ACTE I
SARA
Eu vérité ! Sumpter a été battu ! C'est ce qui devait arriver.
HARVEY
C'est du moins ce qu'on raconte à Morrisiana.
"WHARTON
Mais , vous-même , qu'en dites-vous?
Je ne puis que répéter ce que j'entends dire aux autres ; mais , à la plaine Blanche , on conte l'affaire tout différemment , car on y prétend que les troupes régulières ont été repoussées , et qu'elles n'ont chanté victoire que parce que Sumpter a été blessé.
SARA
Il n'est pas probable que les troupes du roi George aient fui devant les rebelles ?
FRANCIS , vivement.
A vez-vous encore de la mousseline semblable à celle que ma sœur vient de choisir ?
HARVEY
Oui, miss, en voici.
HENRI , s'avançant.
Ne sa vez-vous pas d'autres nouvelles , l'ami?
HARVEY
Je sais que le major André a été pendu.
WHARTON , bas à Henri.
De la prudence , je t'en conjure.
HAPvPEfl.
Puisque vous êles si hien iiistrnit, savez- vous s'il est probable que quelque nouveau mouvement des armées rende les routes dangereuses pour vui voyageur ?
HARVET.
Je ne serais pas surpris que les troupes royales de ces environs ne se missent bientôt eu campagne : car, en passant près de leurs quartiers , j'ai vu les soldats de Delancey nettoyer leurs armes , et d'un autre côté on sait que la cavalerie de Virginie est en marche pour avancer vers les bords de l'Hudson.
FRANCIS , (i part.
Quel changement de ton et de manière I
WtlARTON.
Et les troupes royales sonl-elîes en force?
HARVEY
Je ne les ai pas comptées : ce ne sont pas mes allaires. ( Il corde sa balle. ) Mesdames , messieurs , je suis bien votre serviteur.
HAUPER.
Encore un mot : à quelle heure avez-vous donc passé les piquets?
IIARVEY.
A la pointe du jour.
FRANCIS, à pari.
Comme il le regarde.