‹ L'esprit au théatreChapitre 138 sur 308 · GOUTTE D'EAU · texte numérisé non relu

GOUTTE D'EAU

Madame Deharme jouait Juliette. Au cinquième acte, couchée

sur son tombeau, elle avait tout à fait l'atlilude d'une morte. Malheureusement, il pleuvait à seaux, et le théâtre était mal couvert; la pluie suintait à travers les ardoises, une goutte d'eau vint juste frapper le nez de Juliette.

Juliette secoua la tète, et fit une grimace.

Seconde goutte d'eau, seconde grimace.

Le mari, qui jouait Roméo, dit à demi-voix à sa femme :

— Ne remue donc pas !

Mais elle redoutait cette maudite goutte d"eau qui, tombant d'une grande hauteur, lui donnait une chiquenaude assez forte. Elle leva les yeux en l'air el, la voyant arriver, elle détourna la tête et la reçut dans l'œil.

Les spectateurs, qui d'abord n'y avaient pas fait attention, portèrent leurs yeux au plafond, et, voyant tomber l'eau, s'en amusèrent.

L'un disait :

— Voilà la goutte !

L'autre :

— Gare l'eau !

Un troisième :

— Il pleut, il pleut, bergère !

Un quatrième se leva et dit à la pauvre Juliette :

— Madame, voulez-vous accepter mon parapluie La tragédie finit de la façon la plus bouffonne.

GRANIERDE CASSAGNAC

M. Granier de Cassagnac dépeçant Racine :

«Nous aurions beau multiplier les cilalions etles remarques, il nous serait impossible de rapporter les mille détails incorrects, mous, lâches, pâleux; los vers guindés, plais, inutiles qui don-

neiU, en général, au style à'Athalie un air malade, boufiS et malsain... )>

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