‹ L'espion, drame en cinq actes et en proseChapitre 14 sur 97 · ACTE I. ^g · texte numérisé non relu

ACTE I. ^g

je doute que Washington se fût permis un acte contraire aux lois et aux usages de la guerre.

HENTvF.

Les opinions des femmes sont un peu dirige'es par les nôtres , et je trouve en Francis celles du major Dunwodie.

FKAINCIS.

Eh bien ! oui : j'avoue que je dois au major l'idée que je viens d'exprimer.

Vous l'avez donc vu depuis peu de temps, ma chère Francis?

FRANCIS

Oui , mon frère : quand mon père a ét«; arrêté et conduit au quartier-général, c'est le major, c'est votre ancien ami, qui a obtenu de Washington notre liberté.

HENRI

Quoi I vous , Francis , vous avez été aussi dans le camp des rebelles "i*

Oui, monsieur, des rebelles.

Sara.

Et elle en est revenue plus rebelle que jamais.

HENRI

Qu'avez-vous à répondre à cette accusation, Fran-

cis? Dunwodie a-t-il réussi à vous faire détester votre roi plus qu'il ne le déteste lui-même.

FRANCIS

Dunwodie ne déteste personne , mon frère , et je l'ai retrouvé tel que nous l'avions connu. Il n'avait pas, comme vous , prêté serment de fidélité au roi George , et il a pu se jeter dans le parti de l'indépendance-, mais il vous aime toujours, Henri : et vous n'en devez plus douter, car il me l'a dit et redit plus de cent fois.

HENRI

Mon cousin n'aime pas un ingrat, ma chère Francis : je n'ai pas oublié l'ami de ma jeunesse , celui que depuis si long-temps j'appelais déjà mon frère et qui le sera un jour , n'est-ce pas, ma sœur? Quels que soient les drapeaux que nous suivions , le major Dunwodie peut compter sur le capitaine Wharton, et si jamais les hasards de la guerre nous amenaient l'un vis-à-vis de l'autre , je serais heureux de concilier mes devoks avecl'attachement que je lui ai conservé !

Bien..., mon fils! très bien...

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