‹ L'Espérance Chrétienne Le RoyaumeChapitre 1 sur 30 · ET QUI RÉGNERA · texte numérisé non relu

ET QUI RÉGNERA

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Le présent volume forme un tout, bien qu'il constitue la deuxième partie d’un ouvrage sur « l'Espérance chrétienne ». La première était intitulée : Le Ror, celle-ci est intitulée : Le Royaume.

L’Espérance chrétienne, à nos yeux, c’est précisément l'établissement du «Royaume » de Dieu sur la terre transfigurée. On verra plus loin quels changements une pareille doctrine entraïnerait, une fois acceptée, dans les convictions dogmatiques, ecclésiastiques et morales de la chrétienté. Ces modifications nous apparaissent tellement pressantes que nous aurions voulu, dès longtemps, les exposer; et la plume qui à écrit le premier volume devait même, dans notre intention, au lieu du premier, écrire le second.

Mais au moment de dérouler notre théorie du Royaume de Dieu, une remarque préjudicielle nous a, malgré nous, arrêté : « Jésus à parlé de son retour inopiné. Dans quelle mesure une pareille affirmation peut-elle se concilier avec nos vues synthétiques de l'histoire, et notre foi profonde à la pénétration graduelle du monde entier par

l'Esprit de Dieu?» La question ainsi posée, reculer devenait impossible; force nous a été d’enfermer nos matériaux, tous les éléments du présent volume, pour examiner à loisir un problème préliminaire (1). Et de cette étude, consciencieuse malgré ses lacunes flagrantes, est sortie pour nous l’assurance que la notion traditionnelle de la Parousie n’a pas toujours été suffisamment compréhensive.

Nous avons montré que le concept évangélique de la Parousie n’est pas exclusivement «historique, » c'est-à-dire que le retour de Jésus-Christ, au sens plein du mot, n’a pas coïncidé avec la ruine de Jérusalem. — Nous avons montré que le concept évangélique de la Parousie n’est pas exclusivement «dynamique, » c'est-à-dire qu'on ne saurait identifier le retour de Jésus-Christ, au sens propre du terme, avec une série de manifestations divines échelonnées au cours des siècles, par lesquelles notre Seigneur prophétise la victoire de sa cause ici-bas. — Enfin, nous avons montré que le concept évangélique de la Parousie n’est pas exclusivement «eschatologique, » c'est-à-dire que le retour de Jésus-Christ, au sens véritable de l'expression,

(1) Notre premier volume était done un simple travail de déblaiement; nous y laissons de côté, systématiquement, des problèmes qui s’imposeraient dans un traité d'Eschatologie proprement dit; nous n’y formulons aucune opinion personnelle sur la chronologie de l'avenir d’un Daniel ou d’un Jean, dans les deux apocalypses scripluraires:; nous n'abordons même pas de face les questions relatives à la royaulé de Christ: par exemple, on cherchera en vain une véritable élude biblique sur le Messie roi, tel que les prophètes l'ont contemplé. Notre objet était ailleurs.

ne peut être resserré dans la seule et -unique apparition du Messie glorifié, à la fin des temps.

Nous avons beaucoup parlé de la Parousie, mais pourquoi? Pour prouver que les paroles du Seigneur, sur cette question, obligent les spirituahstes à refondre leur notion de l'esprit, et les littéralistes à spiritualiser leur notion du monde. Nous n'avons parlé de la Parousie que dans la mesure où la chose était nécessaire pour démontrer que la vivante complexité de ce concept implique la doctrine biblique du Royaume de Dieu, tel que les prophètes l’entrevoyaient. La Parousie n’est qu'un des moyens dont le Royaume est la fin. Et nous croyons avoir attemt notre but. Nous croyons avoir montré que les enseignements du Christ sur l'avenir de l'humanité ne contredisent point les prémisses plus ou moins évolutionnistes el les aspirations sociales du christianisme réaliste. En terminant notre premier volume, nous avons même pu nous approprier ce beau tableau d'ensemble, emprunté à la Revue du Christianisme social : «Le Royaume de Dieu, cetidéal plus réel que toutes les réalités de ce monde, cette idée qui se réalise à travers les siecles, et, jour après jour, infatigable, conquieré le monde immense qu'est chaque âme, puis les milieux, les institutions, les lois, puis les églises, les peuples el leurs gouvernements, puis la nature matérielle elle-même... Le Royaume de Dieu, c'est une puissance personnelle, une

