I. 0UI.se, avec un regard
Vous aurez besoin de mon nom pour çaT
DOMINIQUE
Du tout... niais pour ne pas n:ènr les .vouve-
i;i:SPIONNE RUSSE,
njrs'... C'est si gauche de dire : « Je me rappelle qwe j'ai bien ainié mam'selle... chose... j' sais pas son nom '... '
LOUISE
Vous avez le temps de l'apprendre . (avoc intention) puisque vous passez vos quartiers d'hiver ici
KOMINIQLE, avec embarras.
C'est vrai... mais n'importe... je tiendrais à savoir...
LOi:iSE.
Eh bit n '. je m'appelle... Catherine.
nOMIMQUE, avecjoio, et lui prenant la main.
Catherine!... un nom français', .l'avais peur d'une Zéliska, Sophiska ou I'olho.>>ka.
LOUISE, se Jéfendant.
Vous allez recommencer!... Je vous l'ai dit, je n'aime pas les Français, moi, ce sont tous des trompeurs.
DOMIMQLE.
Là, c'est une infamie! ll.> ont gàtti le métier... Pas moyen d'être constant ou de le faire croire, quand ces gaillards-là ont pas^t: quelque part!... Mais moi, Catherine, je ne suis pas comme les autres.
LOLISE.
Vous ne valez pas niieu.x I
DOMINIQUE
Si, paroled'honneur!... Donnez-moi seulement un petit baiser, et...
LOUISE, s'éloignant.
Un baiser... par exemple!
DOMINIQUE, la menaçant du doigt. Vous avez peur que votre amoureux vous voie... Je n'en dirai rien.
LOUISE
Mon amoureux ! Je n'en ai pas.
DOMINIQUE
Est-il po.ssible !... Ils sont donc aveugles, ces imbéciles-là!... Comment! avec c'te grâce! c'te gentillesse! et puis un bon cœur; car je suis sûr que vous avez un bon cœur. Dès que je vous ai vue, je me suis dit: Voilà une bonne petite femme qui serait incapable de tromper quelqu'un, de lui faire du chagrin... i Louise faii un mouTement.) Eh 1 mais... qu'avez- VOUS donc ?
LOUISE, émue.
Moi ! rien ..
DOMINIQUE, lui tenant la main.
Vous tremblez ?
LOUISE, se remettant.
Oui... parce que... je pen.sais que c'était là... le langage que vous teniez avec toutes celles que vous avez abandonnées. . (finement.) ce que vous écriviez peul-èire à l'une d'elle.s, quand je suis arrivée.
DOMINIQUE
comin' nt! vous avez vu t
LOUISE
Doe leî'.rcqup vous avez cachée la.
Ces petites filles, ça voit tout.
LOUISE
rREMU'R COUPURT Ain: Eti-U supplice égal {.\médée deUeauplan). Je suis sûre, entre nous, Que c'esl un billet doux.
DOMINIQUE
Non vraiment, sur mon âme!
LOUISE
Cela ne se dit pas; Mais à votre embarras, J'vois (lu'c'esl pour une femme.
DOMINIQUE
N'en croyez rien...
si je vous l'prouvc... F.h bien Voulez-vous me promelire...
Ce dou.v baiser Qu'l'on vient d'me refuser"?
LOUISE, souriant.
Voyons d'iiliord la lettre.
EySEMBLE.
(à part. ) Je lé tiens... Je le voi, Son secret est à moi.
Quel trouble dans son âme!
Il me résiste en vain.
Il va céder soudain AU pouvoir d'une femme.
DOMINIQUE, à paît.
Quel espoir j'entrevois:
Car elle est, je le crois.
Jalouse au fond de l'âme !
Ou me résiste en vain ; Un liussard doit soudain Triompher d'une femme.
DF.lMKMIi COUPI.LT. «
DOMINIQUE, tenant K' papier.
Lisez-vous bien ?
LOUISE
Moi, Je n'y connais rien DOMINIQUE.
Akiis, j"\ais vous la dire...
LOUISE
.VOI. Irez, je l'seu.x '.
[»•'> lnin-9 o'aniourcux S'dfMii"! t .. ^aus !-a\oir lire.
DOMINIQUE
T( iie7. ili lii.) Mes braves camarades. l.UUISE, à part, lisant par -dessus son épa'ile.
Nous partons cette nuit !
DOMINIQUE, Tembrassanl.
Vous voyez bien que ce n'est pas pour une
femme?
i.oriSE.
Eh bien ! monsieur.
DOMINIQUE
Ah; c'était le marché.
ENSEMBLE
i part.) Quel espoir j'entrevois ! .. ,
ACTK 1
QiK-.l bonlieui- ; rar je crois Qii'f'ir m'aime au fond de l'âme.
J'en dais liion certain; Un hussaiil doit soudain Triompher d'une femme.
LOUISE, à part.
Je le tiens!... Je le voi, Son secret est à moi.
Quel trouble dans .^on âme!
Il résistait en vain; Il faut céder soudain Au pouvoir d'une femme!
(Dominique s'esquive par la droite.)