‹ L'esprit au théatreChapitre 230 sur 308 · QUIN · texte numérisé non relu

QUIN

Le poêle Thomson était détenu pour dettes. Quin alla le trouver en prison, et lui dit qu'il venait sans façon lui demander à dîner. Il se hâta d'ajouter que, craignant de ne ne pouvoir supporter le régime du lieu, il avait commandé le repas à la taverne voisine. On ne larda pas à apporter quelques plats des plus appétissants, accompagnés d'un panier de vin de Bordeaux. Le dessert terminé, Quin, regardant Thomson en face :

— Il est temps, lui dit-il, de régler nos comptes. Thomson regardait l'acteur d'un air qui signifiait :

— Encore un créancier queje ne me connaissais pas... Et c'est bien naturel, j'en ai tant !

— Mon cher poêle, reprit Quin, je ne puis évaluer à moins de cent livres sterling le plaisir que j"ai éprouvé à lire vos ouvrages ; et je veux absolument acquitter ma dette sur-le-champ.

Et il jeta sur la table un billet de banque de cette valeur.

QUINAULT (mademoiselle)

Mademoiselle Quinaull, parlant d'une femme qui revenait cent fois sur la même idée, pour peu qu'elle la crût piquante, disait :

— Cette femme ne quitte jamais une jolie chose qu'elle n'en ait fait une bêlise. •

Lorsque le marquis d'Argenson arriva au ministère, bon nombre de solliciteurs accoururent chez mademoiselle Quinaull. Comme il était un des membres assidus de ses réunions, on pensait qu'elle aurait un grand crédit, et Ton venait implorer sa protection.

La spirituelle soubrette, avisant une des quémandeurs, chevalier de Saint-Louis :

— Ah ! monsieur, lui dit-elle en riant, je ne puis rien faire de mieux que de vous rendre ce que le ministre vient de me donner.

Et elle embrassa le pauvre hère.

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