TALMA
Dans une représentation que donnait Tahna à Rouen, il jouait Oreste; en scène, il s'aperçoit que sa tunique n'est pas fermée par derrière et qui! jiourrait montrer au public des choses inutiles, surtout dans une tragédie. Fort mal à son aise, il joue sa scène faisant toujours face au public, quand arrive Pylade, qu'il embrasse de biais, en s'écriant :
Oui, i)uis(|uejo retrouve un ami si fidèle, Ma tunique va preudie une l'ace nouvelle.
Juaiiny, ^[\n jouait Pylade, ne comprend pas d'abord. Talma continue :
Et dcjii son courroux semble s'élre adouci. Bas. — Serre donc ma tunique !
DciRii:; (lu'clle a pris soin de nous rejoindre ici.
lias. — On va tout voir.
Qui l'eût dit , qu'un riva^je à mes yeux si funeste, Présenterait d'abord Pylade aux yeux d'Orostc?
Bas, plus vivement. — El mon maillot (jui est déchiré!
Qu'après [ilus de six mois (pie je t'avais perdu...
Bas, h boni de palieucc. Tu ne comprends donc pas, je vais montrer mon...
Joanny a enfin saisi ; il se jette immédiatement dans les bras de Talma, eu répétant :
Oh ! oui, tu l'as trouvé cet ami si fidèle ; Tu n'auras plus, ami, d'aventure nouvelle!
Joanny, tournant le dos au public, serrant Talma dans ses bras, réparaitle désordrCj avec une épingle qu'il avait prise à son propre costume.
L"cpinglc, très-nécessaire à Joanny lui-même, tint mal à la tu nitjue de Talma, et tous les dcu.x firent une sortie... nature.
Un jour, à la répétition, les acteurs causant finance , Talma (lisait à ses jolies camarades :
— Pour nous, les appointements sont toul; tandis que, vous, mesdames, vous avez d'autres avantages.
— Ali! mon ami, s'écria mademoiselle Bourgoiii, pas tant que tu crois, va ! il y a bien des non-valeurs!
Madame Talma disait à son mari :
— Si j'avais des goûts aussi dis|iendieu.\ ([ue les tiens ! si je voulais des diamants, des loges à tous les théâtres ! si j'avais des fantaisies !
— Eh bien, répondit Talma avec le plus grand sang-froid, nous aurions plus de dettes.