ACTE IV. t
FRANCIS
ftarvey Birch ! c'est lui que j'espérais rencontrer. Je venais lui dire que Henri est condamné à mort , à une mort ignominieuse , qu'il n'y a pas un moment à perdre pour l'arracher à l'échafaud; et je suis partie seule , la nuit , sans guide I Ah ! quel voj^age I Epuisée de fatigue , là-bas , au pied de la montagne , je m'arrête un moment , mes genoux fléchissaient sous moi ; je veux m'appuyer contre une solive élevée sur mon chemin... Jugez de ma terreur I... Cette poutre que je touchais , c'était le gibet dressé pour mon frère !... Ah ! M. Harper , ne l'abandonnez pas !
HARPER
Bonne Francis !
intANCIS.
C'est Dieu qui m'a conduite près de vous I Duawo^ die vous cherche maintenant ; il dit que vous pouvez obtenir la grâce de Henri.
HARPER
Il a dit cela , le major ?
FRANCIS
Oui , c'est en votre protection , en votre protection seule , qu'il espère aujourd'hui.
HARPER
Et le major n'a-t-il rien dit de plus?
Ivieu»
gS l'espion.
HARPER
Miss Wharton, il est inutile de vous cacher que je ne joue pas un des derniers rôles dans la lutte de l'Amérique et de l'Angleterre. — Le major s'est trompé en assurant qu'il m'était possible de procurer ouvertement lagrâceducapitaineWharton. — Washington lui-même ne pourrait l'accorder à un officier anglais déclaré espion par jugement d'un conseil de {guerre , sans mécontenter toute son armée , sans se faire accuser d'inconséquence , après avoir refusé celle du major André.
FRANCIS
Mon frère périra donc ?
HARPER
Calmez -vous : votre frère doit être évadé en ce moment.
FRANCIS
Que dites-vous?
HARPER
Oui , c'est par mes soins que le capitaine Wharton a dû quitter sa prison depuis une heure. — L'homm que j'ai chargé de son évasion est adroit -, il a réussi sans doute : je les attends ici tous deux.
FRANCIS
Henri est sauvé !
Non pas encore ; mais j'espère. — En ce lieu même il ne sera point à l'abri de nouvelles recherches j il