RECETTE COMMODE POUR FAIRE UN OPÉRA-COMIQUE
On venait de représenter, sur un lliéâtre de société, un vaudeville de M. Scribe, et, d'après le programme, le spectacle était terminé. Mais voilà que la toile se lève de nouveau. Deux jeunes gens, dont un ressemble beaucoup au frère d'Alfred de Musset, s'approchent de la rampe et annoncent qu'ils vont jouer un opéracomique de leur cru, improvisé séance tenante.
Et l'amoureux de chanter sur un air prodigieusement compliqué :
Oui, j'entrerai dans ce château...
Et le Frontin de roucouler ensuite :
Il entrera dans ce château...
Puis tous deux de chanter en chœur ;
Espérance et courage !
Notre sort sera beau.
Et bientôt, je le gage, Nous aurons ravantago D'entrer dans ce château, D'entrer [bis] dans ce château.
C'était la fin du premier acte.
Le second acte ne se compose que du même vers, modifié de mille façons:
Vous entierez dans ce château...
Le tyran, déguisé en basse-taille, beugle :
Ils sortiront de ce château !
Voilà le nœud.
Et voici le dénoûment :
CHOEUR riNAL
Espérance et courage !
Notre sort \ , . ,
{ est bien beau.
Oui, leur sort >
Nous avons i „
( l'avantage Ils ont eu )
D'être installés dans ce château.