‹ L'esprit au théatreChapitre 155 sur 308 · LEÇON D'ITALIEN · texte numérisé non relu

LEÇON D'ITALIEN

A une représentation du Don Giovanni, de Mozart, un jeune fat fredonnait si haut certain air de cet opéra, qu'il incommodait tous ses voisins. Un de ceux-ci, n'y tenant plus, se mit à dire :

— Che bestia !

— Est-ce que c'est de moi que vous parlez? lui dit le fâcheux.

— No, sirjnor, répondit le dilettante, c'est de Rubini, qui m'empêche de vous entendre.

LECOUVREUR (adrienne)

Le comte de Saxe avait imaginé, en 1729, une galère sans voile et sans rame, qui, à l'aide d'un certain mécanisme, devait rcmon-

ter la Seine de Rouen à Paris en vingt-quatre heures; i! obtint un privilège, d'après le certificat de deux savants qui attestaient la bonté de sa machine : il se ruina en frais pour la faire construire et la mettre en état de marcher; jamais il n'en put venir à bout. Mademoiselle Lecouvreur, apprenant le mauvais succès de cette dépense énorme, s'écria :

— Mais que diable allait-il faire dans cette galère?

On dit que c'est de là que vient le dicton : '( J'aime mieux ne pas le croire que d'y aller voir. »

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