‹ L'espion, drame en cinq actes et en proseChapitre 10 sur 97 · ACTE I. l · texte numérisé non relu

ACTE I. l

ainsi que mon père , que la guerre se termine , afin que nous puissions rejoindre nos amis.

^ HARPEn.

Et vous , miss Francis , désirez-vous la paix aussi ardemment que votre sœur ?

FRANCIS

Bien certainement, et pour beaucoup déraisons; mais je ne la désire pas aux dépens des droits de mes concitoyens.

SARA

Des droits!... Quels droits peuvent être plus forts que ceux d'un souverain ?

FRANCIS

Je ne comprends peut-être pas bien les motifs de la lutte qui s'est engagée -, mais il me paraît contre nature qu'un pays comme le nôtre soit sous la domination d'une contrée aussi éloignée que l'Angleterre.

WHARTOIV.

Francis, je vous en prie...

FRANCIS

Je vous ai dit , monsieur, que ma sœur et moi nous ne sommes pas d'accoi'd dans nos opinions politiques-, mais nous avons un arbitre impartial dans mon père , qui aime les Anglais et les Américains, et qui ne prend parti ni pour les uns ni pour les autres.

WHARTON

C'est la vérité : j'ai des amis bien chers dans les

deux armées, et, de quelque côté que se déclare la victoire , elle peut me coûter bien des larmes.

HENRI

Il n'est pas à craindre qu'elle favorise les Américains.

AVHARTON.

Monsieur, j'en conviens , Sa Majesté britannique peut avoir des troupes plus expérimentées -, mais les Américains ont obtenu de grands succès. — JV'est-ce pas , Francis ?

HENRI

On verra ! D'ailleurs, l'issue de la guerre ne doit pas être éloignée.

HARPER

M. Wharton, je tenais à ne pas refuser votre aimable invitation ; mais j'ai quelques lettres à. écrire, et j'ose demander à ces dames la permission de me retirer.

WHARTON , le reconduisant vers la porte de coté.

Point de façons , monsieur. Nous voudrions vous voir rester le plus long-temps possible... -, mais...

Page 1