Pensée vivante, un Amour vainqueur : c'est l'Esprit

saint se soumettant la terre. » Cette vaste synthèse, ajoutions-nous, implique précisément, à tel ou tel moment de la durée, une claire manifestation de celui qui est puissance personnelle, pensée vivante, amour vainqueur, Esprit se soumettant la terre, en un mot Roi du monde, au sens messianique du terme. L'/dée du Royaume, c'est justement celui qui est l’idée de l'humanité et l’idée de la divinité, c’est Jésus-Christ. Et voilà pourquoi nous affirmons que, dans la grande bataille qui se livre, ici-bas, entre la lumière et les ténèbres, le chef de l'Église, par une intervention directe, frappera le dernier coup et donnera le signal du dénouement (1).

Enfin, résumant notre pensée sur la Parousie en quelques thèses, nous disions : 1° La personne vivante du Christ est le point fixe au sein de l’universel écoulement. Étant seul invulnérable au milieu d'un monde qui s'use, le Christ est prédes-

(1) CI se peut qu'un grand cataclysme, correspondant à lattente d'Israël et de l’Église primitive, soit réservé à notre planète. D’après les prévisions des astronomes, un bouleversement cosmique, dans un avenir plus où moins reculé, serait même très probable. » (Ménégoz, Le salut d'après l'enseignement de Jésus-Christ). Renouvier écrit, dans le même sens : « La perpétuité indéfinie de l’ordre acluel des choses est peu compatible avec ce que nous savons des forces capables de bouleverser le coin de l’espace où toute vie à nous connue fleurit, comme une efflorescence du chaos. Un calaclysme fulur est donc vraisemblable, et l'ordre actuel à élé cerlainement précédé d’un calaclysme. Le fond de ma pensée ne sera nullement altéré si, au lieu d’un cataclysme, on doit imaginer plus probablement un changement graduel de milieu et de conditions, Ou, tnieux, une transformation lente des forces cosmiques, évolution qui aboutirait dans tous les cas à la destruction de notre monde vivant. Appelons alors cataclysme l'issue d’un retour progressif de {ous les phénomènes au pur mécanisme prévu par quelques savants, » (Essais IL. Des moyens physiques de l'immortalité),

tiné à régner ici-bas par la seule constance de son immuable vie.

2° Il faut distinguer entre la fin de l’ÆHistoire et la fin du Monde. Avec la fin de l'Histoire, parvenue à son but, nous sommes dans le domaine anthropologique; avec la fin du Monde, arrivé au terme de ses destinées, nous sommes sur le terrain cosmologique. Le problème christologique embrasse l'un et l’autre champ.

3° Vivant, le Messie exercera une royauté; il possédera un Royaume. Ces deux idées sont connexes, sans être identiques, et correspondent respectivement aux deux concepts que nous venons de distinguer. Si le Christ doit exercer un jour une royauté, cette royauté implique sa domination morale sur des volontés librement soumises ; et si le Christ, d'autre part, doit posséder une fois un Royaume, ce Royaume implique l'exercice d’une suzeraineté matérielle sur les puissances physiques dela nature. En d’autres termes, la fin de l'Histoire est liée à l’activité anthropologique du Fils au sein de l'humanité; et la fin du Monde est attachée à l’activité cosmologique du Verbe au sein de l'univers.

4 C’est en Christ que l'Histoire atteindra sa fin; c’est en lui que le Monde parviendra au but; mais c'est par l'intermédiaire d’une crise, la « Parousie » liée à la révélation définitive de ce qu'il est pour l'humanité et la nature ; et c'est vers ce point que convergent toutes les intuitions de la philosophie

religieuse, tous les pressentiments de la science, et toutes les déclarations scripturaires.

