SCENE XII
PAUL
(ILentre par la porte de côté. Il a l'air quelque peu abattu.)
Cette pauvre Laura, on m’aprend qu’elle est sortie. Sans doute que Daniel est allée la promener un peu afin de lui chanver les idées.
Ma situation est bien pénible avec cette pauvre fille; mais enfin je ne lui dois rien. Ce n’est pas ma faute si elle m'aime aussi follement; je n’ai fait aucune démarche pour provoquer cet amour; je ne puis toujours pas être parjure envers ma fiancée seulement pour sauver cette malheureuse du désespoir. Elle va d’ailleurs oublier cet instant de folie et de dépit. Et qui sait; les clartés de l'aurore prochaine se lèveront peut-être sur un nouvel amour! Si au moins elle peut quitter l'Angleterre avant que Marcelle arrive.
(Il regarde vers le meuble où se trouvaient les plans et cer çoit le tiroir vide. Il s'y précipite. IL est glacé de terreur).
Mes plans, mes plans! Où sont-ils? Louis, Louis, mes plans Mais que fait-il donc, cet animal qu’il ne répond pas? Loui: Louis,! Ah j'oubliais que je l'avais envoyé à la ville.
Volés, mes plans ont été volés! Grand Dieu, quelle affreu se journée! que faire? (Il se laisse cheoir sur une chaise).
Ah, imprudent que j'ai été de laisser ces plans a P'tit Louis Mon cas est clair; évidemment on ne me croira pas quand j dirai que mes plans ont été volés. Personne n’a eu le temps d savoir qu’ils étaient en ina possession, et les lois de la guerr ne badinent pas en des cas semblables. La justice martiale est ex
éditive; et l’innocent trop souvent paie de sa tête la faute d'u autre.
Moi, Capitaine Paul de Chantilly, accusé de trahison; mo l'officier de confiance, trainé devant un conseil de guerre; con damné peut-être; puis, demain, à l’aurore, si ce n’est pas avant le peloton d’ex:cution, la fusillade, la mort..... Et quelle mort La plus honteuse, la plus hideuse!
Ah, mourir en face de l'ennemi, alors que l’on sait que s: mort peut-être va procurer la victoire au drapeau que l’on défend que cette mort va faire rejaillir de la gloire sur la patrie et su le nom que l’on porte, cette mort est bien belle et bien douc: Mais mourir des mains de ses propres compagnons d’armes, pa un matin de brume, au coin d’un mur, avec au front le stigma. te de la honte et de l’infamie, ah c’est affreux!
(IT fait une longue pause)
Ma mère, ma pauvre mère. Alors que les premières lueur: de l’aurore viendront demain dorer les cimes des coteaux qui do: minent Sherbrooke, et que vous vous agenouillerez, seion votre habitude, pour prier, c'est pour un mort que vos horaisons s'élèvront vers le ciel. Oui, pour un mort! Et ce fils que vous avez tant aimé, ce fils que vous croyiez si noble, si grand, aura été fusillé pour trahison au drapeau qu’il était chargé de défendre. Ah, ma bonne et tendre mère, pardonnez-moi à l'avance la blessure dont votre coeur ne guérira jamais.
Et toi, mon amie, ma fiancée, toi dont le souvenir fut toujours présent à ma mémoire, toi dont la pensée m'a jusqu'ici empêché de tremper mes lèvres dans la coupe enchanteresse des
sefuj.crr ).
es plans!
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quand je temps de a guerre le est exaute d’un
son; moi, rre; conas avant, lle mort!
t que sa n défend, ie et sur en douce mes, par
stigma-
s lueurs qui doon votre sons s'éous avez à été fuéfendre.
la bles-
fut toujusqu'ici esse des
faux bonheurs qui nous appellent chaque jour, sauras-tu trouver, en ton coeur, pour la mémoire de celui que tu as aimé, et qui t'aime, le mot qui efface et qui pardonne?
Moi, capitaine de Chantilly un traître, oh non, c’est impossible, je ne puis me résigner (Il se lève)
Si j'allais immédiatement chez le général lui expliquer la chose, peut-être pourrait-il m'aider. (/l endosse son paletot et va pour sortir. Il aperçoit le général et revient. IL enlève son paletot et sa casquette.)
Le général! Saurait-il déjà?