JO L'ESPION
rayon de lumière, et je remarquai qu'il était produit par la réverbération du soleil , qui frappait sur la fenêtre d'une chaumière placée entre deux pointes de rochers , et si bien cachée que , sans cette circonstance , je ne l'aurais jamais découverte. Un autre objet attira bientôtmon attention: sur une petite plateforme , à peu de distance de la chaumière, il me sembla apercevoir un homme. Je crus d'abord que mon imagination animait une pointe de roche et lui prêtait une figure humaine. Mes doutes ne durèrent pas long-temps, car cet homme se mit en marche, entra dans la chaumière , en sortit encore , répéta plusieurs fois la même manœuvre , et j'ai cru le reconnaître.... Je l'ai reconnu, ma sœiir.... Oui, j'ai vu , j'ai bien vu Harvey Birch lui-même courbé sous le poids de sa balle. Etait-il là pour s'assurer de la position des troupes à Fishkill , et en reconnaître tous les mouvements? în'attendait-il à ce rendez- vous qu'il m'avait donné? Encore une fois, ma sœur, je me rendrai ù la demeure mystérieuse de cet homme ; je nie jetterai à ses pieds , j'implorerai son secours, et je parviendrai, oui, mon cœur me le dit , je parviendrai à sauver mon malheureux frère!
SARA. V
ïu n'iras pas seule, ma sœur-, je t'accompagnerai...
FRANCIS
Non , ma bonne Sara , non ; tu resteras près de