En résumé, la Parousie nous intéresse dans la mesure où elle est liée à la révélation du salut messianique, au déploiement de la plénitude rédemptrice de Christ à l'égard de l'humanité et de Ja nature. La Parousie du Roi ne nous intéresse pas en elle-même, mais dans sa relation avec le Royaume. On le voit, notre premier volume débouchait sans effort dans le second, et nous pouvons aborder de plain-pied notre étude sur le Royaume. Nous examinerons, successivement, la doctrine du Royaume de Dieu dans le présent et dans l'avenir. Dans une premiére partie, nous définirons la notion du Royaume telle qu'elle s’imposera toujours davantage à la théologie évangélique; nous montrerons qu'on est encore éloigné, dogmatiquement, de ce but, et nous rechercherons les raisons de cet éloignement. Dans la seconde partie, la plus considérable, nous prouverons que, si l’on est loin du but, néanmoins tout semble y tendre. Dans la troisième partie, nous nous demanderons comment l’on pourrait accélérer le mouvement qui paraît y porter la chrétienté.

Notre but est d'apporter une contribution à la: Théologie pratique ; nos capacités (ou nos incapacités) naturelles nous interdisent de viser à l’érudition; d'ailleurs, les circonstances qui accompagnent l'exercice du ministére actif, en province, nous fermaient l'accès des bibliothèques. Nous

avons, néanmoins, au cours de nos lectures, accumulé beaucoup de documents; nous en citons un certain nombre, à loisir, car la convergence des témoignages nous parait nécessaire pour déterminer dans les esprits cette impression générale d’où sortent, peu à peu, les convictions réfléchies.

La théologie protestante, au XIX° siècle, à été caractérisée par un immense. effort critique dont l'Église à déjà recueilli les bienfaits dans le domaine de la pensée. Mais cet effort critique aura bientôt donné ce qu'il pouvait donner; il a fourni aux chrétiens le sens historique, une Bible renouvelée par la distinction entre le document de Ja révélation et la révélation elle-même, progressive et encore actuelle; le Messie à été rendu à la chrétienté; déjà celle-ci s'émeut à la vision du Rovaume de Dieu. Après l'ère de l'étude, elle va demander l’ère de l’action; aprés le christianisme dogmatisant, le « christianisme social. » Et c’est pourquoi, en essayant de remettre en lumière l’idée du Royaume, nous croyons poser le terrain d'entente entre la libre théologie et l’apostolai le plus ardent.

Nous espérons faire plus encore; non seulement l'idée du Royaume peut mettre la paix dans l'Éolise, mais elle peut préparer un terrain d'entente, et même d'action, entre l'Église unifiée eë l’esprit moderne. Cet esprit moderne, qui se définit suffisamment par une aspiration toujours plus intense vers la justice pratiquée et la solidarité consentie,

est une portion du patrimoine chrétien. Une Église qui travaillerait contre l'esprit moderne, travaillerait contre l'Évangile. Telle est la deuxième conclusion générale qui ressort de notre étude.

Nous écrivons ces pages avec la certitude sereine qu'elles peuvent répondre aux brûlantes préoccupations de la jeunesse qui pense; avec la conviction inébranlable que la doctrine biblique du Royaume de Dieu formera le cadre de la dogmatique et de la morale au XX° siècle, et qu’elle renouvellera l'Église et la Société. Aussi convientil de méditer les majestueuses et lumineuses promesses du Prince de la Vie. Il a « vu Satan tomber du ciel comme un éclair... » Cela suffit; sur notre rétine étonnée demeure l’éblouissement de cette même vision.

(LES CONCLUSIONS : Pars ædificans) @

Introduction. — Notre vrai sujet : Le Royaume. — Pourquoi le premier volume sur la Parousie. — Thèses sur la Parousie, — Plan.

