‹ L'esprit au théatreChapitre 153 sur 308 · LARIVE · texte numérisé non relu

LARIVE

A la mort de Lekain, Larive fut choisi pour lui succéder dans

les grands rôles. On le critiqua à outrance; on le lapida de lazzis

de la force de celui-ci :

— Lekaiii, en passant le fleuve du Slyx, n'a pas laissé son esprit à la rive.

LASOZELIÈRE

On répétait le Florentin, de la Fontaine, dans lequel Lasozelière devait remplir le rôle d'Harpagcme. On sait que ledénoùnientde cette comédie se fait par une cage de fer à ressorts. Lasozelière, ({ui ne se méfiait de rien, et qui répétait toujours avec beaucoup de soin, se mit dans la cage; à peine y élait-il entré, qu'à un signal convenu, quelqu'un pousse le ressort, et voilà Lasozelière pris au traquenard. Une fois prisonnier, tous les comédiens et comédiennes défilèrent devant lui en riant et en lui rendant les mauvais compliments dont il n'avait cessé de les gratifier; plus il criait, plus ses camarades riaient. La duègne lui disait :

— Lasozelière, tu commences à manquer de mémoire, mon ami; il faut prendre garde à cela.

Le grime le prévenait charitablement qu'il avait été détestable dans Bartholo; le comique lui reprochait de ne pas savoir s'habiller; la soubrette, en l'agaçant, lui chantait :

Ail ! le bel oiseau vraiment !...

Et la jeune première, riant comme une folle, lui répétait à travers les barreaux de sa cage :

— Baisez petit fils!... mignon!...

Lasozelière, furieux, criait, jurait, s'agitait dans sa cage de fer. — Enfin, ce chapelet burlesque égrené, on lui rendit la liberté.

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