‹ L'esprit au théatreChapitre 25 sur 308 · AUFRESNE · texte numérisé non relu

AUFRESNE

Aufresnc parlait la tragédie ; il ne s'écartait jamais du véritable sens, et trouvait souvent des traits sublimes dans leur simplicité. Ses débuts furent suivis avec chaleur, et le public se déclara pour

lui d'une manière si écJatante, que l'on ne put se dispenser de le recevoir aux appointements, en se réservant, in petto, le droit de le renvoyer aussitôt que le premier feu de l'enthousiasme serait passé. Il fut bientôt obligé de se retirer devant les taquineries dont on l'excéda.

Un amateur demandait, quelques jours après sa retraite, à un comédien du Théâtre-Français, pourquoi l'on n'avait pas fait tous ses efforts pour le retenir.

— Eh! monsieur, répondit l'acteur, cet homme nous faisait perdre la carte; il était faux dans son jeu avec nous, ou nous l'étions avec lui. Il fallait qu'il changeât, ou qu'il fît changer toute la Comédie. Il est dur de refaire son apprentissage : nous avons mieux aimé le renvoyer. Le public en sera fâché , mais bah !

AUGIEIl (Emile)

Questionné sur sa vie par un biographe :

— Je suis né en 1820, dit-il; j'ai été baptisé, vacciné, mon nez s'est allongé, et puis il ne m'est plus rien arrivé.

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