses.

Pour résoudre ce problème, les documents historiques font absolument défaut. D'autre part, le problème étant posé chez l'homme, il faut évidemment en chercher la solution ailleurs.

A qui donc s'adresser pour trouver une réponse sérieuse à cette question qui nous touche de si près? Évidemment aux naturalistes et aux naturalistes seuls. L'espèce et la race ont fait, depuis près de deux siècles, le sujet de leurs études; ils ont recueilli les observations, multiplié les expériences. Dans ces études ils n'ont été dirigés que par l'esprit scientifique ; et, placés en dehors des controverses de toute sorte, ils ont conservé toute leur liberté d'esprit. Les résultats ainsi acquis méritent toute confiance et fournissent des données sûres pour l'application de notre méthode anthropologique.

Tout homme vi'aiment désireux de se faire une opinion sur l'unité ou la multiplicité des espèces humaines, devra donc rechercher chez les plantes comme chez les animaux, quels sont les faits, les phénomènes qui caractérisent la race et l'espèce; puis revenir à l'homme et comparer ce qui existe chez lui à ce que les botanistes, les zoologistes ont trouvé dans les deux autres règnes. Si les faits, les phénomènes qui distinguent les groupes humains sont ceux qui chez les autres êtres organisés et vivants différencient les espèces, il conclura légitimement à la multipÙcité des espèces humaines ; si ces phénomènes et ces faits sont

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caractéristiques de la race dans les deux règnes inférieurs, il devra conclure en faveur de Tunité spécifique.

C'est par cette voie que je suis amvé au monogénisme, et j'ai la certitude qu'elle y conduira de même quiconque la suivra.

U. — L'idée d'espèce, avons-nous vu, repose sur deux notions distinctes, celle de ressemblance et ceUe de ûUatitm, Occuponsnous d'abord de la première. C'est celle à laquelle on s'arrête le plus souvent. Personne n'hésite à regarder comme de même espèces, deux individus entièrement semblables l'un à l'autre ; s'ils montrent, au contraire, des différences un peu accusées et que les renseignements manquent, on hésite ou lx)n se prononce pour la négative.

L'esprit accepte aisément cette dernière conclusion, lorsqu'il s'agit des hommes. Une étude, continuelle quoique inconsciente, a formé notre œil, qui apprécie chez nos semblables les plus déticates nuances dans les traits, dans la douleur de la peau, dans l'aspect de la chevelure, etc. Or, cette délicatesse d'appréciation a ici un grave inconvénient. Elle conduit inévitablement à s'exagérer la valeur des différences existant de groupe à groupe et conduit par cela même à les regarder comme autant d'espèces.

Mais, pour que ce jugement eut une valeur réelle, il faudrait avoir démontré au préalable que les variations d'un groupe humain à l'autre, sont en dehors de celles qu'on a constatées entre des groupes d'animaux et de plantes bien positivement connus pour n'être que des races d'une même espèce.

Or, il n'en est pas ainsi. Pour peu que Ion cherche à se rendre compte de la nature et de l'étendue des variations, on reconnaît bien vite que, dans les races animales et végétales, elles atteignent des limites que ne franchissent jamais, qu'atteignent rarement les différences entre groupes humains.

III. — Je n'ai pas à insister longuement sur les changements morphologiques et anatomiques des végétaux. Il suffit de rappeler combien sont nombreuses et diverses, ces variétés de légumes, de fleurs, d'arbres fruitiers ou d'ornement dont le nombre s'accroît sans cesse. Chez ces derniers, il est vrai, la variété passe assez rarement à l'état de race, La greffe, le marcottage, etc., permettent de les multiplier avec promptitude et sûreté, comme l'acacia sans épines, et les jardiniers ont habituellement recours à ces procédés. Toutefois, môme parmi les arbres fruitiers, un certain nomi)re de ces variétés se sont fixées d'elles-mêmes et se reproduisent par graines. Les pruniers, les pêchers, la vigne, en ofinrent des exemples. Quant aux plantes annuelles, aux légumes en particulier, on ne peut les conserver et les multipfier que de cette façon. Là, nous ne comptons que des races ^ et enacun sait combien elles sont nombreuses et variées. A lui seul, le chou {Rrasstca oleracea) en compte 47 principales, se soos-dîvisant ehacune en un certain nombre de races secondaires, tertiaires, etc. Or il est bien inutile dlosister sur la dis-

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