ACTE I
KETiTvi, jeiaiii son manteau.
Je vous crois , monsieur ,je vous crois de toute mon âme. Mais commentse fait-il quevousm'ayez reconnu?
HARPER
Vous avez si bonne grâce sous vos propres traits , capitaine, que je vous engage à ne jamais les cacher. — Quant aux moyens que j'ai eus de vous reconnaître, la crainte que je lis sur la figure de vos sœurs , Tair embarrassé de votre père , ce noble courage même qui brille dans vos yeux et qui se prêtait difficilement à la contrainte , d'autres moyens peut-être encore
HENRI
Il faut que vous soyez bon observateur , monsieur.
HARPER
La nécessite m'a souvent forcé de l'être.
FRANCIS
Vous ne trahirez pas mon frère, monsieur -, il est impossible que vous le trahissiez.
HARPER
Je ne le dois , ne le veux , ni ne le puis.
FRANCIS
Oui , mon cœur aime à le croire , vous en êtes incapable.
Rassurez-vous , I\L Wharton-, imitez votre fille, et ne me croyez pas capable d'une lâcheté. — Le temps
* Harper , Whavton , Francis , Sara, Henri.
3o l'espion.
s'est éclairci. Mes affaires Q^admettent aucun délai... Je peux avancer aujourd'hui de quelques milles; et si vous voulez ordonner qu'on selle mon cheval...
WHARTOIV.
Sans doute, monsieur, sans doute.
HENRI
Williams ! Williams I — Puisque vous savez que je suis ici chez moi....
SARA , à part.
Malgré son air d'honnête homme, je ne suis pas fâché de le voir partir.
HENRI, à TVilliams^ qui entre.
Williams , vite , le cheval de monsieur.
WILLIAMS
Comment 1 mon cher maître. Vous...
HENRI
Oui..., je ne me cache plus. — La pluie a cessé. Il faut espérer que vous n'aurez plus d'orage, monsieur : voyez du côté de l'est , les nuages sont chassés par les vents et semblent s'accumuler comme les masses d'une armée qui vient d'essuyer une défaite. C'est ainsi que sera bientôt celle de Washington.
Mais, de ce côté, le soleil brille dans toute sa splendeur... Il pare les campagnes d'un nouvel éclat. — Quelle scène magnifique I quel grand et sublime spectacle!... Puissent se terminer ainsi les cruels