‹ L'espèce humaineChapitre 81 sur 160 · TYPE LAPONOÏDE · texte numérisé non relu

TYPE LAPONOÏDE

M. Schaaffhausen apportait un exemple de plus à Tappui de cette opinion.

En tenant compte de tous ces faits, nous avons été conduits, M. Hamy et moi, à admettre un type laponoîde auquel se rattachent avec la race de Grenelle un grand nombre de populations échelonnées dans le temps et répandues à peu près dans TEu rope entière. En particulier ce type est représenté presque à Tétat de pureté dans les Alpes du Dauphiné. Une curieuse collection de crânes recueillie par M. Hoël ne peut laisser de doute sur ce point. Nous avons donc confirmé, en la précisant davantage et la reportant plus haut dans le temps, une de ces vues générales comme l'anthropologie en doit tant aux savants Scandinaves.

X. — Ainsi les races de Furfooz et de Grenelle, les dernières venues de l'époque quaternaire, se sont rencontrées pendant les temps glaciaires avec les races dolichocéphales qui les avaient précédées. Sur certains points elles se sont associées à elles; sur d*autres elles ont conservé leur autonomie ; elles ont eu le même sort. Elles aussi ont assisté à la transformation du sol et du climat que nous avons vu porter le trouble dans les sociétés naissantes de la race de Gro-Magnon ; elles aussi ont vu les con^ ditions d'existence se transformer progressivement ; et les conséquences de ces changements ont été pour elles ce que nous ïvons déjà dit.

Un certain nombre de tribus ont marché vers le nord à la «uite du renne et des autres espèces animales qu'elles étaient liabituées à regarder comme nécessaires à leur existence ; elles ont émigré en latitude. D'autres pour le même motif ont émigré en altitude, accompagnant le bouquetin et le chamois dans nos chaînes de montagnes dégagées par la fonte des glaciers. D'autres enfin sont restées en place. Les deux premiers groupes ont pu rester plus longtemps à l'abri des mélanges ethniques. Les tribus composant le troisième se sont promptement trouvées en présence des immigrants brachycéphales et doUchocéphales de la pierre polie et ont été facilement subjuguées, absorbées par eux.

XI. — En arrivant en Europe, les hommes de la pierre polie n'y trouvèrent pas seulement les dernières races dont il vient d'être question. Ils y rencontrèrent toutes les races quaternaires. C'est ce qu'attestent plusieurs des faits déjà indiqués; c'est ce Que prouve à elle seule la magnifique collection de squelettes et de crânes extraits par M. de Baye des grottes sépulcrales de la Hame. A l'exception du type de Ganstadt, tous ceux que nous i^enons de décrire semblent s'être donné rendez-vous dans cette ocalité remarquable. Gelui de la Truchère lui-même y est repréenté par une tête presque aussi caractérisée que celle de la Seille. le fond de cette population néolithique n'en appartient pas moins

un type nouveau venu. Il est presque inutile d*ajouter que, [eilles ou récentes, toutes ces races se sont croisées et que le

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métissage se trahit ici comme d^ordinaire tantôt par la fùsioD, tantôt par la juxtaposition des caractères.

Par mfiltration ou par conquête, de nouvelles races se mêlèrent aux précédentes avant même Tarrivée des premiers Aryans. - Ceux-ci allèrent jusqu'aux extrémités occidentales du continent, laissant au norci et au sud des régions entières où persistèrent leurs prédécesseurs. Puis vinrent les invasions historiques. C'est du mélange de tous ces éléments brassés par la guerre, fusionnés par les habitudes de la paix, que sont sorties nos populations europénnes.

XII. — L'homme a été le seul agent essentiel des nouveaux groupements ethniques. A partir des premiers temps de la pierre polie, la terre et le ciel sont restés les mêmes dans notre monde occidental. L'homme européen a donc pu obéir aux lois de son évolution, fonder, modifier ou détruire ses associations, ses sociétés, traverser les âges du bronze et du fer aussi bien c^ueies^ temps historiques, sans avoir à compter avec les forces invincibles qui arrêtèrent peut-être l'essor des chasseurs de Cro- Magnon.

Jusqu'à quel point le passé anthropologique du reste do monde ressemble-t-il à celui de l'Europe? La science répondra sans doute un jour à cette question, mais nous ne pourrioni aujourd'hui que former des conjectures. Il est plus sage d.e s'abstenir, heureux d'avoir déchiffré, en moins d'un demisiècle, un chapitre à peu près entier de cette histoire paléontologique et préhistoriaue de l'homme dont nos pères ne soupçonnaient même pas l existence.

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