Chapitre I. (Page 23). ExAMEN p3S Textes. — (A) Le Royaume historique. (Royaume des cieux, Royaume de Dieu). — (B) Le Royaume progressif. — (G) Le Royaume futur. (Royaume des

cieux, de Dieu, de Christ, de Dieu et Christ, le Royaume). — (D) Le Royaume amphibologique. (Royaume des cieux, de Dieu, de Christ, de David). — (E) Le Royaume indélerminé. (Royaume des cieux, de Dieu, de Christ, le Royaume). — (F) Le Royaume spirituel.

Chap. IT. (Page 39). Qu'est-ce QUE LE ROYAUME? — Il se forme autour du Roi. — Jésus n’est pas encore le Christ. — Le Royaume n'est ni spirituel, ni ecclésiastique, mais eschatologique. — Le Royaume dans son sujet, son objet, son mode. — Royaume des psalmistes et Royaume des prophètes. — Royaume de la puissance, Royaume de la grâce, Royaume de la gloire. — Royaume des évanvélistes et des apôtres. — La terre nouvelle ou céleste. — L'État a été le chef-d'œuvre du‘paganisme; l’Église, le chef-d'œuvre du christianisme; la Société sera le chef-d'œuvre du messianisme.

Chap. III. (Page 52). LES FAUSSES DÉFINITIONS DU ROYAUME. — (A) Le Royaume purement eschatologique (Ciel, Millénium, État

juif, Progrès, Providence). — (B) Le Royaume purement actuel (Lois de la nature ou de la civilisation, Église, moralité, vie chrétienne, souverain bien, etc.). — Exemples de fausses définitions. —

Métiance universelle à l’égard de l’'Eschatologie. — Le christianisme à fait un faux départ.

(1) Le premier volume contient « les prémisses » (Pars destruens).

Chap. IV. (Page 63). Rrrscu a remis au premier plan la notion du Royaume. — Critiques de Wegener : « Ritschl est l'héritier du rationalisme de Lessing, Wolf, Kant, etc. — Ses précurseurs en théologie : Stäudlin, Tieftrunk, Schott, De Wette, Marheinecke, Theremin. — De la dialectique de Ritschl. — Sa définition du Royaume. — Il s’est attaché à cette idée parce qu’elle offre les éléments d’une formule théologique. » — Wegener a raison d'affirmer que le Royaume ritschlien n’est pas le Royaume biblique. — Il à tort de s'opposer à la téléologie. — Distinction entre les tendances téléologiques ct les préoccupations eschatologiques.

Chap. V. (Page 82). LA NOTION DU DEVENIR, DANS L'ÉVOLUTION-

MSME, a son point d'attache dans le passé. — Évolution et évolutionnisme, fait et hypothèse. — (A) L'évolutionnisme et la science :

Spencer, Payot, Renan. — Parallèle entre les intuitions de « L'avenir de la science » et les tendances caractéristiques du messianisme. — (B) L'évolulionnisme el l'art : Guyau, Tolstoï, etc. — (CG) L'évolutionnisme el lu philosophie sociale : Comte, Desjardins, Izoulet, Kidd, ete. — (D) L'évolulionnisme el la religion : Lyman Abbott, Drummond, Sabatier.

Chap. VI. (Page 116). DÉFINITION DE L’'ANTICHRISTIANISME. — Le christianisme est battu en brèche par l'incrédulité qui le hait, le cléricalisme qui le défigure, le protestantisme qui veut le réformer. — Au sein de la chrétienté évangélique il y a triple crise : dogmatique, éthique, ecclésiastique.

$ 1. LA CRISE DoGMaATIQUE (Page 119), se constate, d’abord, chez ceux qui essayent de croire autrement (Kaftan, Roberts, Reinhardt) ensuite chez ceux qui défendent la croyance traditionnelle : les prédicateurs contemporains, les catéchètes, les dogmaticiens, (Bouvier, Bovon).

$ 2. LA crise ÉrmiquEe (Page 137). — L'idéal de Malebranche et l'idéal de Sully Prud'homme. — La religion n’avant pas réussi à unilier la conduite, on cherche cette unilé par la morale. — La nouvelle anthropologie. — La nouvelle conception du providentiel. — La nouvelle évangélisation.

