SCENE IX
DUNWODIE, FRANCIS.
FRANCIS, arrêtant le major.
Il faut que vous m'eutendiez encore une fois I Ecoutez ! je vous ai déjà fait l'aveu de mes sentiments pour vous , et même en ce moment je ne cherche pas à les cacher. Croyez-moi , Henri est innocent-, il n'est coupable que d'imprudence I Mais vous allez l'emmener ! peut-être il sera traduit devant un tribunal militaire, et alors....! Major Dunwodie , quel bien ferait sa mort à la cause que vous défendez ? Il la faut empêcher-, vous le pouvez, vous le devez !... Ne m'interrompez pas ! Je vous ai promis de devenir votre épouse dès que la paix serait rendue à notre malheureux pays ? Eh bien I donnez la liberté à mon frère , et je suis prête à vous suivre à l'autel quand vous le voudrez, aujourd'hui même! Je vous accompagnerai dans votre camp -, épouse d'un soldat^ je braverai les fatigues , les privations , les dangers auxquels le soldat est exposé. Voilà ma main , Dunwodie : répondez !
DUNWODIE , pressant la main de Francis sur son cœur.
Francis , je vous en conjure , ne m'en dites pas
f ACTE II. 57
davantage , si vous ne voulez briser mon cœur.
FRANCIS
Vous refusez donc la main que je vous offre ?
DUNWODIE.
La refuser I Ne l'ai-je pas sollicitée avec instances? n'est-elle pas tout ce que je désire sur la terre? Mais l'accepter à des conditions qui nous déshonoreraient l'un et l'autre !... Grand Dieu î
FRANCIS
Malheureuse que je suis !
DUNWODIE.
Toute espérance n'est pas perdue! Henri ne sera pas condamné ! peut-être ne sera-t-il pas mis en ju<jement I Du moins je n'épar^jnerai ni démarches ni prières pour le sauver; et , je puis vous le dire , je ne suis pas sans crédit auprès de Washington.
FRANCIS
Mais ce fatal laissez-passer, cet abus de confiance, cette trahison dont vous avez parlé , endurciront son cœur. Si les prières pouvaient ébranler son inflexible justice , le major André aurait-il péri ?... Non , mon frère est perdu ! Dunwodie , encore une fois, sauvez-le, sauvez-nous I Faut-il que je me jette à vos pieds?
DUINWODIE.
Que faites-vous , Francis ?