HENRI, FRANCIS, HARPER, HARVEY
FRANCIS
Nous voici.
HARPER
Capitaine , il faut partir.
HENRI
Partir ! Et ma sœur, que sa tendresse pour moi a pu seule amener en ce lieu, comment descendra-telle de ce rocher sans aide , sans appui ?
ii6 l'espion.
FRANCIS
Fuyez , Henri , fuyez -, chaque minute qui s'écoule augmente le danger : ne vous occupez pas de moi.
HARVEY
Allons, capitaine, il faut que nous partions sur-lechamp.
HENRI
Laissez-moi l'accompagner jusqu'au pied de la montagne.
HARVEY
Capitaine Wharton, en route ! Si vous ne tenez pas à la vie, moi j'y tiens, et je ne veux pas la perdre: elle m'est devenue trop précieuse.
HARPER
Il dit vrai, capitaine , il faut partir; je me charge de votre aimable sœur : c'est moi qui la conduirai jusqu'au bas de cette montagne. Soyez sans crainte.
HENRI
Qui donc êtes-vous , vous dont je subis malgré moi l'influence?
HARPER
Vous le saurez un jour, et ce jour peut-être n'est pas éloigné. Nous nous reverrons , capitaine, et j'espère que nous serons amis. Sans adieu. Retournez à New-Yorck : vous laissez parmi nous un ange qui vous protégera. Miss Wharton , si Dieu m'eût accordé une fille, je lui demanderais qu'elle vous ressemblât. Re-
ACTK IV. 117
cevez la bénédiction d'un soldat : demain , j'espère. Dieu nous accordera la sienne.
HARVEY, qui , pendant ce couplet , est allé à la découverte sur la montagne.
Allons , capitaine , en marche.
Ils sortent tous de la cal)ane.
HENRF , s' arrêtant sur le chemin.
Adieu , ma sœur ! Quand te reverrai-je 1
FRANCIS
Adieu , mou cher Henri 1 adieu 1
HAKVEY.
Songez-y bien , miss Francis , il nous iaut deux heures.
Harper et Francis remontent, le chemin fie la montagne ; Henri et Harvey disparaissent par la coulisse à la j'auclie de l'acîeur.