$ 3. LA crise ECCLÉSIASTIQUE. (Page 147). — S'étend à l’Église universelle. — Confusion entre le christianisme et le cléricalisme. — Éloignement des masses protestantes pour leurs églises (Allemagne, Angleterre, États-Unis). — Enquête sur l’'Évangélisme : témoignages d'Allemagne, de Hollande, de Suisse, de France. — Verdicts de Blumhardt, Stead, Ruskin, Drummond, ete. — L'œuvre de l'Église poursuivie hors des cadres de l'Église.

Chap. VIT. (Page 159). La triple crise de la chrétienté constitue le facteur principal de la réforme qui transformera le christianisme en messianisme. — La doctrine du Royaume peut seule combler les lacunes sionalées dans les trois domaines examinés (Dogme, Morale, Église).

$ 4. Le ROYAUME ET LE Dome. (Page 161). — La doctrine de l'Écriture. Retour au réalisme hébreu. Croire à l’inspiration de la Bible, c’est croire à l'inspiration de l’histoire, et croire à l’inspiration de l’histoire, c’est croire à l'inspiration du Fils de l’homme, centre des âges. — Rothe, Bovon.

Doctrine de Dieu. (Page 166). — Le Dieu de l’hébraisme n’est pas une entité métaphysique dont les attributs, en se multipliant, asoravent la responsabilité devant un monde comme le nôtre. — Ce n’est peut-être pas au début des choses qu'il faut placer la toutepuissance absolue, mais à la fin. — La théodicée évangélique restera sur le terrain du dynamisme, rédempteur ; elle affirmera, comme Jésus, la sainteté du Père et la responsabilité de homme, mais elle ne formulera plus, sur lorigine du mal physique ou moral, des affirmations philosophiques étrangères à l’enseignement du Maître.

Doctrine de l’homme. (Page 172). — Ce n’est pas une théorie de la création qui fournit la vérité sur Phomme, c’est le devoir de collaborer à la consommation de l’œuvre divine. — Le péché, c’est ce qui nuit à l'établissement du Royaume, à l’éclosion de l’humanité. — L’humanité se fait. — Unité essentielle de tous les hommes; chute collective et relèvement collectif.

Doctrine de Christ. (Page 175). — T’affirmation de l'unité substantielle du genre humain est liée à un renouvellement de la

christologie, — Le Fils a toujours constitué en Dieu la prophétie de l'humanité normale, du Royaume. — Extension de la doctrine de l'incarnation. — Le Médiateur réconcilie Phomme avec Dieu, en montrant Dieu à l’homme, et Dieu avec l’homme, en montrant l’homme à Dieu. — Au Calvaire, l’innocent n’est pas mort à la place de l'humanité, mais l'humanité est morte en la personne de l'innocent. — « Christ est mort, bien plus il est ressuscité. » Son supplice est la crise nécessaire et décisive dans l’évolution vicltorieuse de la royauté messianique.

Doctrine du salut. (Page 181). — Sans un rapport de cause à effet entre la foi qui sauve et le salut, la foi dégénère en simple croyance. — Le salut, c’est la vie. — La doctrine ultra-protestante du salut par la foi croyance est l'affirmation que Dieu peut sauver l’homme sans l’homme; la doctrine ultra-catholique du salut par la foi mérite est l'affirmation que l’homme peut se sauver sans Dieu. — La doctrine messianique du salut par la foi au Christ est l’affirmation que l’être humain est sauvé de l’égoïsme et de la mort, dans la mesure où il consent à se laisser « saisir par Christ. » — Qu'est-ce qu'un chrétien? — L’eschatologie ne peut plus être reléguée à la fin du système de la pensée chrétienne. — La vie à venir ne sera pas la vie ailleurs. — Identification du « ciel » avec la Terre nouvelle.

