‹ L'esprit au théatreChapitre 185 sur 308 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

En 180b, l'opéra les Bardes fut mis en répétition sur l'ordre de l'empereur. A la première représentation. Napoléon fit appeler Lesueur dans sa loge. L'illustre maestro était alors dans un coin du théâtre, stimulant les acteurs, éperonnantles choristes, et dans un désordre de toilette tel, qu'il n'osait se présenter. On fait part de son embarras à l'empereur, qui répond :

—C'est aujourd'hui jour de bataille : dites à M. Lesueur que, dans un pareil moment, je ne regarde pas l'uniforme de mes généraux.

Talma se rendait aux Tuileries au moins une fois la semaine. Le lendemain d'un jour où il avait joué le rôle d'Assuérus, l'ompereur, après lui avoir fait, comme d'habitude, des observations sur son jeu, ajouta :

— Chaque fois qu'une religion se mêle aux affaires humaines, c'est presque toujours par l'intermédiaire d'une femme. Cela s'explique, il est de l'intérêt des prêtres cl des femmes de se liguer

218 l'esprit au THÉAfr.E

autour du trône pour le dominer. Celte Esther est la Maintenon de ce temps-là. Elle fait signer une espèce d'édit de Nantes, comme celle de Versailles le fit révoquer ; l'une protégea les Juifs, l'autre persécuta les réformés. Et cependant les courtisans de Saint-Cyr louaient dans Esther madame de Maintenon.

Page 1