‹ L'espèce humaineChapitre 87 sur 160 · CARACTÈRES EXTÉRIEURS — BARBE, CHEVEUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES EXTÉRIEURS — BARBE, CHEVEUX

ies Todas ne leur cèdent en rien sous ce rapport. Ici les villosités forment chez certains individus une véritable fourrure, surtout aux membres inférieurs.

De toutes les villosités du corps humain, celles qui couvrent la face et le crâne ont à juste titre attiré davantage l'attention . Toutes les races ont des cheveux ; mais il en est un assez grand nombre qui ont été signalées comme étant absolument imberbes, en Asie, en Amérique, en Afrique. Pallas, Humboldt, MM. Brasseur de Bourbourg, Pruner Bey, ont fait justice de ces assertions et montré cjue Vépïlatîon, soigneusement pratiquée, kur a seule donné naissance. Toutes les races humaines sont plus ou moins barbues. Toutefois on constate de grandes différences à cet égard, même chez des races appartenant au même type fondamental. Certains Nègres mélanésiens présentent, sous ce rapport, un contraste frappant avec leurs frères africains.

Lia chevelure est bien plus constante que la barbe au point de vue de la Quantité. Cependant elle paraît être sensiblement plus fournie chez quelques races boréales, qui ont en outre un duvet plus abondant que celui des races des pays tempérés. Il y a là accord complet avec ce qu'on sait des animaux.

Chez certednes races nègres, les Boschismans de TAfrique australe, les Mincopies des îles Andaman, les Papous de la Mélanésie et aussi quelques tribus africaines, les cheveux forment sur la tète des espèces de petits îlots, séparés par des espaces parfaitement glabres. De là résultent ces chevelures en grains de poivre signalées par divers voyageurs. Chez la plupart des Nègres africains, chez les Jaunes et les Blancs, la répartition des cheveux est au contraire uniforme.

On sait combien varie la couleur de la chevelure. Quelques faits généraux se dégagent pourtant au milieu de tous les cas spéciaux. J'ai déjà dit quï)n trouve sporadiquement dans toutes les races des individus à cheveux plus ou moins rouges ou roux. Sauf cette exception, toutes les races colorées ont les cheveux noirs. Les cheveux blonds ont été longtemps regardés comme étant l'apanage d'un petit nombre de groupes aryans. Toutefois, selon M. Pruner Bey, on les rencontre aussi parfois chez les Sémites d'Asie, et l'on sait, à n'en pas douter, qu'ils sont très-fréquents chez les Kabyles. Les faits de même nature que Pierre Martyr, P. Kes, James, etc., ont signalés en Amérique chez les Parions, les Lee-Panis, les Kiavas, etc., s'expliqueront sans doute un jour par des migrations et des croisements. Il me paraît presque évident, par exemple, aue les Scandinaves ont au porter leur chevelure blonde cnez plusieurs tribus du littoral américain, et que les faits signalés par Pierre Martyr sont un des témoignages de leur extension au-delà du golfe du Mexique.

La fbrme de la chevelure prise dans son ensemble a aussi quelque chose de caractéristique. Chacun connaît la prétendue tête Mineuse du Nègre couverte de cheveux très-courts et crépus. La chevelure très-longue et raide des populations jaunes, amé-

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ricaines, etc., contraste avec la précédente d'une manière frap-

Ï>ante. Celle des races blanches, souvent bouclée, tient presque e milieu entre ces deux extrêmes.

Cet aspect général coïncide d'ordinaire avec des différences de structure et de forme générale de la tige. Brown avait déjà montré que ceUe-ci, coupée transversalement, présente une section qui varie de Tellipse allongée chez le Nègre au cercle chez le PeavrRouge^ et que le cheveu de TAnçlo-Saxon constituait un terme moyen. M. Pruner Bey a repris cette étude et fait connaître la forme de la coupe transversale des cheveux dans plusieurs races appartenant aux trois types fondamentaux. Il a montré que TelUpse allongée caractérise les races nègres en général aussi bien que la race hottentote-boschismane ; que ks formes ovalaires sont essentiellement le partage des populations aryanes ; que les formes circulaires plus ou moins régulières caractérisent les races jaunes, américaines, etc., et qu'à cet égard les races blanches allophyles (Basques) paraissent se rapprocher des précédentes.

Brown et Pruner Bey s'accordent d'ailleurs pour témoigner que sur les tètes de métis on trouve un mélange de formes. C'est exactement ce qui se passe souvent dans le croisement du mérinos avec les races de moutons à laine grossière.

Je n'ai parlé jusqu'ici que des caractères fournis par la barbe et la chevelure abandonnées à elles-mêmes. Mais on sait combien l'amour de la parure, cet instinct un des plus caractéristiques de l'homme, s'est ingénié à modifier la nature sur ces deux points. Il est résulté de là des caractères, artificiels sans doute, mais qui ont parfois une valeur très-réelle. Ce côté de la question a été souvent abordé, et M. E. Cortambert en a fait 1 objet d'un travail où il a résumé les recherches de ses prédécesseurs en y joignant les siennes propres.

IX. — Traits du crâne et de la face. — Au point de vue de l'anthropologie descriptive comme au point de vue anatomique, la tète se compose essentiellement de deux régions, le crâne et la face. Le premier recouvert seulement par le cuir chevelu, qui en suit tous les contours, ne présente en réalité que des caractères ostéologiques. La forme générale, les proportions, etc., sont à très-peu de chose près sur l'homme vivant les mêmes <jue sur le squelette. Aussi est-ce en parlant de ce dernier que j'entrerai à ce sujet dans quelques détails. Ici je me bornerai à faire remarquer que l'inégalité d'épaisseur de la peau et des quelques

I)lans musculaires sous-jacents nécessite quelques corrections, orsqu'on veut comparer les mesures prises sur le vivant à celles que fournit la tête osseuse. Par exemple la présence des muscles temporaux augmente d'une manière assez sensible le diamètre trans verse maximum. Par suite le rapport de celui-ci au diamètre antéro-postérieur se trouve élevé. Ce rapport, qui constitue y indice céphalique, est un des caractères dont les anthropologistes ont à se préoccupa* le plus souvent et il était important

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