Apologélique. (Page 192). — Celle de l'avenir : moins préoccupée du comment que du pourquoi. — Non l’apologétique de l'évidence, mais celle de l'obligation. — Quitter le terrain de la logique pour celui de la biologie. — Attitude moins négative et plus positive, construire au lieu de réfuter. — Fondée sur l'expérience spirituelle. — La foi est un germe qui veut une atmosphère respirable, celle du messianisme. — Le Fils de l’homme n’est pas venu fonder une religion. — La valeur de l'Évangile se mesure à celle de la

société qu'il suscite. — Les apologètes se sont mis trop tôt à l’œuvre. — Reinhardt.

S2. LE ROYAUME ET LA MORALE. (Page 198). — L’espérance chré-

tienne implique la confiance en la vie. — Pourquoi vivre ? — La transmission de la vie a pour but de perpétuer la forme humaine et la substance du corps de Christ. — La foi est un moyen dont la vie est la fin. — Subordination de la Dogmatique à lEthique. —

Schleiermacher, Kant, Fouillée, Brothier, Secrétan. — L'acte moral est un acquiescement au programme du Messie. — Renouvier. — L’Oraison dominicale. — Synthèse du sacré et du profane. — L'idéal n’est pas de se préparer à la mort. — Transfiguration du malheur et du bonheur. — Lacunes de l’individualisme. — Réduction des dualités (foi, œuvres, etc.). — Primauté de la charité. — La Conciliation par l’activité. — Le Fils de l’homme, incarnation de la conscience. — La morale christocentrique.

$ 3. Le Royaume er L'ÉGuse. (Page 217), — Définitions de l'Église : Jalaguier, Vinet, Matter, Bovon, H. Bois. — Ultra-individualisme. — Unité fondamentale de l’ancienne et de la nouvelle alliance, — L'Église est orientée vers l'avenir par ses liturgies, ses sacrements, ses fêtes. — Elle est un organisme en croissance. — Infidèle au Messie, dès qu’elle cesse de lutter, expressément, pour l’organisation du Royaume de Dieu sur la terre. — Pourquoi les églises évangéliques ont perdu une part de leur influence religieuse, morale, sociale : l’esprit moderne place l’action au-dessus de la théorie, la vie au-dessus de la religion, la fraternité effective audessus de la liberté abstraite. — Cet esprit moderne ést l'esprit du christianisme futur, travaillant la chrétienté pour la ramener à

l'Évangile. — Les messianistes. — Que signifie Jésus-Messie? — L'Église retrouvera l'influence, quand elle retournera à l’Oraison dominicale, la prière du Royaume. — Réveil religieux et réforme

sociale. — L'évangélisation évangélique. — Christianisme social. — Fallot. — Herron. — L'homme d'église et l’homme de Dieu. — Jésus laïque.

Chap. VIIT. (Page 251). LA RÉFORME DU CATÉCHISME. — J. Le Royaume des ténèbres. (10 La société contemporaine, ou la loi de Dieu violée dans le présent. — 20 La crucifixion du Saint, ou la loi de Dieu violée dans le passé. — 30 La chute, ou la loi de Dieu violée dès l’origine). — Méthode inductive. — 11. Le Roi Sauveur. (IL vit, il a souffert, il règnera). — 111. Le Royaume de la lumiere. 1o Le Royaume dans les cœurs. (La souffrance, ou le salut cherché, — la conversion, ou le salut trouvé, — la sainteté, ou le salut possédé, — la mission, ou le salut propagé). — 2° Le Royaume dans le monde. — En quoi ce catéchisme est nouveau : Petit catéchisme

de Luther, Institution de Calvin, catéchisme de Heidelberg, confession de Westminster, Shorter catechism. — Catéchismes contemporains. s

Chap. IX. (Page 273). LA RÉFORME DES ÉTUDES THÉOLOGIQUES. — La doctrine du Royaume ne se laisse pas surajouter à un enseignement dogmatique. — Elle est l’ossature de l'organisme encyclopédique. — Le pasteur évangéliste. — Où en est l'étude des questions sociales dans les Facultés de théologie, en France et à l'étranger ? — Les résultats d’une enquête : Chicago, Boston, Andover, Europe. — On aura beau fonder des chaires de sociologie chrétienne, organiser des colonies universitaires dans les faubourgs, rien ne sera fait si la préparation à l’apostolat ne découle pas, logiquement, des prémisses posées par l’enseignement scientifique. — Négation explicite ou implicite du Royaume. — Le triomphe du Messianisme dans la persée chrétienne assurerait à celle-ci une entière liberté.

Chap. X. (Page 290). Reprenant LA DEVISE DES RÉFORMATEURS, il faut retourner aux Écritures, c’est-à-dire à l’hébraïsme. — Individualisme outré des liturgies, cantiques, versions bibliques. — Qu'est-ce que le biblicisme authentique? — L’Antisémitisme traditionnel (Luther, Léon XII). — Le retour à l’hébraïsme sera un retour à la vraie notion du peuple hébreu, considéré dans son Idée, comme porteur de la pensée messianique. — Sionisme. — Judéochristianisme : Rabinowitsch. — Le christianisme évangélique évolue vers l’hébraïsme. — Renaissance littéraire des intuitions bibliques en psychologie, sociologie, philosophie de l’histoire. — Réaction contre l’hellénisme. — On cessera d’accuser l'esprit hébreu de matérialisme et de particularisme. — Ceux qui essayent de dénationaliser le Messie ont raison, dans la mesure où ils essayent de dégager le Sauveur des entraves du judaïsme. — Le judaïsme proprement dit est un hébraïsme dégénéré. — Retour de la théologie occidentale au réalisme scripturaire. — L'Église s’exprimera, en matière de dogme, avec la sobriété des Écritures. Exemples. — Simplifier la foi au nom de la raison, C’est la tuer : la simplifier au nom de l’Écriture, c’est la vivifier. — Travailler pour l'hébraïsme, ce nest travailler ni pour lorthodoxie, ni pour le rationalisme. — Symptômes encourageants : l’appel au « Jéhovisme. »

Chap. XT. (Page 319). CoxcLustons. — L'espérance chrétienne, c’est l'espérance messianique, celle des prophètes. — Le Royaume, seule justification possible de la Création (encore inachevée), est un idéal à contempler, un programme à réaliser. — C’est ainsi que Jésus à compris l'œuvre des prophètes; il s’est porté champion du vrai messianisme hébreu contre le faux messianisme juif. Il a préconisé lÉvolution sociale ‘inspirée par l'Évangile du Royaume, tandis que les pharisiens prêchaient la Révolution, activée par le fanatisme de la Keligion. — Opposition entre le prophétisme (qui gravite autour de la conscience) et le cléricalisme (qui gravite autour du prêtre). — Le Messie n'ayant pas voulu d’une réforme sociale sans un renouveilement moral, on le tua. — Mais il comprit que son sacrifice jetait les bases de sa royauté, et l'Église eut mis-

sion de poursuivre œuvre commencée. — Le catholicisme : confusion du Royaume avec l'Église. — Les Réformateurs ont partagé

cette erreur : ils sont restés fidèles à l’idéal ecclésiastique de la chrétienté dégénérée, elle-même infidèle à l'idéal messianique. — Celui-ci cherche à se dégager, et après avoir provoqué la crise du Judaïsme et celle du Catholicisme, il provoque celle du Christianisme. — Choisir entre le christianisme traditionnel (catholique ou semi-catholique) et le christianisme du Christ, — L’humanité ne peut fonder {4 terre nouvelle où la Justice habitera, mais la sociélé nouvelle d'où l’on bannira l'injustice. — Le plus court chemin de la terre actuelle (œuvre du péché), à la terre future (œuvre du Libérateur), passe par une société nouvelle (œuvre de l’homme). — Parallèle entre les chrétiens et les socialistes; les uns prêchent un Messie sans messianisme; les autres, un messianisme Sans Messie.

Chap. XIT. (Page 342). LES OBJECTIONS :

A. Votre doctrine est fausse. — B. Injuste envers les anciens. — C. Incomplète : le christianisme social n’est pas tout le christianisme. — D. Dangereuse : &'est du rationalisme, du catholicisme, du judaïsme, du socialisme, du panthéisme. — E. Obscure. — Réponse aux objections.

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